Réalisé par Jean-François Laguionie
Ecrit par Anik Le Ray
1h16
Résumé : Au cœur d’un tableau inachevé par son auteur, trois « castes » se sont formées. Il y a les Toupins, qui, comme leur nom l’indique, sont des personnages entièrement dessinés, et qui domine la toile. Il y a les Pafinis, à qui ils manquent quelques coups de pinceau, et qui sont exploités par les Toupins. Et enfin il y a les Reufs, qui ne sont que des ébauches et qui vivent reclus dans la forêt.
L’amour entre Lola, une Pafini, et Ramo, un Toupin, va venir quelque peu chambouler l’ordre des choses. Armé de son courage et de son amour, Ramo, part avec Clara (la meilleure amie de Lola) et Plume (un Reuf) à la recherche du peindre pour lui demander pourquoi il ne finit pas son tableau…
« Le Tableau », c’est un film d’animation comme peu d’autres.
Là où les Pixar et les Dreamworks tentent à chaque nouvelle cuvée d’approcher la perfection visuelle, Jean-François Laguionie, lui, ne se soucie guère de la splendeur visuelle de son œuvre. Au contraire, en choisissant de traiter du thème du tableau inachevé, il ose l’imperfection et l’assume haut et fort.
Il ne cherche pas sans cesse à nous en mettre plein les mirettes pour nous présenter son conte et c’est particulièrement plaisant.
« Le Tableau », c’est en effet plus un conte qu’un film d’animation.
La magie, ici, ne nait des couleurs et de l’émerveillement (c’est d’ailleurs une œuvre assez sombre dans son ensemble), mais de la qualité des personnages et du scénario qui mêle le voyage initiatique, le rapport entre les classes sociales et une interrogation sur l’art et sur l’artiste.
« Le Tableau » c’est d’ailleurs avant tout cela : une œuvre sur la peinture, sur l’art, et sur l’artiste/auteur.
Laguionie nous interroge sur l’artiste et sur son pouvoir. Il ose même la comparaison divine en faisant de l’artiste un être hors du tableau, et de l’aventure des personnages une sorte de quête du Graal.
En parcourant les différentes œuvres du peintre à travers le voyage de nos héros, on découvre le pouvoir de l’artiste sur sa peinture. Lui seul est en mesure de lui donner vie et d’en faire une œuvre triste ou gai (une notion bien restrictive d’ailleurs tant les œuvres gaies peuvent paraître tristes par certains aspects).
Et puis il y a bien sûr ce lien qui unit tous les tableaux, merveilleux, qui nous rappelle que l’œuvre d’un artiste est souvent faite de variation sur un même thème, et que toutes ces toiles reflètent avant tout la vie de l’artiste.
« Le Tableau » c’est également une œuvre qui traite de la différence et (c’est encore plus évident ici) des infimes détails qui nous séparent des autres, quelques soient leurs races.
Le parcours initiatique de trois personnages de différentes castes peut paraître assez cliché à première vue, mais il n’en est rien. Nous n’avons pas ici affaire aux traditionnelles joutes verbales qui opposeraient les différents personnages.
Dans cette histoire les héros opèrent dans un but similaires retrouver le peindre, et plutôt que de provoquer les rixes entre chacun, ils unissent leurs forces et partent à la découverte d’un monde inconnu et gigantesque (les scènes dans l’atelier du peindre sont d’ailleurs d’une beauté plastique étourdissante).
« Le Tableau », en clair, c’est un film d’animation très européen (voire même très français), sobre, élégant et intelligent. On n’a pas affaire à des aventures dantesques et tirées par les cheveux comme chez nos amis américains, et pourtant on ne s’y ennuie pas une seule seconde.
La preuve que la France à encore son mot à dire en matière d’animation et que la simplicité est parfois la meilleure des façons pour arriver à ses fins.
Tony

J’aurais vraiment kiffé le voir, j’espère pouvoir le faire avant qu’il ne passe plus à la Garenne. En plus j’ai capté que je n’avais vu aucun film d’animation cette année !
T’as même pas été voir Rango ??
Bah au final non, j’ai réussi à le louper !
Tu écris le "peinDre" c’est volontaire ?
Non ca sapel une coquille…!!
Ping: Les Tops de Tony « Bath-Art