« L’homme moderne », Benjamin Paulin (4/5)

Petits rappels avant de commencer…
Benjamin Paulin, pour ceux qui ne le connaissent pas, est plus connu sous le pseudonyme « Ben ». Rappeur au sein du groupe Puzzle (l’un des meilleurs groupes que la scène hiphopesque hexagonale ait connu), le jeune homme s’était déjà taillé une solide réputation de punchliner de part son habilité à manier les mots, l’ironie et le sarcasme.
Après le succès de l’album « Viens m’chercher » de Puzzle en 2006 (dans lequel on peut retrouver le plus beau morceau que votre hôte (moi-même) ait jamais entendu : « L’homme moderne », six minutes d’intelligence à l’état pur), Ben décide de prendre son envol pour se lancer en dans une carrière solo, se faisant désormais appeler « Le Vrai Ben ».
Son album « Suicide commercial » (au moins aussi réussi que les albums de son groupe) sort en 2009, en format numérique uniquement… Comme de coutume, le succès est une nouvelle fois d’estime.
Peut-être las d’être conscient d’avoir énormément de talent et de ne pas pouvoir toucher le public en nombre, il quitte la scène rapologique pour se lancer dans la chanson française en une sorte de crooner désabusé au look de dandy, proche d’un Jacques Dutronc.
Son véritable nom est désormais mis en avant : il s’appelle Benjamin Paulin (fils du célèbre architecte Pierre Paulin) et semble bien décidé à relever ce nouveau défi en s’imposant pleinement dans le paysage musical français.

Le retour de l’homme moderne

Benjamin Paulin, le chanteur, vit le jour il y a peu grâce à un maxi (preuve que le rap fait toujours un peu parti de sa vie !) sorti au cours de l’été.
Composé de quatre titres, ce maxi nous fait découvrir un chanteur au-dessus du lot : le son résonne comme un mélange de soul et de chanson française, les paroles sont, comme toujours, d’un humour acéré, et l’ambiance générale laisse entrevoir que le jeune homme a de l’avenir dans sa nouvelle voie… La sortie de son album « L’homme moderne », le 18 octobre dernier, nous l’a d’ailleurs prouvé !
On entame l’album avec le pseudo-single « Dites-le avec des flingues », déjà entendu sur le maxi précédemment sorti, suivi par « Notre futur n’a pas d’avenir » et « Le Déserteur » : le ton est tout de suite donné.
En l’espace de trois pistes, on a retrouvé l’homme moderne qui nous avait fait vibrer il y a de cela 4 ans sur l’album de Puzzle.
Il a changé de nom, il a changé de look, il a même changé de style musical, et pourtant le talent est bel et bien toujours présent.
L’ensemble de l’album peu certes paraître un peu inégal à la première écoute (on passe du très gai « Un type bien » au trop sombre « Trop tard », sans qu’il y ait de véritable cohésion), et pourtant, au fur et à mesure, tout nous apparait alors comme une évidence.
Le fil qui lie les chansons est très fin, ms il est bien présent : c’est Benjamin Paulin lui-même… Ou devrait-on plutôt dire, l’homme moderne, himself !
L’homme moderne est changeant et lunatique : il va se trouver génial le matin pour en conclure le soir qu’il aurait mieux fait de se foutre en l’air. L’homme moderne va faire tourner sa playlist passant aisément de Jacques Brel à Marvin Gaye ou bien d’Otis Redding à Jean Ferrat. L’homme moderne va aimer, mais il passe toujours en premier !
Bref, l’homme moderne c’est Benjamin Paulin, c’est vous, c’est moi, c’est tout le monde.
L’homme moderne est incontrôlable et Paulin l’a bien compris : passer du rap à la chanson française en est d’ailleurs la preuve.
« L’homme moderne » conclut d’ailleurs l’album ce son créateur : pas une véritable création en soi, le morceau reprend le texte de la version 2006 avec un accompagnement plus classique et peut-être plus vendeur.
Les puristes retiendront donc la version initiale de ce chef d’œuvre musical. Les autres loueront tout de même les qualités d’écriture du jeune Paulin.
Ce dernier signe ici l’un des meilleurs albums de l’année…un peu court hélas.
On attend déjà avec impatience le deuxième opus de ce génie de la plume qui, n’en doutons pas, pourrait peut-être nous surprendre encore une fois.

TOP 3 :

– « Le Déserteur » (quel audace de faire une ode à sa propre veulerie quand on vient d’un milieu hip hop, narcissique et égocentrique à souhait !)
– « J’ai changé »
– « Un type bien »

Tony

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2 réponses à “« L’homme moderne », Benjamin Paulin (4/5)

  1. escobar56

    Et d’ailleurs il vient tout juste de passer sur le plateau d’On N’est Pas Couché de Ruquier. J’espère que ça va lui apporter de la visibilité. Enjoy !

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