The Clash – « London Calling » 10/10 (Top of the pops)

La force des grands artistes, c’est leur capacité à durer dans le temps. Les Beatles, les Stones, et tout plein de monde (j’en oublie, bien évidemment), ne seront sûrement jamais oubliés. Et les Clash en font bien sûr partie. Je rabâche toujours à mon entourage le fait que, pour moi, cet album est le chef-d’œuvre du 20ème siècle. Alors bien évidemment, j’oublie peut-être certains autres bijoux. N’empêche que cet album, est l’unique que je pourrais emmener sur une île déserte, sans nul doute.
C’est simple, c’est un album qui aborde tous les styles, et reste même avant-gardiste (on est en 1979, rappelons-le). The Clash, c’est quatre anglais, et surtout Joe Strummer et Mick Jones. Ce sont les 2 principaux compositeurs de ce diamant, et on ne peut que les en remercier. N’oublions pas non plus les deux autres membres : Topper Headon et Paul Simonon, qui ne vous sont pas des noms étrangers (le premier étant à l’origine de Rock the casbah, et le deuxième ayant collaboré avec Gorillaz, The Good, The Bad, And The Queen ou encore Bob Dylan). Plus tard, après le split du groupe, en 1985, Strummer le génie s’en est allé avec les Mescaleros, puis mourut en 2002, et rentra ainsi au Panthéon des génies absolus, aux côtés de Morrison et Hendrix.
Après ce bref historique, il faut rappeler que le groupe s’est formé dans la fin des années 1970, en 1976 précisément. C’est-à-dire en plein milieu de la mouvance punk, qui a précisément duré de 1975 (les Ramones au CBGB), à 1977 (la commercialisation du punk avec les Sex Pistols, McLaren et leur Never Mind The Bollocks qui signe la mort du punk).
Pour en revenir à nos moutons, l’album London Calling est considéré comme l’un des meilleurs de l’histoire du rock, et même du monde de la musique. C’est entendu, puisqu’il pose les bases de plusieurs styles. Bien entendu, l’album sort en 1979, et le punk est mort. Cet album nous le prouve, car le groupe ne l’aborde plus comme dans leur premier album, sorti en 1977. Il sait qu’à cause des Sex Pistols, c’est fini, et il tente de s’en échapper. London Calling saura, magistralement explorer tous les styles.
La pochette de l’album tout d’abord, qui est un hommage au rock. Paul Simonon, qui fracasse sa basse, geste ultra provocateur, initié notamment par Hendrix. Puis les caractères London Calling, en vert et rose, véritable clin d’œil à la pochette du premier album éponyme d’Elvis Presley.
Déjà, tout le style est annoncé dans la pochette. L’album sera destructeur.
London Calling, c’est une approche musicale, une expérience. Même plus de trente ans après sa sortie, on s’en étonne encore. L’album aborde le hip-hop (oui, vous m’avez bien entendu), qui en est alors à ses prémices, avec le cultissime Guns Of Brixton. Le tempo est lent, le chant est revendicateur, tout est là. Plus proche de l’époque de l’album (1979, je le rappelle), on entend sur Jimmy Jazz, Wrong ‘Em Boyo ou encore Revolution Rock, des influences essentiellement ska, mais aussi jazz.
Le rockabilly est également présent sur des titres comme Koka Kola. Mais la force de l’album reste le mélange de tous ces genres. Un métissage musical extrêmement efficace, qui n’oubliera le rock, ni la pop sur London Calling, Clampdown, I’m Not Down, Death Or Glory, Four Horsemen, The Card Cheat. On y trouve même le début de la mouvance disco, dans le rythme de batterie de Train In Vain. Le riff de guitare est très funky (Vincent ?), et impossible de ne pas penser à Kool & The Gang.
The Clash porte décidément bien son nom. Des thèmes importants sont abordés dans l’album, comme la politique (London Calling, clin d’œil à l’appel de De Gaulle, Clampdown, Spanish Bombs), les problèmes de société (Lost In The Supermarket, Jimmy Jazz, Rudie Can’t Fail), ou encore le racisme, les inégalités sociales, et même une ballade avec Lover’s Rock.
En bref, ce disque critique fortement l’establishment, les systèmes politiques, mais aussi la vision simpliste des médias.
London Calling est donc un album absolument IN-DIS-PEN-SABLE dans toute bonne discothèque. C’est bien simple, énormément de groupes actuels citent comme influence les Clash. On ne peut pas passer à côté. Tout comme on ne peut passer à côté du mythe Strummer, génie écorché vif du 20ème siècle. Ce qu’il a fait avec les Mescaleros reste du grand Strummer.
En complément, vous pouvez bien sûr regardez Rude Boy de Hazan et Mingay, qui retrace l’histoire d’un roadie agressif engagé sur la tournée 1978 des Clash.
Egalement, The Future Is Unwritten de Julien Temple, documentaire sorti en 2007 et dédié à Joe Strummer. Un film idéal pour mieux saisir le personnage.
Et je ne saurais que trop vous conseiller de méditer sur cette citation de Billy Bragg, génial musicien contestataire (auteur du Between The Wars, avec un engagement qui vous prend le cœur) : « S’il n’y avait pas eu les Clash, le punk aurait été simplement une raillerie, une épingle de sûreté et une paire de pantalon de servage ».

Sylvain

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Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

2 réponses à “The Clash – « London Calling » 10/10 (Top of the pops)

  1. vinot

    Magnifique analyse d’un album magnique

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