Black Swan (5/5)

Réalisé par Darren Aronofsky
Ecrit par Mark Heyman, John McLaughlin et Andrès Heinz (d’après son livre)
Avec Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis, Barbara Hershey, Winona Ryder, …
1h48

Résumé : Nina est une jeune danseuse, membre du New York City Ballet. Jeune fille sage, travailleuse, vivant encore chez sa mère, elle va être choisie par le directeur de la troupe pour interpréter sa nouvelle mise en scène du « Lac des cygnes »… Mais si elle excelle dans la peau du cygne blanc, elle peine cependant à incarner le « black swan », sauvage, libre er envoutant. Nina va devoir affronter ses propres démons pour parvenir à « être » le cygne noir !…

 

ATENTION CHEF D’ŒUVRE !!!!!!!!
Prendre une grosse claque au cinéma, de nos jours, ça arrive de plus en plus rarement…
Eh bien, je peux vous le dire en face : devant « Black Swan », je me suis pris une claque monumentale !
Je suis devant mon ordinateur en train de taper ces lignes mais, très honnêtement, je crois que je ne me suis pas encore pleinement remis de ce tourbillon cinématographique !

Avant ce 9 février 2011, Darren Aronofsky était déjà un génie à mes yeux.
Entre son ovniesque « Pi », son chef d’œuvre « Requiem for a dream » et son cathartique « The Wrestler », le bonhomme (qui, comble du hasard, est né un 12 février, comme moi !) m’avait déjà régalé les mirettes au plus haut point !
Cette fois-ci, il s’est surpassé en nous offrant un nouveau chef d’œuvre, et sans conteste l’un des plus grands films sur la danse et sur l’interprétation.
C’est d’ailleurs un point commun que le film partage avec « The Wrestler » (rappelons pour ceux qui l’ignorent que les deux histoires devaient, à l’origine, faire partie d’un seul et unique long métrage) : la métaphore.

Dans « The Wrestler », la carrière de ce catcheur ridé et détruit faisait largement écho à la carrière de l’acteur qui l’interprétait, Mickey Rourke.
Ici encore, la danse va venir titiller le monde du 7ème art : Winona Ryder est une danseuse extrêmement douée mais qui va bientôt faire ses adieux à la scène, Natalie Portman est sa remplaçante attitrée (tout lui prédit une carrière bien remplie) et puis derrière, il y a la nouvelle génération, ou plutôt les nouvelles arrivantes, avec parmi elles, Mila Kunis, qui fait preuve d’un réel talent mais qui devra confirmer avant de pouvoir jouer le rôle titre d’un ballet.
A mes yeux, c’est cet aspect comparatif, parabolique et métaphorique qui va faire passer un très grand film dans la catégorie des « chef d’œuvre » !

Outre cette métaphore pouvant paraître quelque peu anecdotique, Aronofsky nous offre également une métaphore du jeu, de l’interprétation, de l’incarnation…
Dans les interviews réalisées pour la promotion du film, le metteur en scène citait « La Mouche » (de David Cronenberg, 1986) parmi ses influences. Un choix qui peut paraître quelque peu étrange quand on regarde le synopsis du film, et pourtant, après visionnage, on comprend mieux pourquoi…
Aronofsky nous propose une véritable réflexion sur le jeu, sur l’incarnation (aussi bien d’acteur que de danseur) : jusqu’à quel point peut-on s’immiscer dans la peau d’un personnage ?
Sans vouloir dévoiler trop de choses sur le film (ceux qui ne l’ont pas v peuvent sauter ce passage !), il est clair que Natalie Portman va aller jusqu’au bout pour interpréter ce cygne, et plus particulièrement ce cygne noir.
A vrai dire, elle ne va pas tenter de le jouer, mais de l’être ; elle va peu à peu se transformer en cygne !
Et là, bien plus que les magnifiques effets spéciaux du film, c’est bel et bien Natalie Portman qui va faire la différence, et qui va à elle seule nous montrer la transformation, physique et mentale, de son personnage.

La jeune actrice, découverte dans « Léon » il y a plus de 15 ans, est le point central du film.
Aronofsky la filme comme il filmait Mickey Rourke (et ce malgré leur différence de carrure !) : énormément de dos (un bon acteur n’a pas besoin de son visage pour transmettre une émotion, d’après Aronofsky), des gros plans sur le visage et sur les blessures, et bien évidemment au cœur de l’action, quand elle danse… C’est d’ailleurs là que l’on remarque que la scène de ballet n’est pas si différente que le ring de catch !
Natalie Portman est littéralement éblouissante : elle trouve ici le rôle de sa vie, qui va lui apporter un Oscar !
C’est elle qui danse à l’écran, c’est elle qui souffre à l’écran, c’est elle qui se transforme à l’écran… Elle semble avoir pleinement capté le propos essentiel du film…
Son jeu est absolument parfait et, à l’inverse de son personnage, elle fait preuve d’une maturité exemplaire.
Elle est de plus épaulée par des équipiers d’élite : Vincent Cassel en directeur de ballet, Barbara Hershey en mère couveuse, Mila Kunis (la révélation du film) en adversaire de danse, et Winona Ryder en ancienne gloire de la danse sur le départ…

Tous ces éléments rendent le film envoûtant à souhait.
Inspiré par Polanski, Cronenberg et, bien sûr, « Les chaussons rouges », du duo Michael Powell et Emeric Pressburger (LA référence des films sur la danse !), Aronofsky trouve ici la recette idéale ; ce film est désormais son chef d’œuvre, sa pièce maîtresse !
Il est indéniablement l’un des meilleurs metteurs en scène du monde à l’heure actuelle, et sûrement le meilleur de sa génération.
Son prochain film, « The Wolverine », sera la suite des aventures du personnage de Hugh Jackman : un choix étonnant quand on regarde la filmographie du bonhomme, mais bon, peut-être arrivera-t-il à construire un film de super-héros pour adultes qui, espérons-le, fera office de référence en la matière ??… Sait-on jamais !
En tout cas, on compte énormément sur lui dans les prochaines années.
Malgré un talent qui fait l’unanimité, il peine toujours à trouver des financements pour ses films (d’où le choix de Wolverine ??), ce qui est bien dommage… Le succès de Black Swan fera peut-être bouger les choses…

Il signe en tout cas ici d’ores et déjà l’un des meilleurs films de l’année (il sera difficile de faire mieux…).
Une œuvre sublime qui va marquer les esprits, et qui devrait avoir de nombreux effets sur sa carrière et sur celle de la belle et talentueuse Natalie Portman…
A voir absolument !

 

Tony

 

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À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

10 réponses à “Black Swan (5/5)

  1. le petit Nico

    Super article Tony, tout y est dit. De quoi donner envi à ce qui ne l’on pas encore vu d’y aller au plus vite, de revenir, et de relire ce que tu en dis pour confirmer.
    Pour ma part j’ai réélement adoré, je m’attendai à passer un bon moment et en effet je n’en suis pas déçu.

    Je dirais même que l’an dernier je n’ai pas vu d’aussi bon film …

    Tchoo les boys !

  2. Grande chronique pour un film monumental !

    On y était ensemble, on a pris la même claque donc je ne m’étends pas plus sur le sujet. C’est magnifique et ça n’arrive que trop peu souvent. Un mythe qui mérite tous les Oscars possibles !

  3. Corentin Nicolas

    Quand je vais au cinéma c’est justement pour vivre des émotions fortes, être bouleversé. De ce point de vue j’ai été comblé, comme après Shutter Island.
    Un seul regret : y être aller seul, je me sens pas fier quand je me cache sous ma couette en rentrant…

    • Pour ma part, justement, en y allant seul tu ressens encore plus la chose te prendre. si le film vaut le coup, tu rentres dedans sans te poser de questions. Et le summum (113), c’est d’avoir le ciné à toi tout seul. Le bonheur c’est ça.
      20syl

  4. Corentin Nicolas

    C’est vrai que de ce point de vue la je suis d’accord tu n’as pas de honte ou d’apprehension à te lacher (pleurer). Je disait juste que le film ma foutu les boules et que je flippai en rentrant chez moi, et oui je ne suis âs si fort que je laisse paraitre.

  5. Premier bon film de 2011 ! Une mise en scène très convaincante, une actrice au sommet de son talent, une musique qui fait rêvé (c’est qui le compositeur? Zimmer? Elfman? Williams?)!

    • Corentin Nicolas

      Y’a un certain Tchaikovsky qui a participé aussi.

    • Le compositeur du film est le compositeur officiel de Darren Aronofsky depuis ses débuts : Clint Mansell !
      Pour les besoins du film il a reboosté l’oeuvre de Tchaikovsky…et c’est vai que c’est merveilleux !!!!!

  6. Une perle tout simple.
    Du grand Aronofsky

  7. Pingback: Les Tops de Tony « Bath-Art

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Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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