Le discours d’un roi (4/5)

Réalisé par Tom Hooper
Ecrit par David Seidler
Avec Colin Firth, Helena Bonham Carter, Geoffrey Rush, Guy Pearce, Michael Gambon, …
1h58

Résumé : Angleterre, les années 30. George V est un roi en fin de vie. Le fils aîné doit le remplacer, mais celui-ci vit une histoire d’amour avec une femme un peu volage et finit par abdiquer après moins d’un an de règne. C’est donc son frère, Albert, duc de York qui doit lui succéder, lui qui ne pensait jamais avoir à porter la couronne. Hélas, Albert souffre d’un gros problème : il bégaie… Après de nombreuses visites chez des dizaines et des dizaines de d’orthophonistes, il finit par rencontrer Lionel Logue, un australien aux méthodes peu orthodoxes…

Ce film marque un moment très important dans la carrière de Colin Firth : il fait de lui l’un des meilleurs acteurs de notre époque !
Il avait déjà confirmé son talent il y a deux ans dans le premier film du couturier Tom Ford, « A single Man » (BAFTA du Meilleur Acteur et Coupe Volpi pour la Meilleure Interprétation à la Mostra de Venise), mais ici, il écrase tout sur son passage !
Son allure de dandy et la sobriété de son jeu peuvent certes gêner, mais l’intensité de son regard et les expressions de son visage sont si parfaites qu’on ne peut que saluer une telle prestation qui, n’en doutons pas, lui apporteras l’Oscar du Meilleur Acteur dans quelques semaines.
Il parvient à rendre ce noble, aux us hautains et arrogants, parfaitement humain, à travers un regard triste qui laisse entrevoir toutes ses faiblesses et son total égarement.
Il faut également dire qu’à ses côtés, il n’a pas n’importe qui non plus !
D’un côté, Helena Bonham Carter, qui trouve ici l’un de ses meilleurs rôles, et de l’autre côté Geoffrey Rush, le plus brillant des acteurs australiens.
Ce dernier trouve ici (enfin !) un rôle à sa démesure. Si le jeu de Colin Firth est si puissant, c’est bien évidemment grâce à ce coéquipier de luxe qui, comble de l’histoire, se retrouve à jouer un acteur raté australien « devenu » par hasard orthophoniste.

Car même si cette histoire relate l’histoire du futur roi George VI, c’est avant tout la relation et l’amitié qu’entretient ce dernier avec son « professeur » qui est intéressante.
Ils viennent tous deux d’un monde différent, leur personnalité est radicalement opposée, et pourtant leur amitié est plus que palpable.
On pourrait aisément penser qu’une telle amitié repose sur le fait que cet acteur australien raté a tout à gagner en fréquentant le roi d’Angleterre. Mais, étrangement, pas du tout : c’est plutôt George VI qui a besoin de cette amitié…
Le pouvoir isole, la royauté cloisonne… Il a beau avoir tous les privilèges possibles et imaginables, cela ne peut en aucun cas lui apporter un vrai ami…
L’arrivée de cet hurluberlu va certes chambouler sa vie, mais il va trouver en lui un véritable contrepoids à sa personnalité, ainsi qu’une amitié qui ne repose sur aucun intéressement.
Sur qui un roi peut-il compter ? Franchise et royauté peuvent-ils faire bon ménage ?
Un des derniers textes du film nous dit que les deux hommes sont restés amis jusqu’à la fin de leur vie : nous n’en doutons pas un seule seconde !
Nous pouvons imaginer sans problèmes que leur relation a connu moult engueulades et moult prises de tête, de part le statut et le franc-parler de l’autre…
Mais leur amitié réside sur quelque chose de plus fort que tout cela…
Ils se retrouvent l’un dans l’autre, ils se complètent l’un et l’autre… Et surtout, ils ont réussi à trouver en l’autre un véritable ami, et ça, ça vaut tous les trônes du monde !

Tony

 

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Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

2 réponses à “Le discours d’un roi (4/5)

  1. C’était plutôt en début d’année dernière A Single Man ?

    Très bon article, bien construit, bien cadré, c’est net ! Concernant le film j’aurais gardé un peu de réserve malgré l’excellence des performances de Colin Firth et de son copain toubib. Le film est ultra british, tant dans l’humour, que dans les décors, que dans la mise en scène d’ailleurs. Pour moi c’est un film propre, très bien interprété, très bien réalisé. Par contre s’il rafle 7 ou 8 statuettes aux Oscars, là, je comprendrais pas… Mais bon. 3,5/5 pour moi.

  2. Pingback: Les Tops de Tony « Bath-Art

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Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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