The Fighter (4/5)

Réalisé par David O. Russell
Ecrit par Scott Silver, Paul Tamasy et Eric Johnson
Avec : Mark Wahlberg, Christian Bale, Melissa Leo, Amy Adams, …
1h55

Résumé : 1993, Lowell, Etats-Unis. Micky Ward est un boxeur talentueux mais dont la carrière commence à stagner.
Il est bloqué entre sa mère, qui gère piteusement sa carrière, et son frère Dicky, ancienne gloire de la boxe (il a battu Sugar Ray Leonard en 78), tombé dans la toxicomanie, qui lui sert d’entraineur.
Après avoir entamé une relation amoureuse avec une jeune barmaid au caractère bien trempé, il se trouve confronté à un dilemme pour la suite de son parcours : il doit choisir entre sa fiancée et sa famille envahissante…

Voici un film qui a circulé entre moult mains avant d’arriver sur nos écrans cette année !
Projet cher à Mark Wahlberg, qui voulait absolument porter l’histoire de ces deux frères sur grand écran, l’acteur s’est entrainé pendant 4 ans pour ce rôle avant que le tournage ne débute.
D’abord confié à Darren Aronofsky, le film s’est finalement retrouvé entre les mains du sulfureux David O. Russell après que le premier se soit désisté pour aller tourner « The Wrestler » puis « Black Swan ».

Et finalement, quand on voit le résultat, on n’est pas mécontent d’avoir attendu si longtemps pour voir le projet se concrétiser !
Même si Russell n’a pas été touché par la grâce comme le fut Aronofsky pour ces deux derniers longs métrages, il signe ici un excellent film, solide, et qui lui permet de prouver aux producteurs qu’il n’est pas la personne ingérable et colérique que l’on a tendance à décrire (rappelons tout de même que, depuis « Les rois du désert », George Clooney a envie de lui casser la gueule !).

Mais même si la mise en scène de Russell est excellente, « The Fighter » est avant tout un film d’interprétation, porté par des acteurs aux cimes de leurs talents.
Etrangement, les deux vedettes du film sont les deux principaux seconds rôles (qui ont tous deux obtenus l’Oscar) : Christian Bale dans le rôle du frère, et Melissa Leo dans celui de la mère.

Si la seconde se révèle au grand public grâce à son rôle de mère égoïste et pathétique, le premier récidive dans un rôle au moins aussi extraordinaire que son jeu.
Pour interpréter Dicky Eklund, a une nouvelle fois perdu une vingtaine de kilos, performance qu’il avait déjà réalisée pour « The Machinist » (28 kilos !) et pour « Rescue Dawn ».
Mais outre l’aspect physique, très Actor’s Studio, Christian Bale nous épate surtout par son phrasé incompréhensible, son teint blafard et son regard perçant.
Plus junkie que Bale dans « The Fighter », tu meurs !

Enfin, caché derrière ces deux performances hallucinantes, ce trouve Mark Wahlberg, dans un rôle beaucoup plus sobre, plus à l’écart, à l’instar du personnage qu’il interprète.
Micky Ward est un homme bloqué, perdu dans sa propre famille entre une mère superficielle, un frère, objet de toutes les attentions, et un troupeau de sœur effrayant !
 Une scène du film montre bien le détachement de Micky par rapport à ses proches : au bar, alors que tout le monde est en train de jacter face à la caméra, Micky, lui, est à l’écart, seul.
Certes, il n’est pas très loin, mais il est ailleurs. On sent en lui ce besoin d’éloignement (qui arrivera via Charlene, la jeune barmaid).
Il est différent de sa famille, il a envie de s’en écarter, mais il ne peut pas : il ne peut pas s’en passer.

La presse a longtemps crié, avant la sortie du film, que, pour Wahlberg, ce serait le rôle de sa vie. Mais, très vite, il a été dépassé, et les critiques n’ont eu d’yeux que pour Bale et Leo.
Il se retrouve, en quelque sorte, dans la même position que son personnage : cela devait être son heure de gloire, mais ce sont les autres qui attirent les regards…
Dommage, car Wahlberg signe sûrement l’une de ses meilleurs performances, certes pas au niveau de ses deux collègues, mais d’une extrême justesse tout de même.

Bref, on a ici affaire à un excellent film qui, en dépit d’un happy end relativement convenue, parvient à nous émerveiller grâce à des acteurs en pleine forme et à un réalisateur qui remonte très bien la pente !

Tony

 

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Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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