Rabbit Hole (4/5)

Réalisé par : John Cameron Mitchell
Ecrit par : David Lindsay-Abaire
Avec : Nicole Kidman, Aaron Eckhart, Dianne Wiest, Miles Teller …
1h31

Résumé : Becca et Howie viennent de perdre leur unique enfant, heurté par la voiture d’un lycéen juste en face de chez eux.
Après avoir connu une phase de deuil extrêmement difficile, ils vont devoir réapprendre à vivre après ce drame, chacun à sa manière : Howie en fréquentant des groupes de paroles et Becca en apprenant à connaître le jeune homme qui a tué son fils.

Il y a des films comme ça qui bénéficient d’une aura toute particulière aux Etats-Unis avant qu’on est la chance, nous, petits mangeurs de grenouilles, de les découvrir en salle.
Pour ma part, je dirai qu’il y a environ 6 mois que j’ai entendu pour la première fois que ce « Rabbit Hole » serait un grand film (merci Sundance et consorts !).
Enfin, pour être tout à fait exact, cela fait environ 6 mois que j’entends que « Rabbit Hole » est un bon film, et 6 mois également que j’entends dire que la performance de Nicole Kidman y est ahurissante.
Et bien, moi qui ne suis pas du tout friand de l’ex madame Cruise, je dois bien avouer qu’elle tient ici l’un des meilleurs rôles de sa carrière.

A la fois convaincante et bouleversante, elle irradie littéralement le film de sa beauté et de son talent (l’a-t-on déjà vu aussi belle depuis son aventure kubrickienne ?).
Elle est ici une mère perdue et détruite qui semble aussi inquiète du présent que du futur.
Tiraillée entre une mère abusive (formidable Dianne Wiest) et un mari en décalage, elle a le mauvais rôle, celui de la femme frustrée et fermée sur elle-même, et celui de la mauvaise fille, cruelle et indigne (ses engueulades avec sa mère sont particulièrement frappantes).
Pourtant, au final, grâce au brio de l’interprétation de Kidman (et grâce à la compassion du public un peu aussi.), son personnage recueille toutes les faveurs et serait presque en mesure de nous tirer les larmes.

Les sourires de Becca et son attitude vis-à-vis du jeune adolescent qui a tué son fils jouent de ce point de vue en sa faveur.
Plutôt que de se renfermer sur elle-même et vivre avec ce même fardeau toute sa vie (comme les membres du groupe de parole que fréquente son mari), elle préfère prendre les devants et affronter le destin, celui-là même qui lui a ôté le fruit de ses entrailles.
Howie lui a besoin d’autre chose : il a besoin d’évacuer tout ce qu’il y a en lui. Il a besoin de parler, de communiquer, même si au final il sait très bien que l’apitoiement n’est pas une fin en soi.

C’est là que va se situer une des clés du film : les deux parents sont dépités, ils essayent de trouver chacun un moyen de sortir de cette crise.
Ils prennent deux chemins opposés qui vont les mener vers des relations troubles avec les gens qu’ils croisent : aussi bien un « attrait temporaire » (pour une des femmes du groupe de parole et pour le jeune adolescent) qu’une violence exacerbée (Becca envers sa propre mère ou bien envers une jeune maman ne voulant pas acheter un bonbon à son fils, dans une scène très forte au supermarché).
Mais cela va avant tout leur permettre de se retrouver, de se comprendre, et les aider à se reconstruire, à continuer de vivre.

S’il permet à Nicole Kidman de rappeler qu’elle peut toujours faire partie des meilleures actrices hollywoodiennes, le film nous permet également de découvrir un auteur très talentueux : David Lindsay-Abaire.
Son scénario, profond et inquiétant, est une réussite totale.
Il est de surcroit bien aidé par le sulfureux John Cameron Mitchell (réalisateur du non moins sulfureux « Shortbus ») qui fait preuve ici d’une sobriété étonnante, totalement à l’opposé de ses œuvres précédentes.

Bref, un très beau film sur le deuil et sur l’amour, divinement interprété et merveilleusement écrit.

Tony

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