Metronomy – The English Riviera 8,5/10

Il est des disques que l’on ne sera pas prêt d’oublier. Et The English Riviera en fait assurément partie.
The English Riviera, désigne cette partie de l’Angleterre, dans les Cornouailles, au sud-ouest, où l’on trouve des plages, des vraies. L’équivalent anglais de la Côte d’Azur, en moins chaud, évidemment. Cette atmosphère se dégage dès le départ, avec le clapotis des vagues dès l’introductive The English Riviera, qui nous lance dans le bain directement.

Sur ce troisième album, Joseph Mount et sa bande jouent la carte de l’électro-pop, et ça marche. Contrairement à l’ère de la fast-music (oui je viens d’inventer ce terme, c’est joli), ici, on prend le temps de s’attarder sur l’album. Et on y est presque contraints, car les chansons valent vraiment la peine. Aujourd’hui, on a tendance à découvrir dix artistes à la minute, pour finalement n’en retenir que très peu. Metronomy fait parti de ces « très peu », c’est-à-dire qu’ils ont et vont forcément marquer l’histoire de la musique, grâce à un songwriting de qualité.

L’album regorge de chansons enivrantes, pas nécessairement accessibles au début, mais si l’on prend le temps, on apprécie et découvre véritablement l’essence même de l’album, l’émotion. On la retrouve plus précisément sur des titres comme We Broke Free, Corinne ou encore Trouble.
Cet opus du groupe anglais compte également des chansons accrocheuses comme The Look, rythme incessant et lancinant, ou encore The Bay, single efficace aux accents kraftwerkiens.

Bref, l’écriture pop de Mount est très présente, et l’album s’en ressent énormément. Les Metronomy, dont la moitié des membres a été remplacée il y a quelque temps, ont passé un cap dans leurs compositions. Même si Nights Out, leur précédent album, reste un bijou expérimental voulu, The English Riviera passe vraiment une étape dans l’écriture et la production. A tel point que l’on se demande si Mount est toujours à l’origine des chansons.
Bien entendu, oui il l’est, et, à ce niveau-là, on ne peut s’empêcher la comparaison (comparution ?) immédiate avec le grand James Murphy, géniale tête pensante de LCD Soundsystem et patron de DFA Records. Mount est sur les bons rails, même si le chemin à faire pour arriver au niveau de papy Murphy est encore un peu long.

La musique de The English Riviera est nettement plus orientée vers les claviers, ce qui donne un son au final, moins électronique et plus « humain » comme ils ont pu le déclarer dans certaines interviews. Car, ici, la composition de l’album a eu lieu dans un climat relativement paisible. Ils faisaient des « jams sessions » (bœufs), pour voir ce qui collait ou pas. Tout s’est déroulé dans l’English Riviera, dans le comté du Devon, ambiance apparemment propice à la composition, comme on le ressent dans l’album.

Au final, on remarque que, dans notre société actuelle, qui voudrait que tout aille vite, en particulier la consommation de musique, il faut savoir, de temps en temps, prendre le temps d’apprécier vraiment ce qu’est un album. Car c’est bien connu, il ne suffit pas d’une écoute pour pouvoir considérer une œuvre à sa juste valeur. Au final, The English Riviera, nous fait vibrer, ressentir des émotions et réussit à nous faire visualiser un paysage qui ne nous est pas forcément familier. Et comme le disait si bien Oscar Wilde « La musique met l’âme en harmonie avec tout ce qui existe ». Tout simplement…

Sylvain

L’album sur Deezer


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6 réponses à “Metronomy – The English Riviera 8,5/10

  1. Johnny got his warm gum

    Un travail de métronome. Ta meilleure chronique pour ma part

  2. Et bien merci, ça fait toujours plaisir à entendre en ces temps rugueux. C’est vrai que j’ai pris énormément de temps pour la faire, mais ça m’a demandé un certain nombre d’écoutes.
    20syl

  3. Corentin Nicolas

    1- C veut dire quoi : kraftwerkiens ?
    2- Maintenant on parle aussi de « fast fashion » enfin ça tu t’en fous je pense.
    3- Le pistolet chaud a raison, la chronique est drolement bien faite, enfin pas si drolement à la réflexion, les jeux de mots vaseux manquent je trouve.

    • Non je ne m’en fous pas corentin, fast fashion je n’avais jamais entendu parler. Je suppose que la mode va encore plus vite qu’avant… ?
      Kraftwerkiens, en référnece à Kraftwerk le groupe krautrock allemand, pionnier en matière de musique électronique (un son très robotique, que je retrouve dans les claviers de The Bay).
      Et sinon, j’ai pensé à des jeux de mots pourris tu vois, à chaque fois que j’écrivais quelque chose. Mais au final je garde ça pour l’aspect oral de ma vie, puisque dans un texte c’est soit lourd, et puis les gens ne rigolent pas. Autant préserver un peu le blog de ces jeux de mots. Surtout que là c’est un sujet sérieux.

  4. escobar56

    La même, ton meilleur papier mon poulet.
    L’album est très costaud, je me le suis refait ce matin et dès la deuxième écoute c’est le kif.
    Continue comme ça poto, j’espère que tu kifferas Winston Mc Anuff, ça ne te feras pas de mal d’ouvrir un peu ton esprit borné 😉

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Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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