The Tree of life (4/5)

Ecrit et réalisé par Terrence Malick
Avec : Brad Pitt, Sean Penn, Jessica Chastain, Hunter McCracken …
2h18

Résumé : Est-ce bien raisonnable de résumer un film de Terrence Malick ? Personnellement je ne pense pas, mais puisse qu’il faut le faire…
En gros, le film suit le destin d’un jeune garçon, coincé entre un père autoritaire et une mère trop aimante. Mais, outre cela, le film revient également sur la création du monde, ce qui en fait également un dithyrambique métaphysico-philosophique.

Terrence Malick demeure une énigme pour tous les cinéphiles du monde entier.
Après avoir réalisé deux chefs d’œuvre au cours des années 70 (« La balade sauvage » en 1973 et « Les moissons du ciel » en 1978), il a littéralement disparu de la sphère hollywoodienne et de la planète cinéma : un véritable affront dans une industrie qui a la mémoire très courte.
Il était las de ce système et de ces contraintes. Il a déclaré qu’il y avait quelque chose dans la machine hollywoodienne qui le mettait « en état de panique ».
Il voulait semble-t-il passer à autre chose. Il a perdu la notion du temps… Mais très vite le 7ème art l’a rattrapé.

Après « La ligne rouge » en 1998 et « Le nouveau monde » en 2006, Terrence revient à la mise en scène avec un projet plus qu’audacieux qu’il a en tête depuis plus de trente ans : « The tree of life », un film sur la création du monde et sur la création de l’être.
Et si les deux films précédemment cités laissaient place à une aura philosophique hors du commun, celui-ci les dépasse largement d’une bonne tête !

Certes, « The tree of life » est par moment trop long, voire même un peu chiant, mais au final, il se révèle surtout être une merveilleuse bouffée d’oxygène.Impossible de ne pas être subjugué par les plans magistraux de Malick qui, chose rare de nos jours, font parler les images plus que les hommes.
On ne comprend pas tout, bien entendu, c’est le but (y a-t-il d’ailleurs toujours quelque chose à comprendre chez Malick ?), et on se laisse donc emporter par ce flot d’images grandioses et lyriques.

Malick mêle ici deux histoires, deux histoires sur la création : celle du monde, et celle d’un jeune garçon.
Mais chez Malick (qui a commencé sa carrière à l’heure du Nouvel Hollywood et du post-Nouvelle Vague à l’américaine) la narration n’a pas grand intérêt, il préfère faire parler le silence, les images et la nature.
Cette méthode a donné des choses atroces (l’imbuvable « Le nouveau monde ») tout comme des choses époustouflantes avec « Les moissons du ciel » ou « Le balade sauvage », qui font ressortir une poésie rarement présente dans les œuvres cinématographiques.

Avec « The Tree of life », il se situe à mi-chemin entre ses deux périodes (la période 70’s et la période actuelle)
Son film retrouve la légèreté et le lyrisme de ses deux premiers longs métrages, mais cela est mêlé à des longueurs et à un naturalisme parfois un peu pesant.

Il n’empêche que l’on ressort de son film en ayant pris une claque visuelle impressionnante. Cameron et sa 3D ont encore du chemin à faire avant de pouvoir approcher les œuvres « picturales » de Terrence Malick et leur perfection.
Notons enfin, pour conclure, que Malick a depuis tourné un nouveau film et qu’il est d’ores et déjà rentré dans la postproduction de ce dernier.
Ce projet, qui a n’a pour l’instant pas trouvé son nom définitif et dont nous ignorons le pitch, réunira à l’écran Rachel McAdams, Ben Affleck, Javier Bardem, ainsi que Jessica Chastain, qui joue le rôle de la mère dans « The Tree of life ».

Tony

Publicités

À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

4 réponses à “The Tree of life (4/5)

  1. escobar56

    Les + : Beau, reposant, enrichissant, profond, intelligent, admirablement interprété
    Les – : Monocorde, un brin soporifique, un petit côté documentaire Arte, le fond vert pitoyable sur les dinosaures…

    3,5/5

    • ça peut paraître en effet un peu soporifique, mais je ne suis pas d’accord pour le reproche fait à Malick concernant le fond vert. C’est un mec qui filme la nature, et qui va très peu en studio, pour les dinosaures il n’a donc pas eu le choix, il n’y en a plus (enfin peut-être pas pour Marie-Jeanne Kauffman, mais ça c’est une autre affaire). La beauté des paysages grâce à un mec qui comprend la nature, est en totale osmose et nous livre des clichés magnifiques font que ce fond vert, on s’en balance royalement. C’est tellement rare des réal’ aujourd’hui qui prennent leur caméras et vont sur le terrain, filmer la vie, tout simplement… Une vraie leçon, qui nous démontre que la nature fait encore de belles choses. Et de telles clichés qui soient capables d’émouvoir autant, rien que par la force de l’image et donc du paysage, cela démontre totalement l’intelligence de Malick.
      Pour ma part un 4, voire 4,5, sans problème. Le film de l’année pour le moment.
      20syl

  2. escobar56

    Ouai ouai je comprends bien ce que tu dis et d’ailleurs ça se ressent que ce réal’ n’est pas un imposteur adepte du studio. Mais rien n’y fait, je n’y arrive pas. Je trouve que ça se voit trop quoi. C’est comme la scène de la chevauchée finale dans True Grit. Mais bon c’est perso hein, pour moi ça fait trop faux. Ca aurait même tendance à me faire sourire de voir des dinosaures à l’écran qui s’abreuvent dans un lac. Enfin bref, comme dirait le dramaturge Marc Lévy : Et si c’était vrai… ?

  3. Pingback: Les Tops de Tony « Bath-Art

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 280 autres abonnés

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :