Le gamin au vélo (3/5)

Ecrit et réalisé par Luc et Jean-Pierre Dardenne
Avec : Cécile De France, Thomas Doret, Jérémie Rénier, Olivier Gourmet, …
1h27

Résumé : Cyril est un jeune garçon de 12 ans qui vit dans un foyer. Après s’être échappé pour tenter de retrouver son père qui a déménagé sans laisser d’adresse (et qui a vendu son vélo), il est pris en famille d’accueil, le week-end, chez Samantha, une coiffeuse qui vit dans sa cité.
Alors que Cyril commence à mettre un pied dans la délinquance, Samantha tente, elle, par tous les moyens de le protéger.

Les frères Dardenne sont des cinéastes étonnants : on a toujours l’impression qu’ils font le même film, qu’ils racontent la même histoire, et pourtant, tout est toujours différent.
Jusqu’ici, il n’y a d’ailleurs pas grand chose à dire sur la filmographie des deux frangins : elle est quasi parfaite. « Rosetta » (Palme d’Or et Prix d’Interprétation Féminine pour Emilie Dequenne), « Le Fils » (Prix d’Interprétation Masculine pour Olivier Gourmet), « L’Enfant » (Palme d’Or), « Le silence de Lorna » (Prix du Scénario), pour ne citer que les plus célèbres,…

Cette année les Dardenne se lançaient dans la compétition avec un film encore une fois très sombre sur une certaine misère sociale en Belgique, mais qui s’avérait beaucoup plus clair au niveau de son image.
Un film qui s’annonçait également beaucoup plus lumineux que les précédents grâce à la présence d’une « star » au casting : Cécile De France (qui, contrairement à ce que son nom évoque, est bel et bien belge).
Auréolé d’un prix à Cannes (le Grand Prix du Jury, ex-æquo avec le nouveau film de Nuri Bilge Ceylan) et encensé par la critique, « Le gamin au vélo » paraissait donc réunir tous les éléments pour s’ancrer dans « l’esprit Dardenne » (j’aime inventer des expressions) et, peut-être même pour obtenir un certain succès en salles.

Pour le succès en salle, on n’a pas encore la réponse (le film doit désormais approcher la barre des 200 000 spectateurs), mais pour ce qui est du succès critique dithyrambique que le film a reçu, là je dois avouer que je reste un peu médusé.
Certes, le film est bon, voire même très bon, mais contrairement aux œuvres précédentes du duo belge, je n’ai pas senti la même puissance chez les personnages, la même chaleur humaine, le même désespoir. Tout y ressemble, mais à un degré moindre.

A mes yeux, pour apprécier pleinement un film, il faut également apprécier ses personnages, les comprendre et compatir avec eux si besoin. Dans toutes les œuvres précédemment citées des Dardenne, ce fut le cas, mais pas ici.
Le petit Cyril et la jeune Samantha sont plutôt attachants, mais ils n’ont pas la force de Rosetta, la détresse de Lorna ou bien l’innocence de Bruno dans « L’Enfant ».
Personnellement, j’ai vraiment eu beaucoup de mal à m’accrocher à ses deux personnages, et encore plus de mal à comprendre leurs intentions, leurs actes.
Chaque situation semble arriver comme un cheveu sur la soupe. Même la base de l’histoire sonne fausse : Cyril s’accroche par hasard, sans la connaître, à Samantha, et le lendemain, elle lui a racheté son vélo et accepte de le recueillir chez elle sans même le connaître.
C’est un peu tiré par les cheveux, n’est-ce pas ?

Heureusement, les acteurs sont là pour rattraper cette histoire. Thomas Doret, LA découverte du film, est exceptionnel. Sa façon de crier « Papa » avec son accent belge et sa voix pathétique n’est pas sans nous rappeler le jeune garçon du « Voleur de Bicyclette ».
Et puis il y a surtout le savoir faire des Dardenne pour raconter une histoire (même si celle-ci est loin d’être la meilleure). Leur mise en scène, toute en sobriété et en osmose avec les personnages, est comme toujours efficace et éblouissante.

Cette cuvée 2011 est loin d’être leur meilleure, mais cela reste tout de même 100 fois meilleur que les œuvres de leurs imitateurs.

Tony

 

Publicités

À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

Une réponse à “Le gamin au vélo (3/5)

  1. Corentin Nicolas

    Au vu de ton état capillaire il ya beaucoup de choses tirées par les cheveux !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 280 autres abonnés

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :