La Conquête (3/5)

Réalisé par Xavier Durringer
Ecrit par Patrick Rotman
Avec : Denis Podalydès, Florence Pernel, Bernard Le Coq, Samuel Labarthe, Hippolyte Girardot, …
1h45

Résumé : Tout le monde connait le pitch, pas besoin de rentrer dans les détails. Le film retrace l’ascension de Nicolas Sarkozy de 2002 jusqu’à son élection à la tête de l’Etat en 2007.

Peut-être le film le plus attendu du dernier Festival de Cannes (même s’il était présenté hors compétition) et peut-être également la plus grosse déception de la quinzaine.
Tout le monde attendait énormément de cette première fiction française sur un président encore en exercice, mais au final, le film n’a recueilli que quelques applaudissements forcés au Palais des Festival, et n’a pas du tout emballé la critique, qui s’en est plutôt moqué.
A vrai dire, le film a plus conquis les spécialistes de la politique que ceux du 7ème art, ce qui a pu lui poser certains problèmes !

Soyons clairs : « La Conquête » n’est pas un très bon film. Sur ce point là, tout le monde est d’accord.
En revanche, pour ma part, je l’ai trouvé, dans l’ensemble, plutôt amusant et excellemment bien interprété.
Denis Podalydès, dans le rôle principal (celui de Sarkozy, au cas où vous n’auriez pas compris !) est littéralement bluffant. On a parfois la nette impression d’avoir le véritable Sarkozy sur l’écran ! Car, outre la ressemblance physique plutôt réussie, Podalydès a surtout su saisir les attitudes et les gestes du candidat à l’élection présidentielle de 2007 (ce qui n’est pas aisé quand on connait la gestuelle du bonhomme).

Mais face à lui, les autres acteurs ne sont pas non plus en reste.
Bernard le Coq en Jacques Chirac et Samuel Labarthe en Dominique De Villepin, s’en sortent haut la main et bénéficient de plus des meilleures répliques du film (d’autant plus drôles qu’elles sont sensiblement proches de la réalité).
Florence Pernel, qui campe une Cécilia Sarkozy plus vraie que nature et en pleine remise en question, trouve ici son meilleur rôle.
Quant à Hippolyte Girardot, dans le rôle de Claude Guéant, il est, à mes yeux, l’acteur le plus impressionnant du film.
Il interprète avec une énorme froideur le rôle du directeur de campagne de Nicolas Sarkozy.
Le visage terne, l’œil inquiétant, l’air malicieux : il n’a pas besoin d’énormément de paroles pour rendre son personnage terrifiant et terriblement mesquin.

Le véritable problème du film ne vient donc pas de ses acteurs, mais bel et bien de la mise en scène et du scénario.
Xavier Durringer nous propose ici une réalisation assez plate, proche du téléfilm, et qui de surcroit s’appuie sur un scénario, certes parfaitement bien documenté, mais bien peu entrainant et sans aucune surprise.
C’est d’ailleurs ce qui a le plus été reproché au film : son manque de parti pris (ironiquement, je pense d’ailleurs que c’est ce qui a plu aux analystes politique : cette neutralité).

La plupart des cinéphiles espéraient un film corrosif, à la Nanni Moretti dans « Le Caïman »…et ils se retrouvent avec un long métrage un peu vide, où ils n’apprennent rien et dont le propos est totalement décalé de la situation actuelle dans le pays.
Tout le monde attendait LE film français qui viendrait titiller le pouvoir, mais ça ne sera pas encore pour ce coup-ci… Pas étonnant que l’Elysée n’ait pas cherché à bloquer la production du film : il est totalement inoffensif.

Il ne faut pourtant pas nécessairement le dénigrer pour autant. Une brèche (presqu’un tabou !) vient de s’ouvrir : on peut désormais faire des films sur la politique actuelle en France.
Xavier Durringer n’a pas réussi à saisir l’occasion de faire un film qui aurait brillé par son audace… Espérons que d’autres, après lui, auront le courage de suivre sa voie et d’affronter le pouvoir en place.

Tony

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3 réponses à “La Conquête (3/5)

  1. Globalement d’accord. Le film est quand même assez intéressant, j’ai aimé avoir accès à l’envers du décor. Perso, j’attendais exactement ça de ce film, c’est à dire un truc sympa, correctement interprété, instructif mais en rien exceptionnel. Podalydès gère bien la crise, après comme tu l’as justement dit, c’est vrai que la mise en scène fait un peu téléfilm mais bon. 3 ou 3,5 de mon côté 😉

  2. Corentin Nicolas

    C’est étrange que tous le monde vante l’exactitude des dialoques et des situations alors qu el film se dit être une fiction politique…

    • c’est un fiction ds le sens où l’on ne sait pas si les scènes se sont passées ainsi, mais en ce qui concerne les dialogues, il sont ds l’ensemble relativement exacts, à quelques détails près, puiskil ne s’agit là ke de pièces raportées!

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