Animal Kingdom (4/5)

Ecrit et réalisé par David Michôd
Avec : Guy Pearce, James Frecheville, Jacki Weaver, Ben Mendelsohn, …
1h53

Résumé : Joshua vit seul avec sa mère. Lorsque cette dernière décède d’une overdose, Joshua est recueilli par le reste de sa famille : sa grand-mère et ses oncles.
Mais cette petite fratrie n’est pas une famille comme les autres : les quatre frères sont des truands et des braqueurs de banques.
Joshua, perdu dans ce milieu hostile, va tenter de se faire accepter.

Dans l’univers cinématographique hexagonal actuel, nous nous trouvons au milieu de deux modèles dominants : le modèle américain (lui-même divisé en deux avec les films indépendants et les gigantesques blockbusters) et le modèle français (beaucoup plus orienté vers ce que l’on appelle le cinéma d’auteur, même si certains se plaisent à lorgner du côté des gros films d’actions onéreux).
Ces deux industries se partagent la plus grosse part du gâteau et ne laissent que quelques miettes aux autres pays, qu’ils soient émergents en matière de 7ème art ou bien confirmés.

L’Australie fait partie de ces pays confirmés. A partir des années 70, le cinéma australien s’est considérablement renouvelé, à l’instar d’un autre gigantesque pays anglophone : les Etats-Unis.
Si l’on parle énormément du « Nouvel Hollywood » des années 70, on reste relativement discret sur les bouleversements qu’a connus l’industrie du film australienne.
Les politiques misent en place durant cette période par le gouvernement ont permis à des cinéastes comme Peter Weir (« Le cercle des poètes disparus », « Les chemins de la liberté ») et George Miller (« Mad Max », « Happy Feet ») de développer leurs projets et de se faire connaître dans le monde entier.

Ces deux réalisateurs sont aujourd’hui célèbres car ils sont présents depuis maintenant près de 40 ans, mais pour ce qui est de la nouvelle génération, on est nettement moins bien informés.
De nombreuses stars de la planète hollywoodienne sont pourtant issues du pays des kangourous : Russel Crowe, Cate Blanchett, Nicole Kidman, Heath Ledger, …
Mais pour ce qui est des réalisateurs, même si certains noms se démarquent (notamment Andrew Dominik et Baz Luhrmann), aucune figure centrale ne vient dominer l’ensemble.
Le premier long-métrage de David Michôd, « Animal Kingdom », pourrait cependant changer quelque peu la donne.
Son film a été encensé par la plupart des critiques internationaux et on attend beaucoup de ce jeune homme qui a frappé très fort pour son entrée dans le grand monde.

« Animal Kingdom » est un film noir. Très noir. Un film noir comme peu savent le faire encore de nos jours.
On y retrouve tous les principaux ingrédients du genre : un héros tiraillé, des méchants aux trognes patibulaires, une atmosphère un peu poisseuse,…
Mais, l’élément qui démarque le plus « Animal Kingdom » de ses concurrents, c’est avant tout le merveilleux portrait de famille fait de la famille Cody.

Chez les Cody il y a quatre frères : Baz, le plus raisonné de tous, Darren, le plus jeune et donc le plus fragile, Craig, le plus imprévisible, et enfin Pope, le plus recherché et sans nul doute le plus dangereux de la fratrie.
Mais outre ces quatre frères, la famille Cody est avant tout régie par une personne : la mère, Smurf.
Jacki Weaver brille dans ce rôle de mère à la fois étrange et puissante. Elle semble parfaitement calme et rassurante au premier abord, mais au fur et à mesure que le récit avance, le personnage prend de l’importance et se montre au final sous son plus mauvais jour.

Smurf est un matriarche abusive comme on n’en a très peu vue depuis Shelley Winters dans le mémorable « Bloody Mama » de Roger Corman, dont l’histoire présente quelques similitudes avec celle de Michôd.
Elle est à la fois l’âme et le cœur de cette famille ; on la croit en retrait mais elle est beaucoup plus impliquée qu’on ne l’imagine. On peut d’ailleurs aisément imaginer que son passé criminel fut beaucoup plus actif.
Mais ce qui marque finalement le plus chez ce personnage, c’est le côté incestueux qu’elle entretient avec ses fils ; ces baisers langoureux qu’elle leur demande pour les calmer et les réconforter.
C’est à la fois bluffant et terriblement inquiétant… Tout comme le film dans son ensemble !

« Animal Kingdom » est sans nul doute le meilleur film noir de cette année 2011 et, qui sait, peut-être l’avènement d’un grand cinéaste en devenir…

Tony

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