Le complexe du castor (3/5)

Réalisé par Jodie Foster
Ecrit par Kyle Killen
Avec : Mel Gibson, Jodie Foster, Anton Yelchin, Jennifer Lawrence, …
1h31

Résumé : Walter Black est un homme déprimé. Il a une vie de merde, il s’ennuie, les gens ne s’intéressent plus à lui,… Bref, il est quasi inexistant ou en tout cas inutile.
Après avoir été chassé de la maison par sa femme, il trouve dans une poubelle une marionnette en forme de castor. A partir de ce moment, sa vie va changer : il ne va plus parler qu’à travers ce castor et ainsi tenter de reprendre sa vie en main…

La réalisation d’un film sur un tel scénario est ce que l’on appelle couramment « une entreprise à risque » !
Imaginez une seconde la personne qui a proposé ce film à un producteur pour la première fois : « Bonjour, j’aimerais faire un film sur un type malade qui décide, du jour au lendemain, de parler par l’intermédiaire d’une marionnette castor pour régler tous ses problèmes »… Ce type a sûrement du recevoir un accueil glacial de la part des grandes pontes hollywoodiens !

Pourtant, l’idée de base est, il faut bien l’avouer, absolument délirante !… Malheureusement, ce terme n’appartient pas au vocabulaire des directeurs de studios car il rime rarement avec dollars !
Mais pour notre plus grand bonheur, certaines personnes ont su remarquer l’audace du magnifique scénario de Kyle Killen et se sont assez vite rattachés au projet.

Dès lors, il y avait deux grandes façons de traiter le sujet : une voie comique, ou une voie plus dramatique. Mais, très intelligemment, Jodie Foster a su opter pour une voie intermédiaire.
En effet, tous ceux qui connaissent l’héroïne du « Silence des agneaux », savent qu’elle n’est pas une reine du comique décalé (même si elle sait à certains moments se montrer très drôle).
Mais, en dehors de cela, Jodie Foster est également une femme très intelligente et suffisamment expérimentée pour savoir que ce genre
de scénario traité de façon trop dramatique peut donner un film grotesque et démesurément lacrymal.

Son « Complexe du castor » s’axe donc sur ces deux points : une première partie plutôt détendue, agréable et qui fait la part belle à l’ironie et au burlesque, et une seconde partie dans laquelle elle met beaucoup plus l’accent sur le mal-être de Walter et sur ses relations complexes avec sa famille (son fils aîné en particulier) ainsi qu’avec « son » castor, ce qui la rend forcément plus sombre.

Mais même si le scénario est assez touchant, le véritable point central du film est bien évidemment Mel Gibson et son exceptionnelle
double interprétation, de Walter et du Castor !
Il trouve ici l’un des rôles les plus intéressants de sa carrière (peut-être même le meilleur), à la fois profond et ironique, grotesque et émouvant, décalé et dévasté.
On ne peut d’ailleurs s’empêcher de faire quelques comparaisons entre l’acteur et son personnage, le premier ayant récemment connu de nombreux déboires avec les autorités et avec ses proches.

Autour de lui, les autres acteurs ne peuvent qu’accompagner et espérer ainsi exister du mieux qu’ils peuvent.
Jennifer Lawrence, l’héroïne de « Winter’s bone », et Anton Yelchin, dans le rôle de Porter, sont ceux qui s’en sortent le mieux. Ils forment un « pseudo couple » assez touchant.
Jodie Foster, pourtant l’une des meilleurs actrices de notre époque, fait ici étrangement pâle figure, tout comme sa mise en scène qu’on
aurait aimé moins académique (et moins fleur bleue !) et surtout beaucoup plus folle (Mel Gibson aurait peut-être fait un meilleur acteur/réalisateur avec ce sujet, sait-on jamais !).

Son « Beaver » reste cependant très intéressant à regarder grâce à son acteur principal qui prouve à toute la planète cinéma qu’il est loin d’être cuit et qu’il en a encore sous la semelle !

 

Tony

 

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Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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