Le chat du rabbin (3/5)

Réalisé par Joann Sfar et Antoine Delesvaux
Ecrit par Joann Sfar et Sandrina Jardel
Avec les voix de François Morel, Maurice Bénichou, Hafsia Herzi, Mathieu Amalric, François Damiens, …
1h40

Résumé : Le film se déroule à Alger au début du 20ème siècle. Le rabbin Sfar vit paisiblement avec sa fille, Zlabya et son chat, qui demeure sans nom. Un jour, ce dernier avale le perroquet bavard de la maison et se met à parler comme les humains.
Après avoir trouvé un russe juif dans une caisse de livre, le rabbin et son chat partent vers le l’Ethiopie afin d’aller découvrir cette soi-disant terre d’accueil pour les juifs de tous horizons.

Après son génial « Gainsbourg, vie héroïque » l’an passé, Joann Sfar se trouvait classé dans la catégorie des auteurs qui doivent confirmer.
Pour son deuxième long métrage, il a décidé de s’attaquer à sa propre œuvre en adaptant sa série de bande dessiné, « Le chat du rabbin ».
Un pari assez risqué, mais aisément compréhensible quand on sait que le bonhomme est à l’origine dessinateur et que ce genre d’auto-adaptation cinématographique peut donner de grandes choses (dur de ne pas penser à « Persépolis« , la bande dessinée autobiographique de Marjane Satrapi adaptée au cinéma par elle-même et Vincent Paronnaud).

Malheureusement, là où la paire Satrapi/Paronnaud nous avait éblouis il y a quatre ans, le film de Joann Sfar, lui, nous déçoit quelque peu.
Côté animation, rien à dire. On retrouve très bien le style et l’atmosphère de Joann Sfar : son aspect un peu brouillon et sauvage qui brillait justement dans son biopic fantasmagorique sur l’homme à la tête de chou.
Le véritable problème du film se situe en fait essentiellement dans son scénario plutôt vain et monotone qui ne laisse aucune place à la surprise et à l’imagination.

Pour réaliser son film, pour construire son histoire, Sfar s’est servi de trois des 5 tomes de sa série.
N’ayant pas lu ces bandes dessinées, je ne voudrai pas tirer de conclusion hâtive, mais il m’apparait évident qu’en n’adaptant pas toute la série, il a sacrifié une partie de son histoire et surtout une partie de ses personnages.
L’exemple le plus probant est sans nul doute le personnage de Zlabya, auquel la jeune Hafsia Herzi prête sa voix.
Son personnage possède une importance capitale dans l’histoire (tout du moins dans son ensemble), notamment concernant les raisons de cette quête qu’effectuent le rabbin et ses compagnons, et pourtant, au final, elle est largement reléguée au second plan du film et se retrouve à n’être qu’un pion que l’on oublie et qui ne pèse donc pas suffisamment sur les autres personnages et sur le film.

Au final, « Le chat du rabbin » se place comme un pseudo voyage initiatique sans qu’il n’y ait ni quête essentielle ni véritable leçon à en retenir.
C’est d’ailleurs ce qui fait que ce film divise : ceux qui vont réussir à s’immerger dans l’univers de Joann Sfar vont trouver dans ce film ce qu’ils étaient venus chercher, mais les autres, eux, seront sans nul doute extrêmement déçus.
Surtout que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, le film n’est pas non plus très drôle (hormis le passage clin d’oeil avec Tintin !), et qu’il risque donc de décevoir les plus jeunes d’entre nous qui étaient venus pour s’amuser avec ce chat qui parle.

« Le chat du rabbin » reste malgré tout un film sympathique avec une animation très inventive et surtout très personnelle. Mais très honnêtement, on a parfois du mal à voir son réel intérêt (j’ai toujours du mal à comprendre qu’il est reçu le Cristal du Meilleur Film au Festival d’Annecy) !
Et si on peut dire que Joann Sfar a tout de même réussi le virage du deuxième film, il faudra qu’il fasse attention car la piste est désormais glissante, ce qui rendra le prochain tournant beaucoup plus complexe à négocier…

Tony

 

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Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

2 réponses à “Le chat du rabbin (3/5)

  1. Alix

    Merci mon Dieu !
    jvous trouve sévère sur la note. J’aurais mis 4 mais jconnaissais pas la bd. J’ai juste trouvé que le film allait decrescrendo. Que le passage au lieu saint est incompréhensible et que la fin est juste loupée mais mis à part ca jme suis bien marrée. Et le chat est super ! (Juste l’épisode avec les arabes qu’est surprenant)

  2. Pingback: Les Tops de Tony « Bath-Art

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