Une séparation (4/5)

Ecrit et réalisé par Asghar Farhadi
Avec : Leila Hatami, Peyman Moadi, Shahab Hosseini, Sareh Bayat, Sarina Farhadi, …
1h54

Résumé : Simin demande le divorce car son mari Nader neveut pas partir à l’étranger avec elle. Elle veut quitter l’Iran, mais elle ne partira pas sans sa fille qui préfère rester avec son père pour espérer voir sa mère revenir. Nader doit, lui, engager Razieh pour s’occuper de son vieux père, atteint d’Alzheimer. Mais lorsqu’il revient chez lui plus tôt que prévu, il le découvre affalé par terre, attaché au lit, sans personne pour le surveiller. Il renvoie dès lors la femme avec une certaine violence. Mais Razieh était enceinte et elle va porter plainte en le nommant responsable de sa fausse couche…

Sûrement le film le plus poignant de cette année 2011, « Une séparation » arrivait dans nos salles avec un énorme palmarès : un Ours d’Or et les deux prix d’Interprétation Masculine et Féminine pour tous les acteurs du film décernés au Festival de Berlin…
De quoi en faire rêver plus d’un !

Le cinéma iranien n’est pas véritablement celui qui va le plus nous faire rêver, il faut être honnête. Mais c’est un cinéma pur et puissant.
« Une séparation » se place d’ailleurs comme un véritable morceau d’authenticité comme les occidentaux peinent aujourd’hui à en faire.
Bien sûr le film est loin d’être drôle, il faut un peu de temps pour s’acclimater à la langue arabe, et donc il peut paraître austère au premier abord. Mais le film est finalement loin de ce constat facile et quelque peu cliché.
« Une séparation », c’est avant tout un portrait : le portrait d’un pays (l’Iran, pour ceux qui ne l’auraient pas compris !) qui divise, d’un pays qui peine à vivre comme il le souhaiterait.
C’est là que ce situe l’essence même du film : dans la séparation de ce pays divisé entre la modernité et le traditionalisme.

D’un côté il y a Nader et sa future ex-femme Simin (ainsi que leur fille Termeh). Ils sont relativement riches, ils sont plutôt ouverts sur le monde et sont ce qu’on pourrait appeler des personnes réfléchies.
De l’autre, on trouve Razieh et son mari Hodjat (et leur petite fille Somayeh). Eux sont très pauvres et manquent visiblement d’éducation. Ils subissent de plein fouet les problèmes qui règnent en Iran. Lui est au chômage, et elle est contrainte de travailler dans le dos de son mari.
Ils sont très traditionnalistes, très croyants et sont donc radicalement à l’opposé du mode de vie du couple susnommé.

Mais au-delà de cette séparation entre richesse et pauvreté, entre modernité et traditionalisme, la séparation est également présente dans chacun des personnages du film et ce outre le divorce entre Simin et Nader qui constituent déjà en soi une séparation.
Chacun des personnages doit faire face à un dilemme qui le tiraille de tous les côtés, qui le mine, et qui finalement l’oblige à créer cette séparation.
Simin doit par exemple faire face à son désir d’évasion et à l’amour qu’elle porte pour sa fille.
Razieh doit elle choisir entre deux maux : dire la vérité et salir son nom et celui de sa famille, ou bien mentir et devoir faire face à sa propre morale et à la religion.
Nader doit lui aussi choisir entre vérité et mensonge ; entre son égo et l’amour qu’il porte à sa fille.

Tous ces dilemmes auxquels sont confrontés les personnages expliquent en partie le fait que le film ait reçu l’Ours d’Or à la dernière Berlinale.
L’autre partie étant, bien évidemment, ses acteurs, absolument merveilleux, qui rendent tour à tour leurs personnages forts puis faibles, malins puis pathétiques, attachants puis détestables.
Le tout accentué par la mise en scène sobre et délicate de Farhadi, cela nous donne de très grandes scènes et une belle leçon de cinéma venant de l’Orient.

Tony

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