Live report @ Eurockéennes – Belfort 2011


Tout d’abord, il faut le dire, on arrive dans une jolie région. Le territoire de Belfort est verdoyant et vallonné. Malgré que l’on n’ait pas visité, on a quand même apprécié.
Mais pourquoi j’utilise le « on » pour un live report ? Tout simplement parce que j’étais avec un de mes meilleurs amis dans le festival à la programmation la plus intéressante en France, tout du moins.

Bon après, le problème de cette région est l’accent, coincé quelque part entre le suisse et le belge. Ça reste le plus drôle, quoi.
Arrivés par une célèbre compagnie de bus qui fait le tour des villes de France et organise des voyages (non, je ne peux pas la citer), nous nous installons donc sur l’ancien aérodrome de Belfort, installé en guise de camping pour 15 000 festivaliers, environ.

Vendredi ou les lives de rage

Le festival promettait donc une ambiance de folie, avec des concerts à pleurer. Nous n’en avons pas été déçus.
Ça commence de bonne heure le vendredi, à partir de 18h15 très précisément, et sous un soleil de plomb sur la scène de la Plage. Elle est particulière puisque montée sur l’eau, laissant la plage aux festivaliers. Et avec True Live en guise premier groupe, ça passe agréablement bien. Venu les voir sur les conseils d’un ami, je ne suis pas déçu d’avoir préféré les australiens aux français des Hurlements d’Léo. La formation de True Live est particulière puisque composée d’un  MC, et d’un groupe comprenant des violons, violoncelles, piano, batterie et guitare. Le tout est absolument déflagrateur, et l’on se dite que True Live porte très bien son nom. Loin des imposteurs rap habituels, ils arrivent à donner vie à un concert grâce à des compositions extrêmement proches du rock, et de la soul mais également aidées du charisme et de la voix du chanteur-MC (Ryan Ritchie) qui nous fait vibrer. C’est mon premier concert et j’ai déjà pris mon pied. La suite se doit d’être au niveau.


(Une vidéo de Sourdoreille)

Keziah Jones passe sur l’esplanade Green Room (scène sponsorisé par Heineken), et c’est bien paraît-il. Il aurait chanté en duo avec le chanteur beau gosse Medi, mais également dénoncé son arrestation musclée à Paris il y a deux semaines. Pour ma part, ayant déjà vu le génie nigérian, je préférais faire un pause après la série de concerts qui allait m’attendre. Il en est de même durant le concert de Tiken Jah Fakoly, pour lequel je porte de moins en moins d’intérêt. D’autant plus que je m’attendais à un guest durant son set, en la personne de Bernard Lavilliers qui n’est pas venu. Tant pis  pour l’Ivoirien qui avait un public largement acquis à sa cause.

Par contre, pour ce qui est du Staff Benda Bilili, en ma personne de « tiers-mondiste », comme dirait mon acolyte de festival, j’ai vraiment passé un bon moment. Les handicapés africains savent faire le show et démarrent leur concert avec la plus populaire de leur chanson, « Moziki », génialement dansante. Leur compagnie est une véritable tranche de vie, et ça fait du bien. Et monsieur Keziah Jones en personne est même venu les voir dans la foule, à quelques mètres de nous, comme quoi ce gars est proche du public.

On retourne sur la Plage (sûrement la meilleure idée de scène jamais vue) pour aller voir Battles. Non il ne s’agit pas d’un joueur de foot français s’étant reconverti, mais une géniale formation math-rock, selon les magazines spécialisés. Le fait est qu’ils ne chantent pas, c’est purement instrumental, avec parfois des voix. Visuellement c’est assez original, puisque des samples audiovisuels sont projetés sur des panneaux, aidés de la musique des Battles. Le batteur dispose d’une cymbale située à au moins un mètre au-dessus de lui, il n’a donc pas fait dans la dentelle. Sur Cd, je n’avais pas accroché, mais là j’avoue vraiment que c’était bon. Ils repassent à la Route du Rock, mi-août si vous voulez voir ce que ça donne.

Un festivalier paré pour le concert de Wu Lyf

Malheureusement, on est obligés de s’éclipser au bout de 40 minutes de leur show puisque Wu Lyf passe au club Loggia.
Pour vous expliquer, le club Loggia, c’est une sorte de chapiteau où il est difficile d’accéder, à la jauge maximale de 2000 personnes. Idéal donc pour accueillir la sensation tant attendue Wu Lyf. Le club est blindé, comme nous, et on se met au plus près de la scène afin de voir ce que vont nous proposer les mancuniens.

Durant trois quart d’heure, ils joueront leur dernier album « Go tell fire to the mountain », relativement pénible à écouter. Et c’est totalement le contraire sur scène, où le chanteur et ses musiciens donnent totalement une autre forme de vie. Wu Lyf est donc un groupe de scène, avec un concert qui restera dans les mémoires. Le chant à la limite du cri donne une intensité à leur musique. Les deux se marient bien, et l’on peut penser que ce groupe ira loin s’il peut composer de grandes chansons, qui marquent sur disque et pas uniquement en live. En tout cas on est rapidement séduits, émus (pour ma part en tout cas) et épuisés par les trois quart d’heure de pogo. On sort du live hagards. Complètement.

Ensuite,  nous avons un quart d’heure pour revenir à la Plage où joue le groupe qui a pondu, selon moi, le meilleur album de 2011 pour le moment, j’ai nommé Metronomy. Et selon certains dires, le groupe serait mou sur scène, malgré les chansons absolument géniales qu’ils ont pondues.
Cela reste absolument faux, et je ne suis pas le seul témoin. Le public est hystérique durant les bijoux « Corinne », « The Bay », « We Broke Free », « Love Is Underlined » ou encore l’hymne « The Look » que balance le groupe anglais. Ils ont également joué quelques titres de leur deuxième album, avec « Radio Ladio », « A Thing For Me » aux rythmes endiablés. Mais aussi le très rock « You Could Easily Have Me » du premier album. Un des concerts, voire peut-être le concert qu’il ne fallait pas rater. Et dire que Spank Rock, qui a annulé, devait jouer à leur place à l’origine…
Je suis en tout cas heureux de les avoir vus, et serait sûrement de la partie lorsqu’ils passeront à Nantes en fin d’année.


(une vidéo Sourdoreille)

Je change de scène, ensuite, pour aller voir ce que peut donner Stromae. Ayant apprécié son album, l’année dernière, je remarque que le Belge assure le show, même quand il a une coupure de son d’un quart d’heure. Il reste très professionnel, et est loin de l’image que l’on veut bien lui donner. On frissonne forcément de plaisir quand on entend « Te Quiero ».
Cependant, je ne reste qu’une demi-heure pour retourner au club Loggia, voir Carte Blanche, groupe au nom qui m’a posé problème dans le passé. Carte Blanche, c’est donc bien DJ Mehdi et Riton, pour ceux qui, comme moi, n’auraient pas suivi. Sur scène, je les trouve meilleurs que lorsqu’ils étaient passés à Nantes, c’est beaucoup plus club en tous les cas. Ils sont aidés de deux danseuses, ce qui donne une autre dimension au show, c’est même captivant, surtout qu’ils n’ont pas pris les plus moches, les salauds.

Enfin, cette première journée se termine par l’Allemand, roi de la minimale, Paul Kalkbrenner, très professionnel, qui donne un set rigoureux avec une musique très travaillée. Il arrive à faire passer quelque chose durant des phases allant de 10 à 15 minutes. L’heure à laquelle il était programmé. Malgré ça, je ne reste que trois quart d’heure, pour filer voir le dernier quart d’heure du groupe rémois The Shoes (ancien The Film). J’ai de la chance car je tombe sur le final, avec la chanson « America ». le show est apocalyptique, il y a deux batteries, une guitare, et ça sonne électro rock à un point inimaginable. C’est absolument bon, et on n’en perd pas une miette. On va se coucher avec des souvenirs plein la tête, forcément.
Le samedi, en compagnie d’un public en folie

Le samedi, sera orienté beaucoup plus rock avec un tas de dinosaures du genre.
Mais on commence par arriver en retard pour voir Raphael Saadiq. Pour tout vous dire, je trouve la musique de ce quarantenaire assez sympathique sans pour autant le vénérer, contrairement à votre rédacteur ciné Tony, dit « Toto ». Mais bon, je voulais voir ce que ça donne. L’Américain donne un show assez classique, étant de la soul, c’est difficile de faire un grand show aussi. Il joue des titres de son premier album « The Way I See It », mais également le dernier, avec « Good Man », entre autres. Un set assez sympathique en somme, même si j’aurais aimé voir ce que donne Drums Are For Parades. Tant pis, les festivals implique parfois des choix contestables.

Ensuite, place à Motörhead, la légende du power-metal, impeccable qui ne fait pas de chichis et balance les morceaux commes si c’était des pains dans la gueule. « Overkill » et « Ace Of Spades » y passent, bien sûr. Je n’ai pas trouvé ce concert extraordinaire, banal plutôt. J’ai loupé Funeral Party, mais bon c’est pas un drame non plus.

Après Motörhead, on décide de voir les légendes qui ont marqué le rap, House Of Pain, avec un titre phare, « Jump Around ». Et comme on pouvait s’y attendre, ce groupe n’a pas énormément d’intérêt, malgré le fait qu’il soit programmé dans beaucoup de festivals cet été. La « Maison de la douleur » est obligé de jouer des titres de leurs copains Cypress Hill pour combler le show, ou encore reprendre « Still Dre ». C’est triste de voir ça, surtout qu’ils auraient pu laisser la place à un autre groupe qui aurait peut-être un plus de carrière. Ça n’est donc pas une déception puisque c’était prévu.

Direction les Queens Of The Stone Age qui balancent la sauce sur la Grande Scène, à coups de hits « Make It Wit Chu », « Little Sister », « Go With The Flow », « Feelgood Hit Of The Summer », « No One Knows » ou encore « Sick, Sick, Sick », bref, que du bonheur à l’état pur. Les Américains savent ce qu’est un show, et envoient la purée, en professionnels du stoner-rock.
Josh Homme, le leader a même été voir le groupe auquel il a participé à ses débuts, Kyuss Lives ! quelques heures auparavant.

La GreenRoom accueille pour la suite Boys Noize. L’Allemagne va une fois de plus prouver qu’en matière de musique elle sait y faire puisque Boys Noize se met le public dans la poche sans trop de problèmes. Il envoie le pâté sans mal et fait danser la dizaine de milliers de spectateurs dans la joie et l’allégresse.

Enfin, on termine par Atari Teenage Riot, sorte de Crystal Castles, qui, en live, s’avère très énervé. Une puissance incomparable à tant d’autres groupes, et donc une découverte pour ma part, pas vraiment désagréable, même si j’aurais aimé voir ce que savent faire faire les Birdy Nam Nam, mais bon…

Dimanche, jour du (des ?) saigneur(s)

Le lendemain s’annonce moins riche en nombre, mais aussi riche musicalement parlant. J’arrive pour 19h environ, une heure avant la guerre afin de me préparer au mieux sur la magnifique scène de la Plage. Vers 20h, les tant attendus Odd Future débarquent. Tyler The Creator arrive plâtré à la jambe, en fauteuil roulant. Magistral. Ses potes débarquent à grands coup de « fuck », « mutherfuckin’ basterds », j’en passe et des meilleurs. L’un des rappeurs fera même un slam parmi le public. Les gars de la sécu se seraient avérés débordés si Odd Future avait foutu encore plus le bordel, contrairement à ce que l’on croyait. Ils n’ont pas appelé à venir sur scène, n’ont pas « houspiller » la sécurité donc ça va on s’en sort bien. En live, Odd Future c’est une véritable blitzkrieg (guerre éclair), chaque rappeur est envoyé, et se déploie aux quatre coins de la scène. Dans le rap, c’est rare, et ça fait donc plaisir de voir des gamins complètement fous, qui n’ont rien à perdre et qui donnent tout, quitte à y laisser leur santé. Odd Future 1 –Beady Eye 0. Je n’ai pas vu le groupe de Gallagher, bien entendu, mais face à ça je sais très bien qu’il ne peut rien faire. C’est indéniable.

Ensuite, j’ai une heure pour m’avancer devant la Grande Scène afin d’aller voir les Canadiens d’Arcade Fire. J’avais le choix entre la carte blanche filée à Katerine et Arcade Fire. Autant dire que l’on n’a pas besoin de réfléchir même si la reprise des tubes ringards français par Katerine et ses peintres sur la Plage aurait pu être marrant. Mais j’ai préféré la musique et j’ai bien fait. Bien évidemment, j’ai tenté d’être au plus près afin de profiter du groupe qui a le plus bousculé le rock durant la dernière décennie. Ils joueront énormément de titres du premier et dernier album, comme « Rococo », « We used to wait », « The Suburbs », « Month Of May », « Ready To Start », ou bien encore un apologique « Wake Up », le classique « Rebellion », « Neighbourhood  #3 », le si bien nommé « Haïti ». le deuxième album sera également présent avec « Black Mirror », « No Cars Go », « Intervention », « Black Vibrations/Bad Vibrations » et une ou deux autres.
C’était un set vraiment complet, une heure et demi de bonheur, car la plupart des chansons sont reprises en cœur par le public, connaisseur de l’œuvre des Canadiens, surtout le « Wake Up ». Arcade Fire a livré un set très rock, avec un couple Butler/Chassagne au top. Ce groupe reste magique, surprenant, et est toujours au top en live. Le plus beau live des Eurockéennes, et de ma vie, sûrement.

Et ça continue encore et encore avec Crystal Castles, également Canadiens (comme quoi le Canada, ça vous gagne), qui joueront de façon endiablée, la chanteuse Alice Glass étant totalement possédée pendants ses concerts. Ils ont la l’esplanade Green Room et en profitent pour dérouler leur dernier album, nettement au-dessus du premier. C’est électrique, et le public accroche totalement. Peut-être que l’endroit n’était pas assez intime, un concert en salle doit être encore plus étonnant, à mon avis.

Enfin, les Arctic Monkeys closent le festival pour présenter leur dernier album « Suck It And See » (pas besoin de traduire). Bon, je suis un fan du premier album des singes de l’Arctique, les suivants recélant quelques chansons intéressantes par-ci par-là. Ils joueront les quatre albums,  mais je m’avouerais un peu déçu par le peu de charisme du groupe. Ils ont été très capables de faire un génial premier album, et suivre par des albums plutôt moyens. Et sur scène, ça reste un groupe de rock, pas exceptionnel, qui assure le show sans en faire des tonnes. Mais on reste loin des adolescents d’il y a 5 ans.

Finalement, ces Eurockéennes ont été un très bon cru au niveau affluence (95 000 personnes, contre 70 000 l’année dernière), mais au niveau qualité de la programmation également, même si voir deux concerts de Katerine sur une affiche me paraît largement excessif, un aurait suffit. Mais on va pas bouder notre plaisir d’avoir vu les teigneux d’Odd Future, les maîtres Arcade Fire, les prometteurs Wu Lyf, les rigoureux Boys Noize et Paul Kalkbrenner, les métronomes Metronomy, les légendes Queens Of The Stone Age ou encore l’électro de Crystal Castles et Battles,  et j’en passe.
Le camping fut également très agréable, vivant, rencontrant des gens de partout, et c’est très appréciable (comme les douches froides).

Sylvain

P.S. : Toutes les vidéos ne sont pas de moi, seulement Odd Future et Wu Lyf. Vous pourrez voir le reste des vidéos que j’ai faite (plus ou moins bonnes) sur la chaîne Bath-Art

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À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

6 réponses à “Live report @ Eurockéennes – Belfort 2011

  1. david fossé

    Très bon speach

  2. david fossé

    Par contre : ils ont été très capables ( pas sûr que ça prenne un « s » à la fin).
    Sylvain tu vas percer dans la critique musicale ou cinématrographique

  3. Coco_Cruz

    Ca donne envie ! J’ai entendu parler de Odd Future l’autre sur Tracks, c’est vrai que ça à l’air assez énervé !

    • Bah pour ma part, j’ai pris une claque, même si c’était pas LE live des Eurocks. Si Tyler n’avait pas été en fauteuil, ç’aurait été différent.

  4. tibor kovacs

    ça valait pas le live monstre de Kasabian à beauregard, le meilleur en france selon le chanteur tom meighan 😉

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Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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