Balada triste de trompeta (3/5)

Ecrit et réalisé par Alex de la Iglesia
Avec : Carlos Areces, Antonio de la Torre, Carolina Bang, Manuel Tallafé, …
1h47

Résumé : A Madrid, en pleine guerre civile espagnole, un clown est recruté de force par les troupes républicaines. Fait prisonnier, il ordonne à son fils de ne pas être un auguste, mais d’être un clown triste, un clown triste qui trouvera le bonheur dans la vengeance. Engagé dans un cirque à la fin de l’ère franquiste, il va livrer une bataille sanglante avec Sergio, le clown auguste du cirque, pour l’amour de la belle et trouble Natalia.

J’attendais énormément de ce nouveau film d’Alex de la Iglesia, et le moins que je puisse dire, c’est que j’ai été énormément surpris !
A vrai dire, je ne connais pratiquement pas l’œuvre du bonhomme : je connais sa réputation, quelques uns de ses thèmes de prédilection, quelques titres de sa filmographie, mais ça se limite là.
« Balada triste de trompeta » fut donc une première pour moi, et je dois avouer que je n’ai pas été déçu.

J’ai véritablement du me forcer pour mettre une note à ce film, car, pour être totalement franc, je ne sais toujours pas quoi penser de ce film !
On a généralement tendance à employer le terme « OFNI » (Objet Filmique Non Identifié) à tue-tête pour parler d’un film étrange et qui peine à rentrer dans les cases préétablies.
Mais pour le coup, je ne pense vraiment pas mentir en vous disant que cette triste balade à la trompette est un véritable OFNI et un film quasi inclassable !

En lisant les résumés du film dans les différents magazines autorisés, je m’attendais à une bataille amoureuse sous fond de cirque et de franquisme, quelque chose proche d’un Tod Browning moderne pour résumer… mais ce ne fut pas du tout le cas !
Le film d’Alex de la Iglesia est à la fois un mélange de tout…et de rien !
De tout parce qu’il mélange les genres, les ambiances, les décors, les caractères. Et de rien tout simplement parce que son film ne peut être relié à aucun autre (à part peut-être à ses anciens films, mais étant néophyte, je ne peux pas vraiment le dire…).

Déjà, par sa trame remplie d’ellipses, le film se situe dans une catégorie à part.
Le film commence dans un cirque en pleine guerre civile espagnole, on passe par la prison où le père de Javier est enfermé, par la mine où il est contraint de travailler, puis on fait un immense saut vers la fin du franquisme, lorsque Javier se pose dans ce cirque chaleureux.
Mais lorsque ce dernier, éperdument amoureux de la belle Natalia, plonge dans la folie et commet un acte de violence destructeur, on se retrouve transporté en pleine forêt face à un Javier totalement nu et devenu quasi animal.
Et puis on arrive enfin à un final granguignolesque (ou plutôt encore plus granguignolesque que le reste du film !) qui s’annonce forcément dur, cruel, pathétique et déchirant.

Le personnage principal du film est bien évidemment Javier (l’excellent Carlos Areces) ; c’est lui que l’on va suivre durant la majeure partie du film. Pourtant, le personnage central du film serait plutôt Natalia.
En effet, cette dernière est à la fois la quête/l’amour du héros ainsi que celle de son ennemi ou concurrent, Sergio, aka le clown auguste !
Natalia est soumise à un dilemme incomparable : elle se situe entre deux hommes qui l’aiment, qui l’aiment de façons radicalement différentes, et elle va être forcée de faire un choix qui, elle le sait, aura des conséquences monstrueuses.

Sergio est une brute, un sadique, un violent, un alcoolique… Mais c’est la star du cirque, et Natalia semble adorer son côté agressif et ses pulsions sauvages.
Javier est au contraire totalement doux, intelligent, timide, voire même un peu pataud. Il aime Natalia, mais celle-ci semble jouer avec lui et il est outré par ce que Sergio lui fait subir.
Au final, le choix de Natalia ne se fera pas entre violence et douceur, ou raison et instinct, mais entre la folie et le mal.

Car à force de jouer avec Javier, elle l’a rendu fou ; non seulement fou amoureux, mais surtout fou à lier !
Une telle folie qui a entraîné le pire : un acte de rage d’une extrême violence commis contre Sergio, son rival et ennemi, qui se retrouve défiguré et devient plus maléfique qu’il ne l’était auparavant.
Et Natalia se retrouve donc entre ses deux « monstres » et doit faire un choix qui, tout le monde le sait, sera douloureux et violent.

« Balada triste de trompeta » est donc un film étrange et quasi indéfinissable.
Alex de la Iglesia fait preuve d’une grande maestria pour diriger ce long métrage qui semble lui ressembler quelque peu.
Film d’amour, de vengeance, d’histoire, de trip, et un petit peu plus encore, le film s’avère au final déroutant et passionnant mais, très honnêtement, moi, j’aime ça !

A noter que le film a reçu le Prix de la Mise en Scène et le Prix du Scénario à la dernière Mostra de Venise, présidée par Quentin Tarantino.

 

Tony

 

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Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

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Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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