Melancholia (5/5)

Ecrit et réalisé par Lars Von Trier
Avec : Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Charlotte Rampling, Kiefer Sutherland, John Hurt, …
2h10

Résumé : Justine et son mari Michael se marient dans la sublime propriété de Claire, sa sœur. Alors que la soirée se dégrade peu à peu suites à de nombreuses tensions, la planète Melancholia avance lentement vers la Terre…

C’est quand même dingue à quel point il peut être difficile de mettre une note à un film… On ne s’en rend pas compte comme ça, mais c’est une tâche particulièrement ingrate…
Bien sûr, il y a des films qui ne sont pas très difficile à noter, les chefs d’œuvres et les nanars en particulier, mais pour la grande majorité des films, situés au milieu du classement, il s’agit d’un exercice périlleux car de cette note, d’un 0,5 en plus ou en moins, peut dépendre le destin d’un film (certes, pas à l’échelle bathartienne, mais quand même !).
Et quand il s’agit en outre d’un film de Lars Von Trier, la tâche s’annonce au moins deux fois plus ardue !!

Cinéaste controversé, atypique, étrange, mais également brillant et bouleversant, Lars Von Trier fait partie de ces (nombreux) cinéastes que les critiques (et les festivals) encensent, mais que le grand public boude.
Il est vrai que les films de ce tortueux génie danois ne sont pas d’une légèreté et d’une délicatesse particulièrement éloquente, et que, par provocation (et par amour de l’art) il est aime rentrer sur des terrains sinueux où ses confrères metteurs en scène n’osent pas mettre les pieds.

Le problème de Lars Von Trier c’est que son image et ses provocations ont souvent tendance à être plus mise en avant que ses propres films.
On a notamment énormément parlé, par exemple, du traitement intense, voire odieux, qu’il faisait subir à ses acteurs (et plus spécialement ses actrices, n’est-ce pas Björk ?), ainsi que de ses déclarations mégalomanes (« Je suis le meilleure réalisateur du monde ») ou provocatrices, comme en mai dernier à Cannes.

Car les déclarations de Lars Von Trier n’étaient en effet pas du tout antisémites, mais simplement provocatrices et maladroites, suite à une situation l’ayant mis mal à l’aise.
Comme le dit si bien notre très cher Christophe Goffette dans l’ultime numéro de Brazil : « Les gens ne savent pas de qui on parle, la plupart ne connaissent pas ses films, encore moins le bonhomme. Il y a juste 3 blaireaux qui s’offusquent parce que ce sont des offusqueurs sachant s’offusquer, et ça fait un effet boule-de-neige. Les médias, ces charognards des temps modernes, se chargent du reste… Et chargent la mule par la même occasion. ».

L’ancien rédacteur en chef de Brazil ne défendait pas uniquement Lars Von Trier dans son édito, mais bel et bien le cinéma dans son ensemble. La couverture du magazine (avec la photo de Lars Von Trier, justement !) est d’ailleurs totalement évocatrice : « Parlons cinéma ».
C’est bien beau en effet de casser du sucre sur le dos de ce pauvre Lars Von Trier sous prétexte qu’il a dit une connerie durant une conférence de presse cannoise, mais son film dans tout ça, est-ce que tous ceux qui le critiquent l’ont au moins vu ? Je n’en suis pas du tout sûr.

Plutôt que se concentrer sur les palabres dérisoires du metteur en scène danois, ils feraient mieux de s’intéresser à son œuvre, à ses films, et particulièrement à ce « Melancholia » qui, personnellement, m’a grandement ébloui les mirettes !

Dès la séquence d’entrée le ton est donné : des scènes filmées au ralenti sur une merveilleuse musique de Wagner jusqu’à la destruction inévitable. Une des plus belles introductions qu’il m’ait été donné de voir dans ma jeune « carrière » de cinéphile.
Durant la dernière quinzaine cannoise (si l’on fait abstraction des élucubrations susnommées), on a souvent décrit Terrence Malick comme étant le principal héritier du maître Kubrick. Mais, face aux images apocalyptiques et époustouflantes de « Melancholia », on est tout de même en droit de se dire que le dernier réalisé palmé n’est pas le seul à mériter ce titre, et que, quand il s’en donne les moyens, Lars Von Trier peut également s’enorgueillir d’être un grand « faiseur » d’image et un véritable visionnaire.

Certes, le réalisateur de « Dogville » est expressément plus névrosé et déprimant que Stanley Kubrick, mais en termes d’innovations, de défis, d’audace et de maîtrise, la comparaison mérite tout de même d’être soulignée.

Le seul véritable problème de Lars Von Trier à mes yeux (et que l’on retrouve d’ailleurs, encore une fois, dans ce film), c’est qu’il a souvent tendance à faire trop long, et donc à apporter une légère dose d’ennui au milieu de certains de ses films (« Breaking the waves », film intense et passionnant, est sans doute le meilleur exemple pour illustrer ceci).

Mais quand zieute les images fabuleuses et oniriques qui nous sont offertes, la direction d’acteur exceptionnelles (Lars Von Trier est sans nul doute l’homme qui dirige le mieux les femmes et qui leur offre les plus beaux rôles), et sa mise en scène extrêmement sombre et inquiétante, on ne peut que lui pardonner ces petits moments d’ennuis qui sont finalement si vite oubliés !

Tony

 

Publicités

À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

4 réponses à “Melancholia (5/5)

  1. coco_cruz

    Au final tu parles pas beaucoup du film j’ai l’impression. ON ne comprend pas vraiment pourquoi tu accordes ce 5/5, qui je crois est une première sur Bath-Art.

    • 1) le 5/5 n’est pas du tout une première sur Bathart puisque « Black Swan » de Darren Atonofsky l’avait obtenu auparavant.
      2) Pourquoi devoir toujours déblatérer sur un film alors que le cinéma, et en particulier celui de Lars Von Trier, demeure une expérience sensorielle !?

  2. coco_cruz

    mouuuuaiiiiiiiiiii…

  3. Pingback: Les Tops de Tony « Bath-Art

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 280 autres abonnés

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :