Live Report Festival du Cinéma Américain de Deauville

Vendredi 2 septembre

Vendredi, fin d’après-midi. Après 3h30 de route par une chaleur harassante, je me retrouve enfin au camping de La Vallée de Deauville.
Le temps de monter la tente (2 secondes d’après ce qui est marqué sur le papier) et de me doucher (la demisroussosite aigue n’est en effet pas très compatible avec les trajets en voiture !), et me voilà parti à l’assaut de Deauville pour aller chercher mes pass et découvrir un peu la ville sans nécessairement taper sur des bambous.
Il fait beau, très beau, trop beau : ça ne va pas durer, donc autant en profiter.
Je crapahute le long de la plage, surmonte les fameuses planches rendues mythiques par Claude Lelouch dans « Un homme et une femme », et je marche, je marche sans cesse attendant que demain arrive pour pouvoir entamer enfin les projections.
Le soir, je scrute une dernière fois la ville. Deauville : ses mœurs, son peuple…et son argent !
Bienvenue chez les snobs !

Samedi 3 septembre

Ça y est, voilà enfin le grand jour. Le Festival commence enfin pour moi et ce samedi s’annonce déjà, dès mon réveil, comme plutôt chargé.
9h, le premier documentaire de la semaine est diffusé. Il s’agit de « Bobby Fisher against the world », de Liz Garbus. Un doc sur la vie de celui qui est considéré par beaucoup comme le meilleur joueur d’échec de l’histoire, malgré ses nombreuses frasques et son règne relativement court. Le film est sympa, assez drôle, mais il a un côté un peu télé, sans doute dû au label HBO !
Après avoir glandé pendant quelques temps, je me dirige vers l’un des grands moments de cette semaine américaine : la Conversation avec Francis Ford Coppola à l’Auditorium Lexington à 12h45.
J’ai pris les devant et me suis bien placé dans la file ce qui me permet d’entrer sans encombre.
Le moment est plaisant, et Coppola est physiquement impressionnant (de par sa carrure et son aura), mais je n’ai pas véritablement le sentiment d’avoir appris beaucoup de choses… (Voir la conversation entière ici)
Je continue sur ma lancée avec un nouveau moment de glande assez conséquent. Je me pose à la terrasse du CID et en profite pour 1) Finir mon Charlie Hebdo, 2) Guetter ce qu’il y a de bon à manger dans le coin, 3) Apercevoir Nicolas Winding Refn et Christopher Mintz-Plasse durant leurs photo-call respectifs.
Vient ensuite pour moi un des plus gros marathons de toute la semaine. Pour des raisons temporelles je ne peux prendre le temps de manger convenablement ce soir-là car il y a 3 films qui m’attendent. J’achète donc un régime de bananes qui apaisera la faim !
18 h : « Return », de Liza Johnson, avec Linda Cardellini et Michael Shannon. Un film plutôt moyen sur une jeune femme confrontée à son ancienne vie après son retour d’Irak.
21h : « Drive », de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gosling et la belle Carey Mulligan. Prix de la Mise en Scène au dernier Festival de Cannes, le nouveau film de NWR est ici présenté en avant-première, et, autant vous le dire, il mérite AMPLEMENT l’heure et demie que j’ai eu à attendre devant la salle. Un nouveau coup de maître du réalisateur danois qui signe la première grosse claque de cette semaine deauvillaise et l’un des meilleurs films de cette année 2011.
23h : A peine remis de mes émotions, je me retrouve déjà dans la queue pour aller voir « Take Shelter », un autre film très attendu, lauréat du Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes. Malheureusement, le film de Jeff Nichols avec Michael Shannon (encore lui) et Jessica Chastain, est loin de susciter les mêmes éloges que le film précédent. Les acteurs sont tous très impressionnants (Shannon, of course, l’un des meilleurs acteurs américains à l’heure actuelle, mais aussi la jeune Tova Stewart, totalement lunaire et so cute !) mais le film demeure un peu vain, et la métaphore assez lourde.
Heureusement qu’il me restait des bananes…!

Dimanche 4 septembre

On repart de plus belles ce dimanche matin avec à 9h, la projection d’un documentaire dont j’attends énormément : « Corman’s World : Exploits of a Hollywood rebel », d’Alex Stapleton, sur l’œuvre du pape de la série B, Roger Corman. Le doc est d’ailleurs à l’image de son sujet : drôle et délirant. Et on se régale des nombreux extraits et des prestigieux intervenants qui peuplent le film. A voir absolument !

Se passe ensuite un grand creux avant d’aller faire la queue (1h avant, salle du CID oblige !) à 15h pour « Another Happy Day », le premier film de Sam Levinson (fils de Barry Levinson, réalisateur de « Rain Man » et « Good Morning Vietnam », entre autres), avec Ellen Barkin, Kate Bosworth (toutes deux présentes avec un Levinson particulièrement ému durant son speach), Demi Moore , Ezra Miller et le vétéran George Kennedy. Et quel premier film ! Mon coup de cœur de la semaine ! Un film captivant sur l’ironie mordante et cruelle de la vie ; un film particulièrement triste qui s’avère pourtant d’une drôlerie incisive grâce à des dialogues piquants et des comédiens sensationnels (Ellen Barkin, toujours aussi pétillante et sublime à bientôt 60 ans !).
La salle a d’ailleurs offerte au film la première Standing Ovation de la semaine. Même Bill Murray, assis non loin de moi, semblait conquis !
Le temps s’étale encore une fois, et je m’apprête à affronter à 21h une comédie qui s’annonce bien grasse, présentée en avant-première, « Echange Standard », de David Dobkin avec Ryan Reynolds et Jason Bateman.
Personne n’attendait rien de se film, et pourtant il s’est révélé être la plus grosse barre de rire du Festival. L’humour y est (comme je l’avais imaginé) bien gras et peu subtile, mais, franchement, qu’est-ce qu’on se marre !! C’est stupide, bête, parfois méchant et cruel, mais c’est totalement tordant. Je vous le conseille grandement en ces temps difficiles !!!

Lundi 5 septembre

Ce lundi, avec la nouvelle semaine qui commence, je me lance un défi : me réveiller à 3h30 pour aller voir un film de Blake Edwards dont je n’ai jamais entendu parler, “S.O.B.” (abréviation de « son of a bitch »). Le défi est de taille tant je manque de sommeil depuis de nombreuses semaines, mais je le relève avec brio !
Malheureusement, je remarque très vite que ce petit jeu aura été une grosse erreur. En effet, « S.O.B. » est un film particulièrement chiant qui a très mal vieilli et qui semble n’avoir pour intérêt que son médecin excentrique et la scène des « boobies » de Julie Andrews (la femme de Blake Edwards).
Je passe le reste de la matinée à me lamenter dans ma voiture sur mon mauvais choix tactique matinal, en attendant que sonne 11h pour me rendre à la projection d’un film que je veux voir depuis une éternité, « Happiness » de Todd Solondz.
Le film, sorti en 1998 et projeté dans le cadre de l’hommage au metteur en scène susnommé, est un véritable joyau d’humour macabre, et sans nul doute le meilleur film de son auteur. Il n’hésite pas à traiter de front des sujets totalement tabous tels la pédophilie et la sexualité en général dans des scènes fabuleuses qui mettent le spectateur dans une situation légèrement (ou totalement, c’est selon !) inconfortable. Une totale réussite.
Puisqu’on est dans la série des hommages, je me décide à me réconcilier avec Blake Edwards en allant voir un de ses classiques « La panthère rose », sorti en 1963, avec l’immense Peter Sellers et David Niven. La première partie du film est un peu lourde et lassante, mais la seconde est une merveille de timing burlesque.
Pas le temps de me reposer à la sortie de la salle, je me rends directement vers le CID pour ma dernière projection du jour : « Le projet Nim », un documentaire de James Marsh sur des scientifiques qui ont fait l’expérience d’élever des chimpanzés comme des enfants en tachant de leur apprendre à lire et à parler le langage des signes. Le film est assez drôle et léger, mais le côté trop télévisuel des productions HBO est un peu lassant.
La journée se termine tôt aujourd’hui, je vais enfin pouvoir récupérer un peu.

Mardi 6 septembre

Grasse mat’ aujourd’hui : levé à 8h45 ! (oui c’est une grasse mat’ de camping quoi !).
Après m’être replongé dans la lecture du « Journal d’un vieux dégueulasse » de Bukowski et pris mon temps pour manger, je me dirige à 14h vers le premier hommage au cinéma muet de la semaine, « Le voleur de Bagdad » (1924), de Raoul Walsh mais écrit , produit et interprété par Douglas Fairbanks (il faisait même ses propres cascades !). Ce dernier en fait des tonnes pendant 2h30, mais ça fonctionne tout de même à merveille. Le film est féérique et d’une puissante saisissante pour son âge. A noter que les décors sont les plus grands ayant jamais été construit pour un film (plus de 3 hectares !).
Le temps de remettre le nez dans mon bouquin, me revoilà dans une file d’attente. Je reviens cette fois-ci aux films en compétition avec « Yelling to the sky », de Victoria Mahoney, avec Zoe Kravitz (la fille que qui vous savez !), Gabourey Sidibe et Jason Clarke (l’homme le plus présent de ce 37ème festival avec 2 films en compétition et une série en avant première !). Le film nous narre l’histoire d’une jeune fille qui, de déception en déception, va faire basculer totalement sa vie pour sombrer dans la délinquance. L’œuvre est touchante et les comédiens particulièrement impressionnants. L’un des meilleurs films de la compétition.
Rien d’intéressant ensuite du côté de la compétition pour la journée, je me tourne donc à nouveau vers les hommages avec cette fois-ci Shirley MacLaine en vedette.
J’entame la nuit (oui il est déjà 22h30) avec « La Rumeur », un drame de William Wyler avec MacLaine et Audrey Hepburn sur deux enseignantes accusée d’homosexualité par une de leurs élèves. Le film est captivant et n’opte pas pour le happy-end final, ce qui est particulièrement plaisant dans ce type de production hollywoodienne. Une bonne surprise.
Puis, à 00h30, re-visionnage d’un classique de Billy Wilder, « La garçonnière » avec toujours Maclaine et le gargantuesque Jack Lemmon. Nul besoin de revenir dessus, si ce n’est juste rappeler qu’il s’agit d’une des meilleures comédies américaines et qu’il conclut parfaitement cette (nouvelle) journée pluvieuse !

Mercredi 7 septembre

Encore une nuit un peu courte en ce mercredi (4h30) puisque ce matin il y a la projection d’un doc que j’attends tout particulièrement « The Black Power Mixtape 1967-1975 », réalisé à partir d’archives filmées par des réalisateurs suédois dans les 70’s… Hélas, le film est une très grosse déception. Il est particulièrement frustrant car on a le vague sentiment de n’avoir qu’une partie de l’histoire et de surcroit une vision trop « suédoise » et donc restreinte pour le reste du monde. Dommage, car c’est un sujet passionnant…
N’ayant pas grand chose à faire avant la séance de 14h en compétition, je me dirige vers une nouvelle séance muette avec la projection d’un classique indémodable, « Le Kid », de Chaplin… Quel dommage qu’il y eut une casse-couille dans la salle qui riait un peu trop pour être honnête !
Enfin pour clôturer la journée, j’assiste à la présentation du film « Terri » d’Azazel Jacobs avec John C. Reilly et le jeune Jacob Wysocki. Le film n’est pas déplaisant, mais il est un peu vain et on peine à comprendre pleinement les intentions de l’auteur. Mais les acteurs sont formidables de Reilly (sûrement l’acteur le plus polyvalent d’Hollywood !) à Wysocki en passant par la jeune Olivia Crocicchia qui illumine tout le film de sa beauté.
Voilà une journée moyenne qui se termine de bonne heure. Demain, une grosse journée m’attend, donc ce soir, c’est repos !

Jeudi 8 septembre

Voilà enfin LA grosse journée de ce 37ème Festival de Deauville. Certes elle ne commence pas de bonne heure (mon dieu que ça fait du bien de dormir !), mais elle se finit tard !
Mon premier film de la journée est « Trust » à 15h, réalisé par l’ancien acteur de « Friends » David Schwimmer, avec Catherine Keener, Clive Owen et la très jeune et très talentueuse Liana Liberato. Malgré les antécédents du réalisateur, ce film n’est pas du tout une comédie mais bel et bien un film grave avec un thème très fort : le viol et la pédophilie. Le sujet tient à cœur à David Schwimmer et on le voit bien : son film est totalement réussi !
Après ce réjouissant passage vers la compétition je me dirige vers l’avant-première du nouveau film de Robert Redford (qui n’a pas daigné faire le déplacement jusqu’en Normandie), « The Conspirator », avec James McAvoy et Robin Wright Penn. L’histoire du film se situe au moment de l’assassinat d’Abraham Lincoln et du « besoin » de justice (ou de vengeance) qui l’a suivi. Le principe du film est très classique et très simple (on ne peut s’empêcher de faire quelques rapprochements avec « Vers sa destinée » de John Ford), mais l’ensemble fonctionne bien, et on passe un moment agréable.
A peine sorti je reprends la file pour entamer un périple en compagnie de Todd Solondz qui va durer jusqu’à 5h le lendemain matin !
J’entame les « hostilités » à 22h30 avec le deuxième long métrage de l’homme du New Jersey, « Bienvenue dans l’âge ingrat » (1995). Un film qui définit déjà parfaitement le style de Solondz : cruel, drôle, cru, sarcastique et quasi unique. L’histoire d’une petite fille moche et mal aimée qui découvre la cruauté de la vie. Peut-être son film le plus attrayant.
On poursuit à minuit avec « Storytelling » son 4ème long métrage (après « Happiness » que j’ai pu voir lundi). Un film découpé en deux parties, très brouillon et qui s’avère au final très peu intéressant. Son plus mauvais film sans aucun doute.
Je ne me laisse pas abattre pour autant et enchaine de suite avec « Palindromes » son 5ème film. Une œuvre qui bénéficie d’une idée géniale (plusieurs actrices interprètent le personnage en fonction des segments) mais cela ne suffit pas à en faire un film vraiment solide.
Je commence à avoir des doutes sur le soi-disant talent de Solondz mais je reste tout de même pour le dernier film de la nuit, « Life during wartime », qui est en fait une pseudo-suite de « Happiness » mais, outre le fait que les personnages aient évolué dans le temps, les acteurs ont également été changés (Philip Seymour Hoffman a par exemple été remplacé par…un acteur noir !). Le film est assez ironique, mais beaucoup moins mordant que ne l’était « Happiness »… Mais bon, au moins Solondz remonte la pente et c’est déjà pas mal !
Pour ma part je remonte également la pente mais simplement pour retourner jusqu’à ma voiture. Malgré une qualité d’œuvres mitigées, je reste tout de même très satisfait de cette expérience nocturne. Quel plaisir de pouvoir suivre un réalisateur et son évolution dans une parfaite continuité (surtout un cinéaste comme Solondz qui établit des connections entre tous ses films). Cela restera comme un des meilleurs moments de cette semaine !

Vendredi 9 septembre

La nuit ayant fini tard (ou le matin commencé tôt, je ne sais plus), la journée de vendredi s’en est trouvé chamboulée. N’étant pas attirer par ce que l’on me proposait en compétition, je décide de me refaire deux classiques dans l’après-midi.
D’abord « Le grand sommeil » (1946) à 16h30 d’Howard Hawks avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall (LE couple mythique) d’après un roman de Chandler (adapté entre autre par Faulkner). J’avais déjà vu le film mais il ne m’avait pas énormément plu (la VF des chaines hertziennes y est sûrement pour quelque chose !). Cette fois-ci ce fut un vrai plaisir de suivre les aventures du détective Marlowe. A noter également qu’il ne faut du tout chercher à comprendre l’histoire puisque ni Hawks, ni Faulkner ni Chandler himself ne la comprenait vraiment entièrement !
Puis à 18h30 je me remets corps et âme au film le plus drôle de toute la semaine : « La Party » de Blake Edwards (1968). Chef d’œuvre d’humour burlesque qui a fait travailler sans cesse les abdos d’une salle malheureusement trop peu remplie…
Plus motivé que jamais après la vision de ce monument comique, je me place dans la queue pour aller voir le nouveau film de Todd Solondz (promis, c’est le dernier !) : « Dark Horse ».
Contrairement à la nuit dernière, la salle est ici remplie (le mot « avant-première » attire les gens comme des mouches !). Jonathan Lambert s’installe juste à côté de moi : cette séance sera étrange, je le sais d’avance…
Et j’ai d’ailleurs raison : cette séance est étrange tout simplement parce que le film de Solondz est étrange ! Extrêmement drôle et ironique dans sa première partie, le film tombe ensuite dans une sorte de métaphysique un peu agaçante qui nous gâche un peu le plaisir. Mais cette fois-ci, j’en suis certain : Todd Solondz s’est replacé sur les bons rails et j’attends désormais son prochain opus avec impatience !!

Enfin je termine la soirée par un film projeté en compétition, « Detachment », de Tony Kaye (le réalisateur de « American History X ») avec Adrien Brody et Christina Hendricks. Un film extrêmement fort sur l’éducation et le système américain en général, porté par un Adrien Brody magistral (et un James Caan hilarant !). Le film qui a le plus ravit les spectateurs anonymes Deauvillais dont je fais partie…

Samedi 10 septembre

Ça y est, nous y voilà enfin : dernier jour à Deauville pour moi. Je plie bagage demain donc je dois absolument profité de cette dernière journée au mieux.
11h : projection du film qui a reçu le Prix Michel d’Ornano du Meilleure Premier Français, « 17 filles » de Delphine et Muriel Coulin (2 lorientaises). Inspiré d’un fait divers, le film nous narre l’histoire de 17 jeunes filles d’un même lycée qui décident de tomber enceinte en même temps afin de montrer qu’elles existent. Le film est gentillet, plutôt agréable, mais loin d’être littéralement bouleversant.
Nouvelle déception à 15h avec la projection en avant-première du nouveau film de Gus Van Sant (également présenté à Cannes), « Restless » avec Mia Wasikowska et Henry Hopper (fils de Dennis Hopper). Un film certes très poétique, voire même un peu angélique, mais qui s’avère au final totalement dénué d’émotion et qui m’a personnellement laissé un goût un peu fade dans la bouche (hormis cette scène hilarante où le jeune couple simule la mort de la jeune fille).
Décidément, cette journée s’annonce loin d’être mémorable. Seul un film a les moyens de tout faire remonter : « The Artist » qui sera diffusé ce soir !
En attendant, histoire de passer le temps et, qui sait, d’apprendre quelques trucs, je me rends à la leçon de scénario donnée par Roger Avary, réalisateur de « Killing Zoe » et des « Lois de l’attraction », mais surtout co-scénariste oscarisé de « Pulp Fiction » avec Quentin Tarantino.
On sent que le garçon est un passionné, mais il peine à rendre son speech intéressant (il avoue d’ailleurs lui-même qu’il n’est pas coutumier de ce genre d’intervention) et la séance est au final un peu longuette.
Voyant que tout cela traine en longueur, je m’éclipse après un énième extrait des « Lois de l’attraction » pour aller rejoindre (et oui déjà !) la file pour « The Artist ». J’ai retenu la leçon de « Drive » samedi et je ne suis pas mécontent de m’être pointé 2h avant pour le nouveau film de Michel Hazanavicius (la série des « OSS 117 » et, of course, « La classe américaine ») quand je vois la taille de la file derrière moi qui atteint des longueurs gargantuesques !
« The Artist », je n’en doutais pas tellement mais j’ai eu la confirmation en image, c’est l’un des films clés de cette année 2011. Maîtrisé de bout en bout par un réalisateur cinéphile et extrêmement talentueux, le film va sans conteste réaliser l’un des exploits de la décennie : faire venir la foule, le peuple, le public en salle pour voir un film totalement muet !!! Des centaines de réalisateurs et de cinéphiles en ont rêvé, Hazanavicius l’a fait !
Il faut dire qu’il est aidé dans sa tâche par son acteur fétiche, qui se trouve également être l’un des chouchous du public, Jean Dujardin. Ce dernier, à mi-chemin entre Douglas Fairbanks, William Powell et James Cagney, signe ici la performance de sa vie (très justement récompensée par un Prix d’Interprétation à Cannes !) entre burlesque et émotion ; entre rire et sentiment.
De quoi terminé cette semaine en beauté !…

Palmarès :

Grosse déception lorsque je découvre le palmarès à la sortie de « The Artist »…
« Take Shelter », à la surprise générale d’une grande partie des festivaliers, remporte le Grand Prix et ne laisse à « Detachment », qui était devenu l’immense favori de puis quelques jours, « que » le Prix de la Révélation Cartier et le Prix de la Critique. On aura au moins pu apprécier de voir l’excentrique Tony Kaye monter deux fois sur scène avec sa guitare fétiche.
Enfin, « The Dynamiter » de Matthew Gordon, film que je ne n’ai pas vu, à remporter le Prix du Jury… mais bon là, je n’ai rien à dire !
« Another Happy Day » et « Trust » repartent sans prix du Festival et ça, par contre, ça mérite que je ne reste pas silencieux !!

Tony

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À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

Publié dans Cinéma, Live Report, Tony

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Permalien 4 Commentaires

4 réponses à “Live Report Festival du Cinéma Américain de Deauville

  1. tibor kovacs

    et oui, deauville est meme dangereuse. au point de se faire casser la gueule pour avoir refuser de donner une clope alors que tu n’en as pas !! expérience d’une nuit d’août.

  2. Nico

    Super article monsieur, tu sembles avoir passer pas mal de temps dans les salles mais aussi dans ta voiture … ^^
    Ca donne un peu envie d’y aller quand même, un jour peut-être.
    Bonne continuation pour votre site 😉
    bisou bisou.

  3. escobar56

    Good job homie, super intéressant ! Putain t’en a becté des films pendant 8 jours c’est affolant

  4. Pingback: Les Tops de Tony « Bath-Art

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Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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