We need to talk about Kevin (2/5)

Réalisé par Lynne Ramsay
Ecrit par Lynne Ramsay et Rory Kinnear
Avec Tilda Swinton, Ezra Miller, John C. Reilly, Ursula Parker, …
1h52

Résumé : Eva a rencontré Franklin. Ils se sont aimés et très vite ils ont fait un enfant. Mais, dès la naissance du bébé (le fameux Kevin), la situation se complique. Les rapports entre la mère et le bébé (puis l’enfant, puis l’adolescent) sont extrêmement compliqués. Kevin est odieux, et Eva, par conséquent, perpétuellement dans le doute. Le film retrace en parallèle deux époques différentes : l’enfance de Kevin et l’époque de ses 16 ans où il a commis l’irréparable…

Mon Dieu, mon Dieu !!!!
Bathart a pris du retard depuis quelques temps, il va falloir trouver l’inspiration pour finir cette chronique sur le nouveau film de Lynne Ramsay, « We need to talk about Kevin »…

Tout d’abord, autant le dire dès maintenant, je ne connaissais pas vraiment Lynne Ramsay avant d’aller voir ce film…
Je connaissais son nom, ses récompenses (notamment les Prix du Jury remportés à Cannes par deux de ses courts-métrages), et surtout le fait que son nouveau long-métrage était le premier film présenté lors du dernier Festival de Cannes.
Et il est vrai qu’après avoir lu pitch de ce film, j’avais non seulement envie de le voir, mais également de creuser un peu plus la filmographie de la réalisatrice écossaise…

La première étape aura donc été d’aller voir « We need to talk about Kevin » lors de sa sortie en salles, mais malgré mes attentes, le film fut pour moi une assez grosse déception.
Dès les premières images, j’ai de suite senti que quelque chose n’allait pas fonctionner, et qu’en dépit de toutes les louanges que l’œuvre avait pu recevoir, ce film n’allait pas m’offrir l’intérêt escompté…

En (trop) déstructurant son récit dès les premières minutes, Lynne Ramsay perd une grande partie de son public (dont moi), et surtout, nous offre un spectacle assez lassant qui ne va finalement nulle part…

Elle a de son côté un atout majeur avec la présence de comédiens fantastiques (Tilda Swinton, une des meilleurs actrices au monde ; John C. Reilly l’un des acteurs les plus polyvalents du monde ; et Ezra Miller, un futur très grand), mais elle n’en profite pas, préférant s’occuper du découpage de son histoire, quitte à détruire purement et simplement le jeu de ses comédiens.

Je comprends sur certains points que ce film ait pu être apprécié par quelques personnes, mais pour ma part, ce type de film où le jeu des comédiens et la trame de l’histoire sont anéantis par une trop grande ambition non linéaire, cela ne m’intéresse pas vraiment…

Au final son film n’apporte pas grand chose au thème en question. Elle semble hésiter entre les différents « coupables » du fait tragique qui est survenu, que ceux-ci soient directement ou non liés au drame.
Est-ce Eva la fautive car elle ne voulait pas de cette enfant si tôt, et que ce dernier l’a senti ?
Est-ce Kevin parce qu’il est né démoniaque, et qu’il n’y avait rien à faire pour le mettre dans le droit chemin ?
Ou bien est-ce Franklin, personnage plus secondaire, père de Kevin, et qui n’a pas vu ce qui aurait du lui sauter aux yeux ?

Lynne Ramsay semble faire peser la culpabilité sur tout le monde et sur personne à la fois, et cela rend son film un peu vain et déroutant…
Dommage, car c’est un sujet qui aurait pu s’avérer passionnant…

Tony

 

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À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

5 réponses à “We need to talk about Kevin (2/5)

  1. Alix

    Film à voir ! Peut-être pas au cinéma mais derrière un bon écran, de la qualité pixellique et du bon son parce que ce film est marqué par des scènes très fortes du point du vue du son pour faire passer l’émotion !
    Je comprends qu’on aime pas, je l’ai vu avec ma mère et elle non plus n’a pas apprécié le découpage intempestif. Ca ne m’a pas marquée plus que ça, sauf à certain moment, où c’est vrai qu’on aimerait continuer dans l’action et on reste sur notre faim.
    Mais je trouve que c’est un film intéressant parce qu’il parle d’une manière moins facile de l’arrivée d’un enfant dans la famille qu »Un heureux évènement », qui sortait au m^me moment au ciné. (que je n’ai pas vu, mais on voit tout de suite à la bande annonce qu’on va pas du tout nous emmener vers les même questionnements).
    La scène de la mère plantant sa poussette au pied d’un marteau piqueur pour ressentir le silence et ne plus entendre son gamin brailler, au regard de tous les passants, est ce qui m’a séduite d’emblée !
    C’est un film d’amour très spécial en quelque sorte ^^ Et où la violence n’est pas gratuite dans le sens ou contrairement à des films comme « Funny games » où les gens se font tuer les uns après les autres sans raison, ici la violence de Kevin est expliquée, elle a un sens. Elle a une cible précise. Par exemple le petit hamster de sa soeur qui disparait on sait très bien qu’est-ce qu’il est devenu et qui l’a fait disparaître et ce n’est pas pour rien. Kevin n’est pas foncièrement bête et méchant. C’est sa manière à lui de montrer à sa mère que sa soeur n’a pas de place dans cette maison. Par contre je trouve l’action finale de Kévin comme beaucoup trop exagérée.
    Après on comprend pas tout (la scène de tomatina au dbt du film = goût du sang qu’elle aurait transmis à son fils comme on le voit à la fin ??) et surtout ça n’apporte pas trop de réponse. J’en attendais pas donc ça ne m’a pas gênée et je ne pense pas que ce soit le but que la réalisatrice s’est fixée. Mais plutot comment la mère est manipulé par son fils amoureux d’elle.
    Et j’ai vraiment trouvé ça intéressant que ca parle de cette relation ambiguë mère-fils et les ressentis non exprimés, la difficulté de se faire entendre en tant que parent face aux autres adultes.
    Et à retenir c’est très bien joué ! Que ce soit d’Eva à Kevin quand il est grand et petit, ils jouent tous superbement bien !
    Bref, il vous reste plus qu’a acheter le dvd !

    • Je comprends tes arguments, même si , tu l’auras compris, je ne les partage pas totalement.
      En revanche, il y a juste un point de commentaire sur lequel je voudrais revenir, sur « Funny Games » et sa violence que tu considère gratuite…
      A mes yeux, la violence dans « Funny Games » n’est pas du toute gratuite. Certes, un peu inexpliquée, mais finalement assez similaire à la violence que l’on va trouver dans notre vie de tous les jours…
      Le but de lu film de Michael Haneke n’est pas, à mon sens, d’expliquer la violence, mais plutôt de nous confronter à elle, de nous forcer à la regarder et à savoir qu’elle existe sous plusieurs formes, dont celle qu’il nous présente à l’écran…
      La violence du film n’est donc à mes yeux pas du tout gratuite, elle sert simplement à critiquer, à remettre en cause la violence de notre société actuelle.
      C’est ce qu’avait essayé de faire Stanley Kubrick avec son « Orange Mécanique », mais il avait été très mal compris à l’époque. Et c’est ce qu’essaye de faire Haneke si tu scrutes l’ensemble de son oeuvre qui tourne assez sensiblement autour de ce thème…

  2. Alix

    Je n’ai pas regardé grand chose de Haneke, juste un cochon se faire électrocuter (extrait de je ne sais pas quel film) et ce film  » Funny games  » et la violence omniprésente dans ces deux réalisations me rebute tout de suite. Du coup je n’ai pas cherché à comprendre s’il dénoncait qqch ou quoi. Dans Orange mécanique ca se comprends dj bcp plus facilement je trouve, on comprend le moteur de cette violence.
    J’appelle gratuit dans le sens ou je ne comprends pas d’ou vient et pq, envers qui s’exprime cette violence, jlavais pas vu chez haneke. Ca m’intéresse du coup de comprendre ca chez lui, mais jvais avoir beaucoup de mal à m’y mettre en regardant ses films. Il aurait pas pu écrire des bouquins ? ^^

    • Le probleme des films d’haneke c’est qu’ils sont comme lui : glacials et impassibles… Et donc forcement il est parfois assez difficile de comprendre ses intentions et son discours…
      Je ne connais pas tres bien son oeuvre je dois l’avouer (j’ai du voir seulement 4 ou 5 film de lui…) mais c’est un cineaste assez interessant je trouve…
      Mais honnetement, je ne sais pas si il a ecrit des livres, mais si c’etait le cas, je ne suis pas sur que j’aurais envie de les lire !!!

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Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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