Shame – 4,5/5

Réalisé par Steve McQueen
Scénario d’Abi Morgan et Steve McQueen
Avec Michael Fassbender, Carey Mulligan, James Badge Dale…
1h39.

Résumé : Brandon, trentenaire habitant New-York, est incapable de gérer sa vie sexuelle. Alors que son imprévisible jeune soeur emménage dans son appartement, l’univers de Brandon devient carrément hors de contrôle.


« La liberté dont nous jouissons aujourd’hui peut, parfois, se transformer en prison« . Steve McQueen.

Trois ans après la sortie de Hunger, film pour lequel il a reçu la caméra d’or au Festival de Cannes en 2008, le réalisateur anglais Steve McQueen nous revient avec son second long métrage : Shame.
Le film s’ouvre sur un homme que l’on devine nu, recouvert d’un drap bleu, froid. Cet homme c’est Brandon (Michael Fassbender). La trentaine, New Yorkais, il est accro au sexe. Se masturbant à longueur de journée, il explore le plaisir sous toutes ses formes. De la prostituée du soir à un ordinateur de bureau rempli d’images de toutes sortes. Brandon ne nous apparait jamais heureux, mais toujours comblé. Il a un bel appartement, impersonnel, dans un building. Un travail prenant dont on ne connaitra jamais la nature réelle. Son personnage nous fait penser à une version 2011 de Patrick Bateman (American Psycho). Il sort le soir, costume impeccable. Plait aux filles sans trop d’efforts.

Alors qu’il rentre chez lui un soir, sa soeur débarque. Jouée par une excellente Carey Mulligan, Sissy, petite chanteuse excentrique jusque dans ses chapeaux va venir troubler le quotidien cliniquement organisé de Brandon. Fille seule, rongée par ses problèmes de coeur elle fait ressortir chez le personnage principal ses excès. Leurs problèmes s’entrechoquent, ils s’enfoncent à deux. Leur relation est chaotique, violente.
Troublé et désespéré par cette réalité nouvelle, c’est pendant la période où il vit avec cette envahissante soeur que Brandon va tenter une relation plus « stable » avec une collègue. L’invitant au restaurant, on sent le personnage gêné, froid, mal à l’aise face à la femme qu’il convoite. On s’apercevra par la suite que ce sera un échec, son seul échec.
Il est mis face à la réalité, rappelé par les liens du sang qu’il dénigre. Son addiction devient maladive.

Comme dans Hunger, McQueen pousse son acteur fétiche jusque dans ses derniers retranchements, à la fois physiques et mentaux. Séducteur à la face sombre, violent, attirant. Fassbender, mis à nu, au propre comme au figuré, livre une nouvelle fois une composition parfaite dans un rôle qui lui scie à merveille. Froid mais touchant. Sa chute nous attriste, nous fait souffrir. Le sexe comme désespoir, jusque dans ses formes les plus extrêmes.

Le rythme est lent, mais paradoxalement la pression est constante. L’esthétique est sublime, et les musiques d’Harry Escott habillent le film à la perfection. Steve McQueen est le grand réalisateur d’aujourd’hui mais surtout de demain. Fassbender confirme, lui, tout le talent déjà vu dans Hunger (il avait perdu 14 kilos pour ce film). On retrouvera d’ailleurs le nouveau duo phare du cinéma en 2013 dans Twelve Years a Slave. Avec hâte.


Simon Pereira

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À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

13 réponses à “Shame – 4,5/5

  1. Coco_Cruz

    Steve McQueen c’est un homonyme pas évident à porter.

  2. La famille Bathart s’agrandit : y’a bon Banania !!!
    J’ai vraiment hyper hâte de voir ce film : verdict dimanche soir !!!

    1/2 roussos

  3. Johny got his warm gun

    Il est mieux que Bullit alors

  4. escobar56

    Très bon papier Simon, c’est franchement bien écrit et ça change des chroniques ciné habituelles je trouve (je ne parle pas forcément de celles de Bath Art hein :p)

  5. Bon ça y est, je l’ai enfin vu ! Et bon ben, c’est très très grand !!! Que dire de plus !!…

  6. escobar56

    Damn, faut que j’aille voir ce potentiel top ten ! Sinon pour le Polanski, c’est ici que ça se passe : http://bit.ly/sAUt0D

  7. escobar56

    Bon bah j’en sors, grosse grosse déception pour ma part…

  8. escobar56

    Je sais pas trop en fait, j’crois vraiment que j’ai trouvé ça chiant… Le truc commence à devenir un peu mieux à partir du moment où il invite sa collègue au resto, le rythme monte peu à peu mais même, c’est loin d’être transcendant quoi. J’vois pas trop où McQueen veut en venir, il montre un gros paumé de la vie acco au sexe, sa soeur débarque, il fait la gueule non stop, voila. Après il déprime, il pète son câble et finit par se calmer. Nan, bref, j’y ai pas trouvé beaucoup d’intérêt. Pétard mouillé pour moi.

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Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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