Hugo Cabret (4/5)

Réalisé par Martin Scorsese
Ecrit par John Logan
Avec : Asa Butterfield, Chloë Moretz, Ben Kingsley, Sacha Baron Cohen, Christopher Lee, …
2h07

Résumé : Paris, 1931. Hugo Cabret est un orphelin de douze ans dont le père, horloger, vient de mourir. Alors qu’il vit à Paris, dans la gare Montparnasse, le jeune garçon tente de réparer l’automate que son père avait cherché à restaurer avant sa mort. Mais sa rencontre avec un mystérieux vendeur de jouets et sa nièce va venir bouleverser sa vie…

Ça y est, c’est Noël ! Le sapin a les boules car les bigotes l’enguirlande, les ruelles sont aussi illuminées que les ouailles et nos chaussettes en laine pendouillent au dessus de la cheminée.
Fort heureusement, il y a d’autres choses à faire que guetter l’âtre dans l’espoir de voir y surgir un ermite obèse et mégalo. Aller au cinéma en est d’ailleurs l’une des meilleures alternatives !

Martin Scorsese, réalisateur des chefs d’œuvre sur la mafia que sont « Les affranchis », « Mean Street » ou bien encore « Casino », l’homme qui stylise l’extrême violence depuis près de 40 ans, signe en effet cette année un magnifique film de Noël (expression un peu grossière, mais elle correspond tout de même plutôt bien) et surtout un merveilleux hommage au 7ème art, et en particulier au cinéma muet.

Tous ceux qui connaissent la mitraillette verbale de Little Italy savent également qu’outre ses talents de metteur en scène, l’homme est aussi un cinéphile de premier ordre, capable de retrouver le nom du monteur dans un film hongrois des années 20 !
Je ne saurais d’ailleurs que trop vous conseiller son « Voyage à travers le cinéma américain », un magnifique documentaire de près de 4 heures sur les films qu’ils vénèrent depuis les balbutiements du cinéma jusqu’en 1967, année de sortie de son premier long métrage (« Who’s that knocking at my door »).

Son « Hugo Cabret » est d’ailleurs autant un conte de Noël qu’un film hommage au cinéma.
En ce sens, on pourrait presque dire que Scorsese invente un nouveau sous-genre : le conte pour enfants cinéphilique !

Quand on a appris que Scorsese allait adapter le roman de Brian Selznick, beaucoup ont sauté au plafond, s’étonnant au plus haut point que le gourou du film mafieux puisse choisir de nous raconter un conte de Noël.
Il n’y a pourtant rien d’étonnant dans ce choix puisqu’il s’appuie avant tout sur l’amour que Scorsese porte au 7ème art, et sur la possibilité qui lui était donnée de pouvoir faire découvrir le génie de Georges Méliès (qu’il adore) à un public très large et majoritairement composé d’enfants.

Mais ne nous y trompons pas : comme je le disais plus haut, « Hugo Cabret » n’est pas qu’un film pour enfant, mais plutôt un film fait pour tous ceux qui aiment le cinéma, il n’est donc en rien destiné uniquement à un public jeune.

Ça ne fera pas de mal aux parents d’accompagner leurs enfants dans la salle pour redécouvrir ce merveilleux illusionniste (« Le réalisateur illusionniste » est d’ailleurs un des chapitres du documentaire précédemment cité) qu’était Georges Méliès, magicien de son métier qui a été littéralement absorbé par le cinéma dans tous les sens du terme.

Mais il n’y a pas qu’au réalisateur de « Voyage sur la lune » que Scorsese rend hommage. On trouve également de nombreux clins d’œil et hommages aux films de Griffith, Porter, Keaton, Chaplin, Lloyd et de tant d’autres.
Il est d’ailleurs amusant de noter que pour rendre hommage aux premières heures du cinéma, le réalisateur américain utilise la 3-D, un procédé certes pas si nouveau qu’on le croit, mais qui, depuis « Avatar » est devenu symbole de modernité dans les salles obscures.
Et même si la 3-D n’est encore une fois ici qu’un gadget, au moins, pour une fois, elle est réussie, et on ne va pas s’en plaindre.

Ne fuyez donc pas les séances de « Hugo Cabret » sous prétexte de faire valoir votre virilité et de prôner une pseudo maturité dans vos choix, osez redécouvrir le cinéma et ses créateurs, osez le nouveau film de Martin Scorsese, vous ne serez pas déçus !

Tony

 

Et pour ceux qui veulent découvrir le génie de Georges Méliès :

Publicités

À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

4 réponses à “Hugo Cabret (4/5)

  1. johnny got his warm gun

    Je te suis mon bon Tony, superbe déclaration d’amour pour notre art chéri

  2. johnny got his warm gun

    Quand tu te dis qu’à son age et après sa carrière de dingue, il arrive à garder sa fraicheur pour faire un conte de noel pour enfants et rendre un hommage aussi pur au cinéma. C’est beau

  3. Pingback: Les Tops de Tony « Bath-Art

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 280 autres abonnés

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :