Les Tops 10 de Brice

Brice est étudiant, et prépare actuellement les concours pour l’IRA (aucun jeu de mots n’est nécessaire, je vous laisse imaginer) Chez Bath-Art, vous l’avez probablement déjà lu, par le biais des chroniques de Scott Pilgrim et de L’ordre et la morale. Pour nous, et un peu pour vous je ne vous le cache pas, il a accepté de relever le défi de faire des listes. Cinéma, musique, lives, il nous dit tout le bien qu’il a ressenti de cette année culturelle.


Cinéma


1 : L’Ordre et la Morale – Mathieu Kassovitz

Kasso nous revient de son excursion Hollywoodienne en grande forme et en profite pour secouer le cocotier du cinéma français avec ce film aussi virtuose dans la forme qu’enragé dans le fond. Peine perdue, nous on préfère les comédies. 

 

2 : Deep End – Jerzy Skolimovski

Le film date de 1970 et est une ressortie mais il était quasiment invisible depuis, ce qui justifie sa place dans ce top. Teen-movie séminal, aérien et insaisissable, une merveille légère comme une bulle de champagne.

 

3 : Drive – Nicolas Winding-Refn

Le film de la consécration pour le prodige danois et l’ami Gosling. Un pur objet de mise en scène dont le stylisme total renvoie aux grandes heures de William Friedkin et Michael Mann.  Les fans de Refn (moi en tout cas) regretteront juste que cette épure jusqu’au-boutiste étouffe le propos et les personnages,  choix qui empêche le film de se hisser à la hauteur de Pusher 2, Bleeder ou Bronson.

 

4 : L’Exercice de L’Etat – Pierre Schoeller

Appuyé par des acteurs parfaits, Schoeller réalise l’œuvre ultime sur la condition politique moderne. Où quand des humains drogués au pouvoir et aux responsabilités se retrouvent confrontés à la démission étatique. L’Etat comme coquille vide, ne reste plus que la gesticulation et la communication frénétique pour exister.  Un film d’utilité publique.

 

5 : La Planète des Singes : les Origines – Rupert Wyatt

Blockbuster de 2011 sans aucun débat possible. Wyatt signe une préquelle centré sur ses singes où l’action laisse le pas à l’émotion. Mention spéciale à Andy Serkis qui signe l’interprétation de l’année en jouant César, primate aussi attachant qu’angoissant.

 


6 : Balada Triste de Trompeta – Alex De La Iglesia

Avec ce brûlot à la liberté insensée, le génie espagnol signe son œuvre la plus personnelle. Un film complètement fou, où les déchirements d’une femme quant à son amour pour un clown triste convoquent les fantômes de la guerre civile espagnole. Où comment mobiliser Hannah Arendt dans un canevas de pur film de genre. Conclusion, L’Espagne est une belle salope.

 

7 : Habemus Papam – Nanni Moretti

Une œuvre profonde sur la foi, l’individualité et la condition humaine qui n’en oublie pas d’être légère et souvent drôle. Bien épaulé par un formidable Michel Piccoli, Moretti continue de mener sa barque dans une filmographie irréprochable.

 

8 : Hugo Cabret – Martin Scorsese

Une déclaration d’amour au cinéma à la pureté bouleversante qui évite toutes les scories du conte de Noël pour enfants. Pas de doute, tonton Marty peut en remontrer à tout les jeunes loups du cinéma mondial.

 

9 : Detective Dee – Tsui Hark

Un peu à la manière d’un Scorsese, la légende vivante Tsui hark n’en finit plus de surprendre son public. Sa dernière œuvre fleure bon le délicat parfum des sérials. Un film en forme de rollercoaster visuel et scénaristique à la générosité bluffante. Merci les vieux.

 

10 : J’ai rencontré le diable – Kim Jee-woon

Une œuvre radicale, à la noirceur minérale, qui ne conviendra pas à tout le monde. Malheureusement, comme dans tous les films de Kim Jee-woon, l’argument de base (ici, faire le film de vengeance ultime) finit par vampiriser le film et empêche l’œuvre d’exister en dehors de son canevas. Un peu comme Drive, en somme.

 

Mention spéciale

Black Swan – Darren Aronofsky

Le film est bourré d’effets de mise en scène vus et revus cent fois pour les amoureux du cinéma de genre et est un pompage total de Perfect Blue du regretté Satoshi Kon . Mais le climax est simplement le plus grand moment de cinéma de l’année, une demi-heure en apesanteur.


Musique

1 : The Antlers « Burst Apart »

Le deuxième album des trois New-Yorkais est pour beaucoup une déception. Le successeur de l’acclamé Hospice est pour ma part splendide, une oeuvre lumineuse où la tristesse infinie de l’essai inaugural laisse la place à une mélancolie sourde, qui parle à l’intime. Chef- d’œuvre.

 


2 : James Blake
“James Blake”, “Enough Tunder”,” Love What Happened Here”

L’année du très attendu premier LP s’annonçait comme charnière pour James Blake. Entre des concerts en séries, un album révolutionnaire et deux EP impeccables, le stakhanoviste du clavier a répondu à toutes les attentes placées en lui et posé les jalons de la musique du futur. L’avenir est sien.

 

3 : Panda Bear « Tomboy »

Une année musicale sans Animal Collective n’étant pas vraiment une année, Noah Lennox s’est chargé d’administrer aux junkies en manque leur dose annuelle de musique hallucinée et shootée aux psychotropes. Un poil en dessous de Person Pitch et des derniers efforts du groupe, mais un ride autre et  tellement supérieur à la came habituelle.

 

 

4 : Girls « Father, Son, Holy Ghost »

Ultra-attendu par la planète indie, le deuxième album de Girls fait des merveilles. Porté par le timbre bouleversant de Christopher Owens, « Father, Son, Holy Ghost » ne s’embarasse pas d’esbrouffe et frappe en plein cœur  par une sincérité désarmante. Mention spéciale à Vomit, chanson de l’année.

 


5 : Metronomy « The English Rivieira »

Pas loin d’être l’oeuvre pop parfaite à deux-trois morceaux un peu fadasses près (Trouble, Loving Arm, Some Written ). Mais bon, The Look quoi…

 

 

6 : EMA « Past Life Martyred Saints »

Une œuvre inégale, faite de hauts et de bas. Mais pour le coup les hauts vont très très hauts, à la manière de Marked ou de ce doigt d’honneur tétanisant qu’est California. Uns certaine conception de la musique, à des années-lumières du bidon de lessive Lana Del Rey si vous voyez ce que je veux dire.

 

7 : Lykke Li « Wounded Rhymes »

C’est dommage, le meilleur morceau de l’album est un remix de The Magician (I Follow Rivers). Si les autres chansons n’atteignent pas ces sommets, ça reste foutrement efficace. On Like Li.

 

 

8 : Timber Timbre « Creep on Creepin’ on »

Un folk sans les défauts du folk (ouai Bon Iver c’est à toi que je parle, et tu dis à tes potes les Fleet Foxes de prendre la porte avec toi). Une sorte de manège fantôme, la bande son idéale pour une excursion dans une maison hantée. Totalement indispensable bien qu’immédiatement oublié.

 

9 : Andy Stott “Passed Me By”, “We Stay Together”

Andy Stott rentre  par la grande porte dans le monde de la techno avec deux albums en quelques mois. Une musique glaciale, métallique au possible. Le remède parfait à LMFAO.

 

10 : Slove« Le Danse »

Le meilleur album français de l’année est passé sous les radars publics et critiques. Dommage, car  nous tenons là une musique sacrément sexy, le pendant hexagonal de MGMT, rien de moins.

 

Mention spéciale

King Krule et Paul Thomas-Saunders

Pas d’albums en 2011 pour les deux surdoués mais des EP qui ont déjà mis la blogosphère en émoi. On prend les paris, 2012 sera leur année. 

 

Lives :

1 : Deerhunter, Super ! Festival, Gaîté Lyrique, Paris

Bradford Cox et sa bande ont fait honneur à leur statut de tête d’affiche du festival de Super ! dans cette salle magnifique qu’est la Gaîté Lyrique. Un concert à fleur de peau porté par un Cox à la rage sidérante. Des morceaux étirés jusqu’à la dizaine de minutes  se perdant dans les limbes du psychédélisme. Voir He Would Never Have Laughed et Helicopter en concert, puis mourir heureux (ou pleurer).

 

2 : James Blake, Festival Les Inrocks, Stereolux, Nantes

J’en ai marre de parler de James Blake, j’ai déjà tout dit.

3 : La Femme, Le Sambre, Rennes

Décor : sous-sol d’un bar minuscule. Casting : Un public en surnombre, très alcoolisé et prêt à en découdre avec la hype française de 2011.  Résultat : 50 minutes de folie totale dans une hystérie collective galvanisante.

4 : Sebastian, Scopitone, Nantes

Une expérience aussi visuelle que sonore, l’électro frappadingue de Sebastian formant une symbiose parfaite avec un martèlement d’images quasi-hallucinatoires. Les écrans géants concluant le concert par le meurtre de Sebastian (décalque de la fin du Dead Zone de Cronenberg où Christopher Walken met à mort le futur président des Etats-Unis lors d’un meeting) rendent ce concert inoubliable malgré une musique assez limitée.

 

5 : Brute Chorus, Olympic, Nantes

Groupe inconnu au bataillon pour accompagner Twin Shadow à la fermeture de l’Olympic.  La surprise a donc été totale, un grand concert de rock (le vrai) guidé par un chanteur intenable qui a mis à mort  la salle.

6 : Baths, Super ! Festival, Olympic, Nantes

15 péquins pour voir Baths en prologue au fou furieux Dan Deacon. Une salle vide qui n’a pas empêché Will Wisenfeld de faire un concert habité et enfiévré. On appelle ça la classe.

7 : Gesaffelstein, Astropolis, Brest

Un set grisant et totalement dansant. Le premier viol collectif à faire l’unanimité.

8 : Matthew Dear, Primavera Sound Festival, Barcelone

Un live à l’image du personnage  sapé d’un costard blanc, ultra-classe. Le DJ a laissé la place au crooner, Matthew Dear favorisant sa voix au détriment de ses machines. Une porte d’entrée idéale pour un artiste que je n’avais jamais écouté avant ce concert.

9 : Wu Lyf, Eurockéennes, Belfort

Un album décevant pour la hype mancunienne mais des promesses formidablement tenues en live. Surtout sous le chapiteau minuscule des Eurocks, écrin proche de la  cathédrale parfaitement adapté à la musique sépulcrale de Wu Lyf.

10 : Miles Kane, Inrocks, Stereolux, Nantes

Un set endiablé et survitaminé pour le plus beau moule-bite du rock anglais ( Morgan ?). Reste plus qu’à prier pour une reformation des Rascals.

Mention speciale

The Flaming Lips, The National, Primavera Sound Festival, Barcelone

Les deux groupes étaient à la Route du Rock en 2010, la surprise de la première fois n’est donc  plus. N’empêche, la folie de Wayne Coyne fait des Flaming Lips le groupe le plus dingue du monde à voir en concert. Et The National est sans doute le beau plus groupe de rock live grâce à un Matt Berninger totalement possédé (bourré ?) qui semble électriser la foule à chaque envolée. 

 

Brice Chupin

 

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À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

12 réponses à “Les Tops 10 de Brice

  1. escobar56

    Du grand, du très très grand ces tops ! J’attends la suite !!!

  2. johnny got his warm gun.

    C’est le tien la suite

  3. Un top 10 ciné ma foi fort plaisant !!!
    Je n’ai qu’une critique à faire : on écrit « Scorsese » et non « scorcese » !…

  4. johnny got his warm gun.

    Où ?

  5. johnny got his warm gun.

    Ah ouai, il a pas qu’à avoir un nom de maccaroni

  6. escobar56

    Faudra quand même que je jette une oreille sur The Antlers parce que pour qu’ils dépassent James Blake faut y aller hein. Sinon en musique je ne connais pas grand chose à part Blake, Girls que j’ai écouté sans kiffer vraiment, puis Metronomy forcément. Le reste je n’ai pas écouté.
    Ciné ça se tient vraiment, à part La Planète Des Singes qui me semble bien haut placé… mais j’ai pas vu. Sinon bien vu le Ballada Triste, ça me fait penser que je l’ai loupé au cinoche et ça me désole.
    King Krule j’ai écouté l’ep en speed, ça a l’air de se tenir, pas été giflé néanmoins. Ca manque quand même de reu-ra quoi

  7. j’ai réécouté andy stott, et la deuxième fois est mieux passée. par contre, king krule, ça va, mais paul thomas saunders ça me paraît vraiment un cran au-dessus, il a une voix bouleversante ce mec…

    20syl

  8. johnny got his warm gun.

    Ba regarde La planète des singes mon gros Momo. Our getting ribs de King Krule c’est monstrueux

  9. escobar56

    Papier sur King Krule sur Neo programmé !!

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Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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