J. Edgar – 4/5

Réalisé par Clint Eastwood
Avec Leonardo DiCaprio, Naomi Watts, Armie Hammer…
2h15

Le film explore la vie publique et privée de l’une des figures les plus puissantes, les plus controversées et les plus énigmatiques du 20e siècle, J. Edgar Hoover. Incarnation du maintien de la loi en Amérique pendant près de cinquante ans, J. Edgar Hoover était à la fois craint et admiré, honni et révéré. Mais, derrière les portes fermées, il cachait des secrets qui auraient pu ruiner son image, sa carrière et sa vie.


Quand j’ai appris que pour son prochain film Clint Eastwood s’attaquerait au tristement célèbre J.E. Hoover j’étais déjà enthousiaste, mais quand on a annoncé que le rôle serait tenu par Leonardo DiCaprio je me suis dit « chouette ! ». Autant dire que j’attendais beaucoup de ce biopic et que le retard de la personne qui devait m’accompagner m’a quelque peu agacé… Mais avant de vous livrer mon humble avis sur le dernier Clint Eastwood, quelques notions d’histoires !

J. Edgar Hoover, the real one

John Edgar Hoover est souvent considéré comme « Le plus grand salaud d’Amérique ». Comment obtient-on ce titre si prestigieux me direz-vous ? Et bien tout simplement en étant le premier directeur du célèbre Bureau d’Investigation Fédéral (ou FBI si vous préférez). Il aura dirigé le bureau pendant 48 ans, sous huit présidents différents. Considéré comme un homme autoritaire, paranoïaque, schizophrène, anti-bolchévique, anti-doirt civique, maître chanteur, les amateurs de théories du complot n’hésitent pas à le mêler aux grandes affaires du XXème siècle comme la mort de JFK ou de Martin Luther King. Autant dire que le sujet est vaste et complexe, alors comment faire un film sur un personnage dont la vie était plus passionnante que la dernière saison de Grey’s Anatomy ? « Easy » vous dirait Clint !

Ce film n’est en rien une histoire de complot politique ou d’espionnage. Non, ce film c’est l’histoire de John Edgar. Le scénariste Dustin Lance Black (qui avait déjà travaillé sur l’excellent Harvey Milk) prend le parti de nous montrer le visage de Hoover tel que ses proches pouvaient le voir, celui d’un homme en quête de reconnaissance, torturé par ses mœurs jugés déviantes pour l’époque, un homme vivant dans le déni de ses propres sentiments. La narration du film alterne de manière intelligente entre la jeunesse et les vieux jours du patron du FBI. Alors oui on ne pourrait pas faire un film sur lui sans parler de ses « exploits ». Cependant Clint ne s’attarde que sur une seule affaire: une sale affaire d’enlèvement qu’il utilise comme fil conducteur pour narrer le développement de la célèbre agence gouvernementale. Pour ce qui est de la traque de John Dillinger, de son chantage sur la maison blanche, de sa « participation » dans l’assassinat d’un président, ce sont des évènements qui restent très secondaire dans l’intrigue mais qui néanmoins sont traités de manière intelligente sans provocation ni prise de position (mention spécial pour, l’assassinat de Martin Luther King).

Attardons nous un instant sur la mise en scène du cow-boy maintenant ! Clint Eastwood a toujours rendu des copies correctes et même quelques chefs-d’œuvre (Impitoyable, Million Dollars Baby, Gran Torinno) mais il restait sur un échec, Au-delà. Il fallait donc qu’il se rachète et… Ouf ! Le soin apporté à la réalisation est remarquable, les décors sont crédibles voir immersif, la mise en scène simple et efficace, un montage intelligent, un maquillage bluffant au point que parfois on en vient à se demander si DiCaprio n’aurait pas réellement prit 40 balais dans la gueule. Mais le véritable atout technique de ce film c’est la lumière ! Tom Stern, le directeur de la photographie, fait un travail remarquable sur la couleur et l’éclairage qui donne au film un cachet qui a de la gueule !

Mais que serait un biopic sans son acteur principal ? Harvey Milk sans Sean Penn ? Gandhi sans Ben Kingsley ? Ray sans Jamie Foxx ? Truman Capote sans Philip Seymour Hoffman ? Ces exemples ne sont pas prit au hasard, non, tous ses acteurs ont gagné la statuette Monsieur Propre du meilleur acteur (communément appelé Oscar) grâce à leurs interprétations de grands noms de l’histoire. Si je dis ça c’est tout simplement parce que Leonardo DiCaprio offre là (encore une fois) une prestation parfaite !

Les plus beaux maquillages

Ici on est à des années lumières de la belle gueule qui apprenait à nager dans Titanic, Leo nous prouve qu’il est sans aucun doute l’acteur le plus talentueux de sa génération. Pour ce qui est du reste du casting et bien Naomi Watts porte (encore une fois) à merveille les vêtements des années 30, Armie Hammer vieillit plutôt mal et Judith Dench joue la dame ferme et autoritaire… Judith Dench quoi ! Je passe assez rapidement sur le reste du casting qui, même si il est très bon, reste loin derrière DiCaprio !

Au final on pourra tout de même reproché au film de ne pas parler des aspects les plus intéressants de Monsieur Hoover, à savoir scandales politique et écoutes téléphonique. Pour ceux qui voulaient un film d’espionnage il faudra attendre le Tinkerbell de Tomas Alfredson, car ici on en est loin, ici on nous parle de l’homme qui se cachait derrière le Plus grand salaud d’Amérique. Après on aime ou on aime pas, mais deux choses sont sur : Leo (oui je le connais assez bien) est un grand acteur et Clint Eastwood n’est pas encore enterré ! Je finirai en citant ce dernier : « Tu vois, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé, et ceux qui creusent… Toi tu creuses… » Rien à voir je sais mais c’est pas grave !

Pierre Le Noc

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6 réponses à “J. Edgar – 4/5

  1. Coco_Cruz

    C’est étonnant comme 2 avis peuvent diverger

  2. escobar56

    Et dix verges… vous connaissez la suite. Belle chronique Pierrot !

  3. Lisa

    Il faudrait choisir entre une notation sur 5 ou une sur 10!

  4. j’ai vu J.Edgar la semaine dernière et j’ai vraiment trouvé ça chiant. Les maquillages sont ridicules, on n’y croit pas et on n’a pas envie de s’attacher au(x) personnage(s).
    C’est fort dommage, mais Clint Eastwood, on s’emmerde depuis Gran Torino avec lui. Et même ce film s’il était d’un ultra consensus, au moins on s’identifiait à quelque chose (peut-être par ce que c’est Clint aussi), alors qu’ici rien à voir.
    Le film pénible qu’il m’ait été donner de voir depuis fort longtemps.

    20syl

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