Sherlock Holmes, Jeu d’Ombres – 2,5/5

Réalisé par Guy Ritchie
Avec Robert Downey Jr et Jude Law
Scénario de Michèle et Kieran Mulroney.
D’après Sir Arthur Conan Doyle.

Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l’homme à l’esprit le plus affûté de son époque. Jusqu’au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d’une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène… Il a même sans doute un net avantage sur Holmes car il met non seulement son intelligence au service de noirs desseins, mais il est totalement dépourvu de sens moral. Partout dans le monde, la presse s’enflamme : on apprend ainsi qu’en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, ou qu’en Chine un trafiquant d’opium est décédé, en apparence, d’une overdose, ou encore que des attentats se sont produits à Strasbourg et à Vienne et qu’aux Etats-Unis, un baron de l’acier vient de mourir…
Personne ne voit le lien entre ces événements qui semblent sans rapport, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty. Tandis que leur enquête les mène en France, en Allemagne et en Suisse, Holmes et Watson prennent de plus en plus de risques. Mais Moriarty a systématiquement un coup d’avance et semble tout près d’atteindre son objectif. S’il y parvient, non seulement sa fortune et son pouvoir seront sans limite, mais le cours de l’Histoire pourrait bien en être changé à jamais…


Ritchie, Downey Jr, Law

Tous les ans les studios américains nous inondent de films aux budgets faramineux avec leurs castings 5 étoiles et leurs déluges d’effets spéciaux déconseillés aux épileptiques. Vous savez ce sont ces films que l’on vous vend comme « La plus grande aventure de tous les temps », « Le retour du meilleur », « Le grand final arrive », etc. Je veux bien évidemment parler des blockbusters, films dont le but premier est d’engranger un max d’oseille pour pouvoir produire une suite l’année prochaine ! Heureusement (ou malheureusement c’est vous qui voyez) 2012 ne dérogera pas à la règle : Ghost Rider 2, Resident Evil 6, Underworld 4, Le choc des titans 2, Batman 3 et The Avengers (le petit nouveau). Mais pour l’heure c’est au détective le plus célèbre de la couronne britannique d’ouvrir le bal : Sherlock Holmes, Jeu d’Ombres s’annonce comme le premier blockbuster de l’année.

En 2010, la Warner dépoussière le personnage de Sir Arthur Conan Doyle dans une version plus moderne et plus rock’n’roll du héros de la littérature britannique. Robert Downey Jr et Jude Law formait un duo plutôt sympathique dans une histoire qui, sans casser trois pattes à un canard, tenait la route. Le point fort du film reposait surtout sur la mise en scène du bad boy du cinéma d’outre-manche : Mister Guy Ritchie. Cette suite se devait donc (comme toute suite me direz-vous) de faire aussi bien, voire mieux que son ainé. Et bien c’est chose faite !

Guy Ritchie fait parti de ses réalisateurs qui savent faire preuve d’originalité dans leur mise en scène et qui ont un style unique et reconnaissable au premier coup d’œil. Alors autant sur le premier opus son coup de pinceau était peu visible, autant là le bougre s’est lâché ! On retrouve ici le réalisateur de Snatch et d’ Arnaques, crime et botannique (notamment quand il nous parle des gens du voyage). Les décors et les effets spéciaux sont crédibles et sont plutôt bien utilisé pour servir le propos. Petits soucis avec la musique de Hans Zimmer, qui depuis The Dark Knight a un peu du mal à se renouveler, en mode copier-coller avec beaucoup de basses en plus !

Concernant le casting, sans être brillant il est tout à fait correct. Le tandem Robert Downey Jr./ Jude Law (respectivement Sherlock Holmes/ Docteur Watson) fonctionne à merveille, mais (et oui il-y-en a toujours un) rien n’a changé, c’est exactement la même chose que dans le premier. Ce qui était frais et original dans le premier devient ici vite usé et exaspérant. Noomie Rapace, la révélation de Millénium (la version suédoise, pas celle de Fincher) qui aurait tendance à se cotillardiser (référence à une certaine actrice française) est bonne sans être brillante. Quand à Jared Harris, alias le professeur James Moriarty, alias le Némésis de monsieur Holmes (un peu comme Tom et Jerry si vous voulez) on pourrait penser qu’il manque de charisme pour le rôle mais il ne cesse de monter en puissance tout au long du film pour devenir un grand méchant tout à fait admirable.

Là ou le film pêche vraiment c’est dans son intrigue. Sur le premier on y pensait pas trop, bien trop occupé à rire des pitreries de Robert D. Jr qui passait son temps à boire et à tuer le chien. Le problème c’est qu’on nous ressert exactement la même sauce ici, alors du coup on essaye de s’intéresser un peu plus à l’histoire et on a du mal. Le film est beaucoup trop long à démarré, enfin non pardon, le film a démarré sans nous et n’avance pas d’un pouce, c’est un peu comme conduire derrière la mémé qui fait du 20 km/h. Par contre une fois que la seconde est passé bah faut s’accrocher sinon on peut vite rester sur la touche. Sherlock Holmes est peut-être un grand détective mais parfois il nous prend un peu pour des cons ! A partir de rien il arrive à des déductions totalement capilotractées (c’est un néologisme cherchez pas) du genre : « Elle mange des fruits sec ? D’accord alors elle se trouve à Paris ! »… Balèze le mec (ou facilité de scénario?) ! Je ne vous parle pas des rebondissements prévisibles, de la narration trop classique et du cliffhanger trop facile ! Cela dit le rythme monte crescendo tout au long du film et on ne peut pas dire que l’on s’ennuie vraiment.

Donc en résumé, des acteurs plutôt bon, des effets spéciaux en veux-tu en voilà, des gags réchauffés, un scénario pas clair et prévisible, des explosions, de la castagne, le doute n’est pas permis ! Sherlock Holmes, Jeu d’ombres est ce qu’on appelle un blockbuster, mais (et oui encore un) un blockbuster réussi ! N’oublions pas que le cinéma, avant d’être un art, c’est du divertissement et Guy Ritchie nous offre là un film tout à fait charmant et surtout divertissant ! Et pour ce qui est de la question : « aura-t-on droit à une suite? » je répondrai « Élémentaire mon cher Watson ! » et ça, c’est du cliffhanger !

Pierre Le Noc

Publicités

À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

4 réponses à “Sherlock Holmes, Jeu d’Ombres – 2,5/5

  1. cyrillus56

    Et donc tu lui mets que 2,5 Pierre ?

  2. cyrillus56

    Bien d’accord.

  3. johnny got his warm gun.

    Morgan nous a vendu la fin comme étant d’une finesse absolue, et qui sauve le film à elle toute seule. Les avis divergent alors

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 280 autres abonnés

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :