Martha Marcy May Marlene (3/5)

Ecrit et réalisé par Sean Durkin
Avec Elizabeth Olsen, John Hawkes, Sarah Paulson, Hugh Dancy, Brady Corbet, …
1h41

Résumé : Martha s’échappe d’une communauté dont elle faisait partie depuis quelques temps. Elle est recueillie par sa sœur aînée et tente de se reconstruire, mais elle est hantée par ses souvenirs et persuadée que les membres de la communauté la recherchent…

Premier film de Sean Durkin, Martha Marcy May Marlene est une des vraies belles surprises de la cuvée 2011 du Festival de Sundance. Durkin en est d’ailleurs reparti avec le Prix du Meilleur Réalisateur.
C’est d’ailleurs ce qui marque le plus dans le film : l’incroyable maîtrise formelle de son auteur, et son merveilleux travail sur la composition des plans. On sent clairement derrière chaque séquence un vrai travail de mise en scène en amont, et une véritable réflexion sur l’image, sur la forme.
Parfois c’est un peu gênant car cette constante recherche visuelle fait caler la machine et certaines séquences deviennent un peu trop contemplatives, mais dans l’ensemble, c’est assez bien fait, et c’est surtout très rare dans un premier film.

L’autre grand atout du film, c’est bien évidemment son actrice principale : Elizabeth Olsen.
Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, Elizabeth est la petite sœur des jumelles Mary-Kate et Ashley Olsen, vedettes des séries « La fête à la maison » et « Les jumelles s’en mêlent », connues pour leurs frasques dans les tabloïds…
Elizabeth, à première vue (ou « à priorvu » pour rendre hommage à un célèbre ligérien), semble assez éloignée de l’image de ses deux sœurs. Tout comme ces dernières, elle possède une beauté innée qui lui a permis de percer en Californie, mais elle dispose en outre d’autres qualités qui lui permettent de se démarquer (un brin de talent ?), et notamment une certaine gravité dans le regard et dans la voix qui fait toute la différence.

Parce qu’au final, c’est bel et bien elle qui est le moteur de ce film. Si la caméra de Durkin est aussi inspirée, c’est sans nul doute parce qu’Olsen irradie cette dernière.
On ne va pas tout de suite lui prédire une grande carrière car ce serait un peu trop prématuré, mais il est évident qu’elle possède quelque chose de sauvage, de fort, qui a le pouvoir de dompter la caméra et d’attirer le regard du spectateur.

Martha est finalement encore une petite fille remplie d’idéalisme, même si elle a vécu des moments douloureux et marquants. Mais elle est surtout capable d’excès de colère, de crise de nerfs et de voire de folie qui font d’elle un être particulièrement instable et dérangeant pour la petite vie tranquille et banale de sa sœur de son beau-frère.
Mais comment pourraient-ils comprendre ? Comment pourraient-ils comprendre ce que la jeune fille a vécu ? Comment pourraient-ils comprendre cette douleur intense qui la ronge, mais qu’elle ne peut exprimer, sans doute par honte, par colère ou bien par une volonté d’omission ?

Dès lors, Martha devient un être perdu qui ne peut trouver sa place nulle part. Elle semble vouloir se reprendre en main et oublier ce qu’elle a vu, mais cette envie semble assez légère.
Martha ne veut finalement qu’une seule chose : la Liberté.
Mais comment pourrait-elle l’obtenir puisqu’au fil du temps tout devient contrainte, et elle ne peut plus vivre comme elle en a envie ?
A chaque fois qu’elle semble s’en approcher, le caractère inextricable de la vie humaine semble l’en empêcher. Elle ne peut ni supporter les actes de violence inhérents à la survie de la communauté, ni l’atmosphère petit-bourgeois qui règne chez sa sœur et qui l’étouffe.

Jusqu’au bout du film Martha est ainsi décrite comme un personnage égaré en quête d’un idéal qu’elle ne pourra sans doute jamais trouver.
Ce portait est parfois lassant tant l’évidence de certaines situation saute aux yeux, mais il est transcendé par l’interprétation d’Olsen et par la mise en scène presque naturaliste de Durkin, qui donnent à cette petite histoire des allures d’idylle.

Sortie en France le 29 Février

Tony

 

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Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

3 réponses à “Martha Marcy May Marlene (3/5)

  1. Mona-Lisa

    Et pourquoi seulement 3 au final?

    • Seulement 3 parce que ça reste un premier film qui contient tout de même des défauts, inhérents au fait justement que ce soit un premier film. Durkin veut parfois faire trop bien les choses. Ses plans sont très travaillés, mais quelque fois un peu trop, ce qui rend sa mise en scène très voyante par moment.
      Et puis il y a des longueurs, il ne faut pas le nier non plus !…

  2. Pingback: Les Tops 2012 de Simon « Bath-Art

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Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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