Les Infidèles (2/5)

 

Réalisé par Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Michel Hazanavicius, Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé, Alexandre Courtes et Eric Lartigau

Ecrit par Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Nicolas Bedos, Stéphane Joly et Philippe Caverivière

Avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Géraldine Nakache, Isabelle Nanty, Guillaume Canet, …

1h49

Résumé : L’infidélité masculine vue par 7 réalisateurs à travers différents sketchs…

Fini le triomphe français à la cérémonie des Oscars et les nombreuses polémiques (inutiles) liées aux affiches du film, désormais le cinéma reprend enfin sa véritable place, c’est-à-dire dans les salles obscures.

Sur le papier, Les Infidèles semblait avoir beaucoup à nous donner : deux comédiens sympathiques et drôles à la tête du projet (Dujardin et Lellouche, une sorte de duo viril qui nous rappelle le « cinéma à la papa » des années 60-70), des réalisateurs intéressants et surtout un thème qui, s’il est bien traité, peut laisser place à des débordements d’imagination assez prodigieux.
Malheureusement, sur le « terrain », le moins que l’on puisse dire, c’est que tout ce beau petit monde nous a considérablement déçu…

Le principe du film à sketches peut s’avérer parfois très intéressant lorsque l’ensemble est bien coordonné et que tout le monde est sur la même longueur d’onde, mais lorsque, comme ici, il ne s’agit que d’un fatras d’histoires sans queue ni tête, cela devient très vite imbuvable.

Le film commence pourtant d’une manière, certes un peu facile, mais tout de même intéressante dans le sens où elle permet de planter le décor correctement.
Mais dès le véritable premier sketch (je fais l’impasse sur la petite séquence de « penis captivum »), celui d’Hazanavicius, on est déjà lassé par la tournure que prend le film, et on décroche à vitesse grand V.
Tout ceci à déjà été vu et traité mille fois au cinéma ou à la télévision, et souvent de façon plus convaincante.
Il en va de même pour l’abject « Lolita » d’Eric Lartigau qui ne parvient jamais à toucher sa cible, le très lourd « Les infidèles anonymes » d’Alexandre Courtes, et le stupide « Las Vegas » du duo Lellouche/Dujardin.

Au final, un seul de ces sketchs aurait pu être sauvé : « La Question », d’Emmanuelle Bercot (actrice et coscénariste de Polisse).
On y voit le couple Dujardin/Lamy en pleine dispute à propos de leurs infidélités respectives, ce qui nous donne par moment une impression de mélange entre fiction et réalité plutôt intéressante.
La scène s’oriente lentement vers le drame pur et laisse augurer de très bonnes choses, mais la réalisatrice choisit une façon très étrange pour désamorcer la tension qui monte.
Un choix musical catastrophique et une mise en scène grotesque viennent alors mettre un terme à ce qui aurait pu (dû ?) être le grand moment du film, nous laissant un sentiment de vide absolu qui ne nous lâche pas jusqu’à l’arrivée du générique final.

Le principe du film à sketch est de faire reposer l’œuvre sur différentes scénettes, différentes vignettes qui, plus ou moins bonnes, parviennent à donner un équilibre au film. Et lorsque cet équilibre ne parvient pas à être atteint, il va de soi que le spectateur, même s’il n’a guère apprécié le film en question, peut tout de même se reposer à son tour sur un ou plusieurs sketchs qui ont pu le marquer ou l’intéresser.

Ici, bizarrement, le principe est encore plus décomposé puisque le spectateur, ne pouvant s’intéresser pleinement ni à l’ensemble ni au sketch eux-mêmes de par leur manque de poids (comique ou dramatique), est obligé de faire reposer le film sur des détails aussi infimes soient-ils.

En clair, pour prendre un exemple tout simple, même si le sketch des « Infidèles anonymes » est d’une banalité et d’un ennui affligeants, on peut tout de même se reporter sur la présence de Sandrine Kiberlain en guest-star, hilarante en animatrice provocant ses « élèves » avec des « Tu la veux ma p’tite chatte ! ».
Ainsi, au cours du film, on retiendra essentiellement les présences de Guillaume Canet et Manu Payet qui viennent ici écorner gentiment leur image, et quelques passages sympathiques mais loin de nous faire décoller la rate…

Petit regret supplémentaire : on aurait tout de même aimé voir le film dans sa totalité, c’est-à-dire avec la scène coupée dans le sketch d’Alexandre Courtes (une scène qui montrait un avion se scratcher dans l’un des tours jumelles, ôtée pour préserver les chances d’Oscar de Jean Dujardin), ainsi qu’avec le sketch réalisé par Jan Kounen, finalement retiré au montage et qui sera peut-être (inch’Allah) réintégré dans la version DVD.

Enfin, si vous voulez un conseil, n’achetez pas ce DVD pour autant. Investissez plutôt dans le film Les Monstres, de Dino Risi, avec en duo vedette Vittorio Gassman et Ugo Tognazzi, et dont Dujardin et Lellouche reprennent plus ou moins le principe.
Non seulement le film est hilarant, mais il possède en outre une véritable intelligence (qui fait cruellement défaut dans l’œuvre dont nous parlons ici) qui fait de lui un véritable portrait, une chronique sociale de l’Italie des années 60.

 

Tony

 

 

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À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

8 réponses à “Les Infidèles (2/5)

  1. Azouz

    L’ami Tony nous voilà du même avis sur ce film, mais étant une fille j’aurais mis 2.5/5 parce qu’il y a Jean Dujardin et Gilles Lellouche (côté groupie sûrement) ! Précisons que le deuxième court métrage, tourné par le « grand » Michel Hazanavicius est horriblement mal filmé j’ai été déçue d’apprendre que c’était lui ce court métrage ! Quand à celui appelé « Lolita » je suis d’accord il est abject ! Les infidèles anonymes reste le passage le plus drôle du film et le court métrage mettant en scène Dujardin/Lamy est le plus réussi ! Donc voilà on a le même avis ! Dommage je m’attendais à mieux de ce film !

  2. Tu parles de Kounen, et en effet j’ai entendu parler de ça, qu’il n’avait pas été mis dans l’ensemble car son court ne rentrait pas dans le délire des autres ou un truc comme ça. bon, au final ça ne m’étonne pas, je n’ai pas été voir ce film (de toute façon j’en avais aucune putain d’envie), mais ça confirme ce que je pensais.
    Mais ce serait cool de pouvoir voir ce qu’a fait Kounen tout de même. De là à acheter le dvd exprès…

    20syl

    • Ouais apparemment Kounen a fait un court-métrage génial (d’après les dires du duo Lellouche/Dujardin) mais qui faisait tâche à côté des autres… Mais au final, quand tu vois le film, tu te dis que finalement c’est peut-être les autres qui faisaient tâche à côté de celui de Kounen !!
      Enfin, ne parlons pas trop vite : si ça se trouve, le sien n’est pas terrible non plus…
      On le trouvera peut-être sur Internet avant la sortie du Dvd, sait-on jamais…

  3. johnny got his warm gun.

    Le papier de technikart sur le court de Kounen est édifiant, si t’as l’occaz jette toi dessus tony tu vas halluciner.
    J’ai pas mal entendu que le court de hazanavicius était très bon, t’as vraiment pas aimé ?

    • Bah nan perso le sketch d’Hazanavicius m’a plutôt déçu. Il aurait pu être intéressant s’il avait su trouver le bon ton entre l’humour et le drame, mais il s’attache beaucoup trop au pathétique de son personnage, qui nous donne un sentiment de malaise assez agaçant…

  4. Et une autre bonne raison est la présence du Klub des Loosers dans le technikart de ce moi-ci 😉

    20syl

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Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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