Prometheus (4/5)

Réalisé par Ridley Scott
Écrit par Damon Lindelof et John Spaihts
Avec Noomi Rapace, Michael Fassbender, Idris Elba, Charlize Theron, Logan Marshall-Green, …
2h03

Résumé : A la fin du XXIe siècle, l’équipage du vaisseau Prometheus part explorer une planète lointaine qui semble e mesure de pouvoir abriter la vie. Ils espèrent obtenir des réponses sur les origines de l’humanité mais auront à faire face à un danger qui pourrait mettre en péril toute l’espèce humaine…

 

Sans conteste le film le plus attendu de cette année 2012 avec le Dark Knight Rises de Christopher Nolan, et le Bilbo le Hobbit (part 1) de Peter Jackson !
Il faut dire qu’il y avait de quoi faire saliver le geek qui sommeille en chacun de nous : Ridley Scott, réalisateur du cultissime Alien (et actuellement sur une pente légèrement descendante), qui revient à la saga qui la rendu célèbre et ce pour un prequel centré sur les origines du mal.
Franchement, sur le papier, ça a sacrément de la gueule !

Malheureusement, au risque de décevoir de nombreux fans, Scott a décidé d’en faire autrement : il a laissé tomber l’idée du prequel à proprement parler pour se concentrer sur une toute autre histoire (assez proche finalement tout de même), beaucoup plus vaste, et en un sens beaucoup plus ambitieuse.

C’est donc à ce moment là que les choses se gâtent entre Scott et ses détracteurs, des alienophiles convaincus que le réalisateur britannique fait fausse route. Le doute s’installe. Le monde de la S-F tremble. Et tout le monde se demande si papy Scott n’a pas un peu perdu les pédales…
Cependant le mystère demeure des plus entiers quant au film en lui-même, et il faut attendre la fin du mois de mai 2012 pour avoir le verdict (quasi) final sur ce film…

Dès lors, il n’y a plus aucun doute permis : Ridley Scott demeure bel et bien l’un des plus grands maîtres de la Science-fiction moderne.
Et ce que tout le monde voyait comme une immense déception (le renoncement à la parenté avec Alien) s’avère finalement être une idée formidable.
Délesté de ce poids dantesque qui aurait pu le clouer au sol à tout moment, Scott donne un second souffle au genre et à son film, lui permettant de s’envoler là où tout le monde l’aurait vu s’écraser.

En s’écartant d’Alien, Scott donne une véritable vie à son projet épique. Prometheus n’est pas un parent de la série, c’est au contraire son antithèse, son frère ennemi.
Alors qu’Alien jouait sur les peurs et sur l’action, Prometheus, à l’inverse, joue sur notre intellect. L’huis-clos du premier opus laisse ici place à de vastes paysages ; des espaces infinis où la peur n’est plus primale mais mystique.

C’est d’ailleurs sûrement en ce sens que beaucoup d’alienophiles seront déçus par cette œuvre.
Ridley Scott, qui avait pourtant prévenu qu’il voulait que les spectateurs « se chient dessus », opte finalement beaucoup moins pour le suspense et les frayeurs que pour la réflexion (il avait initialement opté pour une classification « R » avant de se rabattre, devant la pression des Studios, pour un « PG-13).
Peu de chance donc pour que vous vous retrouviez scotché à votre fauteuil, les mains tremblantes et le palpitant en ébullition. C’est là donc un nouveau rappel de Ridley Scott à ses fans : Prometheus ne fait pas partie de la série Alien.

Car si Alien jouait sur nos peurs les plus primales (l’isolement, l’inconnu, l’altitude), Prometheus s’amuse, à l’inverse, à jouer avec nos interrogations, nos doutes les plus profonds, les plus universels.
Dès lors, il utilise de multiples références à la mythologie, avec en tête les références à Prométhée qui, vous l’aurez aisément compris, donne son nom au vaisseau du film, et au film lui-même.
Promethée, rappelons-le, est, d’après la mythologie grecque, le créateur de l’homme, mais également celui qui a volé le feu sacré de l’Olympe. Le complexe de Promethée s’apparente donc au fait de vouloir en savoir toujours plus, notamment par rapport à nos ancêtres.

En clair, Ridley Scott laisse tomber le viscéral (peu de séquences alienesques hormis l’auto-opération, très œdipienne, de Shaw) pour prêcher le cérébral, avec comme questionnement principal : et si nous nous avions été crées par les extra-terrestres ?

Mais, que l’on soit bien d’accord, ce n’est pas le fait que Scott et ses scénaristes invoquent des mythes olympiens qui rend le film si intéressant. Certes cela donne une certaine osmose et une assise solide à l’ensemble, mais cela ne constitue qu’un plus (bon OK, un énorme plus, mais quand même).
A vrai dire, si on veut être totalement honnête, on pourra même dire qu’hormis ceci, le scénario du film est finalement assez classique avec ses personnages souvent stéréotypés, ses séquences qui frôlent parfois les gros clichés du genre et le manque de séquences d’action pure qui normalement régissent ce genre de film à gros budgets.

Oui mais voilà, malgré ces petits défauts, le film possède un atout dantesque : sa qualité plastique hors du commun !
Depuis quelques années (depuis le deuxième épisode de la saga Alien à vrai dire), Ridley Scott et James Cameron se livrent une petite guéguerre amicale qui les force à se démener pour faire mieux que l’autre lors de leur prochains films.
Ayant été bluffé par Avatar, Scott n’avait donc dès lors plus qu’une seule envie : trouver un film à sa mesure et ainsi montrer à Cameron que, malgré ses 75 ans, il est encore loin d’avoir perdu la main !

Il en résulte donc des images absolument sensationnelles, d’une splendeur visuelle à couper le souffle. C’est bien simple : on a rien vu de comparable depuis… ben depuis Avatar tiens !
A l’instar du film de Cameron, Scott utilise à merveille les possibilités de la 3D. Il ne cherche nullement à multiplier les effets comme c’est le cas dans la plupart des productions actuelles.
Au contraire, il utilise le format pour améliorer la qualité de ses images, le cadre de son film, et il fait ainsi progresser son propre récit.

Pas la peine donc de chercher les météorites qui vous arrivent en pleine face, les débris qui volent jusqu’à vos yeux ou les sécrétions aliénesques qui vous titillent la rétine : vous ne trouverez pas cela ici.
En revanche, si vous voulez bien ouvrir un peu plus grand les mirettes pour admirer le somptueux travail effectué sur les décors et la profondeur de champs, alors, je dis bien alors, vous comprendrez qu’elles sont les véritables possibilités de ce système ingrat qu’est la 3D.
A ce propos, il est d’ailleurs assez intéressant de signaler que ce sont les « papys » d’Hollywood qui parviennent le mieux à utiliser ce procédé délicat (Ridley Scott, 75 ans ; James Cameron, 58 ans ; Martin Scorsese, 70 ans !). Etrange, non ?

Au final, il est assez difficile de dire qui de Scott ou de Cameron a véritablement gagné le pari…
Pour ma part, si l’on ne traite que du visuel, je vote tout de même pour Cameron qui a réussi à créer tout un univers, tout un monde, alors que Scott s’est limité à un espace plus restreint (même s’il parvient à le magnifier constamment et à nous faire découvrir ses possibilités infinies)… Mais Papy Scott n’est pas loin derrière et son scénario est loin d’être aussi puéril que celui de son ami Cameron.
Son Prometheus est une claque visuelle absolument ahurissante et je ne saurai que trop vous le conseiller !

Tony

 

Publicités

À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

2 réponses à “Prometheus (4/5)

  1. Chronique bien complète sur le film. Pour ma part, je n’ai vu aucun Alien, et en fin de compte ça m’a donné envie de découvrir, même si, à ce que j’ai compris, l’espace utilisé par Scott n’est clairement pas le même qu’ici. D’ailleurs c’est ce qui m’a plu dans Prometheus. On a vraiment l’impression de ne pas être enfermé, et donc d’être avec ces personnages.
    Je regrette peut-être un peu trop le côté trop blockbuster qui empêche un peu la réflexion qu’aurait permise le sujet. Mais 4 sur 5 me semble est une note adéquate.
    20syl

  2. Pingback: Les Tops 2012 de Sylvain « Bath-Art

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 280 autres abonnés

Mises à jour Twitter

Erreur : Twitter ne répond pas. Veuillez patienter quelques minutes avant d'actualiser cette page.

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :