Live report Dour Festival 2012

Du 12 au 15 juillet dernier avait lieu la 25ème édition du festival de Dour, que l’on ne présente plus pour les nombreux amoureux de la musique. Un éclectisme musical total puisque 4 principales catégories (et tous ses dérivés, j’entend) étaient représentées à savoir le hip-hop, le rock, les musiques électroniques et le reggae. Avec près de 230 groupes sur 4 jours, autant vous dire que le rythme fut soutenu. Pour cela, j’étais accompagné de mon fidèle accolyte, Morgan. Nous avons dû voir une quarantaine de groupes à nous deux, grand maximum. Ça paraît peu, mais c’est très physique Dour, surtout quand on a de la boue, de la pluie, et fait le choix de ne pas dépenser des dizaines d’euros dans des prods. Je vais tenter de vous faire revivre au mieux ces quatre jours qui ont fait de Dour, mon meilleur festival. 

On part donc le mercredi de soir de Nantes, vers 23h30. Le choix d’Ontours a été vite concluant, c’est pas trop cher (moins que le putain de train tu sais), et on arrive assez vite.

De la Cité des Ducs, nous passerons prendre des festivaliers à Rennes, Caen et Rouen pour finir par Paris.

C’est arrivés à Paris, vers 7 heures du matin, que l’on va commencer vraiment à se marrer. Monterons plusieurs festivaliers dont quelques-uns visiblement sous prods et d’autres plus ou moins bourrés. Ces derniers, venus d’Auxerre (ça s’invente pas) sont très lourds, mais marrants. Et un des autres gars sous prod, tentera de convaincre un gars d’Auxerre de laisser sa place (« Hey mec, tu veux pas laisser la place mec, c’est pour mon pote et sa copine, ils veulent être côte à côte, mec. » A prononcer avec la mâchoire qui part de travers bien entendu). L’Auxerrois ne lâchera pas, prétextant qu’il fait ce qu’il veut. Et nous, on aura notre premier gimmick du séjour.

Arrivés enfin à Dour, le temps de prendre notre bracelet et on file vers le camping avec la demi-heure de marche qui s’impose. Ce sera le camping C que nous choisirons car au point où on en était on n’avait pas trop le choix. Montage de tente. On s’aperçoit que l’organisateur d’Ontours qui nous accompagnait est là. J’en profite pour lui demander si l’on peut faire passer de la tise sur le festival. Voici son aimable réponse :  « Tu sais à partir du moment où t’es là t’es autonome je peux plus rien faire pour toi, donc tu fais ce que tu veux ». Ah ferme là !
Le temps de boire quelques bières et il est déjà l’heure d’aller voir La Femme sur la scène « La Petite Maison dans la Prairie ». Pour a quatrième fois, je passe un bon moment, leur set devient de plus en plus rôdé avec le temps, avec l’ajout de deux ou trois nouvelles chansons en plus des classiques (Télégraphe, Antitaxi, Sur La Planche, La Femme Ressort.…). Seul bémol, l’horaire (14h40), qui reste un handicap pour un groupe taillé pour la scène.

En tout cas, ils font le boulot sans problèmes. On retourne au camping ensuite (ouais, Dour on peut rentrer et sortir autant que l’on veut, ça le fait).

Le temps de faire les courses, de boire un peu, de prendre une douche et on repart de plus belle pour Selah Sue. Bah ouais, entre ça et Shaka Ponk (insupportable musique pour mes oreilles), le choix est vite fait. On a loupé l’un des groupes conseillés par Brice, Plants & Animals, mais ce n’est que partie remise. Il est bon de dire qu’à ce moment le terrain reste encore praticable. C’est pendant Selah Sue que le temps commencera à se gâter.

La belge est donc à la maison et balance les hits. Ce qui nous fera un début de set assez endiablé pour finir de façon plus calme. Un bon début de soirée en somme, loin d’être le live de l’année bien sûr.
On s’éclipse dix minutes avant la fin pour aller voir Caribou au « Club Circuit Marquee ».

Autant dire que ce sera la première claque de Dour, si on y enlève les problèmes de sons (vocals inaudibles, et boucles trop absentes). Daniel Snaith prouve, avec un backing band, qu’il peut faire du très bon travail. Il déroulera son dernier album (Sun, Odessa, Found Out, Leave House, Kaili…) et les quelques merveilles d’il y a quelques années pour nous proposer quelque chose de non conventionnel. Il se joue de nous, qui pouvions s’attendre à avoir un live très électronique pour nous emmener dans des dimensions musicales autres.

Bon ensuite, nouveau dilemme. Scuba ou Franz Ferdinand ?
Je préfère les écossais. Avec Morgan, je ne sais pas si on a bien fait. Franz Ferdinand joue sur la grande scène, et il se met à flotter comme vache qui pisse. Le terrain devient sérieusement endommagé mais Alex Kapranos lance « We fuck the rain » et entame le set avec Michael. S’ensuivront Tonight, Ulysses, Do You Want To, She Walking Away, Take Me Out, et même une chanson du prochain album.
La pop de Franz est assez prévisible, on passe un bon moment, les mecs font le boulot mais sans plus. Quinze minutes avant la fin, on se dirige vers le CCM (Club Circuit Marquee) pour voir Rone, révélation électronique française.

Morgan me laissera pour repartir au camping et me voilà seul devant un boulevard de musiques électroniques qui m’attend. Donc Rone, c’est assez dansant, très progressif, le gars sait très bien faire monter son set. Le seul souci est qu’il s’arrêtera vingt minutes avant la fin, on ne sait pour quelle raison.
J’en profiterais donc pour aller voir Squarepusher qui joue sur la scène du Dancehall. Autant dire que j’ai dû y rester dix minutes tellement la drum’n’bass me gonflait et que je n’étais pas dedans. Mais visuellement, il faut reconnaître la puissance du set.

Je retourne au CCM, pour mater le set de Joris Voorn, qui lui ne fera pas dans la dentelle et balancera une bonne techno de bourrin. J’irai me reposer sur le côté, étant vraiment fatigué (par le voyage entre autres car on dort très peu, mais par le fait d’être tout le temps debout) pour me préserver pour Adam Beyer. Ce dernier, je l’attends assez. Il arrive sur la scène vers 2h20. Je resterais à peine une demi-heure, étant complètement rincé, mais je dois avouer que mon attente fut récompensée. Beyer utilise tout ce qui est en sa possession pour faire monter la sauce à sa façon. Je suis conscient de louper Max Cooper (que je voulais voir), mais là, je ne pouvais vraiment plus. Paraît que c’était bien en plus. Je vais me coucher avec de bons souvenirs quand même.

Je vous aime, public chéri

Deuxième jour de festival. Tout-va-bien. Non, en fait il a plu la nuit, on se réveille avec de la boue autour de notre tente. La galère ne fait que commencer. On commence par faire la queue d’une heure pour la douche. Ouais, pour ceux qui n’auraient pas ou peu fait de festivals, il faut tout calculer. On croit avoir le temps, mais en fait on est toujours rattrapés. Bon en même calme-toi, j’ai dit un spectacle sur deux (comprendrons ceux qui peuvent). On piche un peu et on prépare les mixs. C’est important tu sais, car à Dour, au niveau boisson il faut compter 5 tickets pour 12 euros. Un viol, oui, sachant que la pinte de Jupiler est à 2 tickets. Tu pisses dans un gobelet, c’est la même chose (Calme toi, je t’ai dit, c’est pas un spectacle de danse non plus). Pendant ce temps, on entend sur la camping des « Douréééééé ».
Je vous expliquerais plus tard comment j’ai découvert le pourquoi du Douréééééé.

Après avoir cassé la croûte, bu quelques coups donc, on se magne et on tente de faire passer les mixs. Miracle, mon gin-oasis passe (bon c’est vrai que j’aurai pu choisir Blur mais bon…). On file vers le Dance Hall voir le Klub des Loosers, groupe adulé par notre ami Tony.

Et bien s’il avait été là, il aurait kiffé. Ouais, car Fuzati et Detect sont visiblement très côtés ici. En effet, tout un paquet de fans est présent pour le KDL, les gens connaissent par coeur les lyrics, et vous n’imaginez pas comment Baise les gens a pu mettre le feu chez les connaisseurs. Bon, pour ma part, c’est loin d’être un live intéressant. En fait, on entend pas très bien la voix de Fuzati, et puis il n’y absolument aucune mise en scène tout est minimaliste, comme son flow. Mais si on y réfléchit, c’est totalement logique, au moins Fuzati reste fidèle à cette ligne conductrice qu’il suit depuis un petit bout de temps. Donc si t’es fan, tu kiffes, sinon tu te démerdes. Fuzati n’invite pas à la danse t’as vu.

Ensuite direction la grande scène pour du hip-hop toujours, cette fois-ci dans un registre moins revendicatif, avec 1995. Ici, c’est clairement une autre ambiance, le collectif de rappeurs parisien sait foutre le feu, même sur cette grande scène. Ils jouent avec le public, font des battles, divisent le public en deux pour des pogos monstrueux, et j’en passe. Les 1995 joueront leurs deux albums, le titre « La Suite » sera une grande réussite. Et, chose importante à mes yeux, n’oublient pas de remercier les bénévoles du festival à la fin de leur set. Donc ce groupe de hip-hop a clairement fait le boulot sur scène, et c’est appréciable.

Direction la Petite Maison Dans La Prairie, pour voir notre cher rocker Hanni El Khatib. Personnellement, ça m’a fait plaisir de voir un trio basse-guitare-batterie jouer un rock simple sans chichi. C’est ce qu’il manque un peu à Dour, je trouve. Et ici, HEK jouait très (trop?) saturé, ce qui n’était pas sans rappeler les Black Keys. En tout cas, il doit coûter moins cher, c’est sûr.

Durant le set, où il a joué son album, il n’a pas eu à séparer de gens durant le pogo. La chance !

Pour la suite, on avait le choix entre Roots Manuva et Seth Gueko. Quelque part, c’est dur, mais on choisit Seth Gueko. On aura bien fait, une heure d’humour. Ce rappeur est un génie de la punchline, et de l’autodérision. Avant de rentrer sur scène, il ordonnera : « Vas-y DJ Queuqueu, balance tes scratchs de merde!  ». Puis il arrive sur scène, faisant réviser ses classiques au public. « J’arrive, tête de roumain, zgeg de poulain ! ». Il demande au public : « La chevalière, marche avant ? », et nous répondons : « Marche arrière ! ». Bon ensuite, il jouera la plupart des ses classiques, présentant ses deux Mcs entre autres (Lui, c’est Super Mario, il a la moustache et le bidon, ma couillasse. Ou encore : Et lui, c’est pas Booba mais Bout de Bois). Bon sur le coup, on passe quand même un très bon moment, malgré le nombre important de chouquins dans le public.

Le public, notamment pris à parti par Mr Gueko (Vu la gueule de ta meuf, je comprends que tu sois bistouflex ! I’m jokin my friend. A prendre au 2ème degré, ou au 67ème comme vous voulez !).

Parfois, Seth Gueko ne nous entend pas (Mais j’entends rien ! Nom d’une pipe en bois de Boulogne !). Il fera un titre porté vers le rock et demandera au public : « Allez maintenant vous faites un slam les gars, mais pas un slam de Grand Corps Malade hein, faut pas déconner non plus, non du vrai slam ma couillasse ! ».

Et des fois c’est des blaireaux dans le public qui déconnent, se croyant le 14 juillet (« Hey mais tu vas arrêter avec tes pétards, tu fous la trouille à tout le monde. Allez, une dernière rafale pour ce connard. Bruit de AK-47). Voilà, le tout agrémenté d’un rap bien gras, mais très percutant. Seth Gueko assure totalement en live, maniant l’humour aussi bien que ses punchlines.

Après ça, mon pote me quitte momentanément, alors que je file vers le concert de Fanfario, sur les conseils de Brice (ouais, il nous a conseillé sur plein de groupes, en fait).

Pour le coup, mes esgourdes en furent ravies. Fanfario, ça a un air d’Arcade Fire dans la musique, mais avec une touche de new wave et de fanfare, comme son nom l’indique. En live, ça fait son effet, et le groupe dégage un certain charme. Ici, point de claque live, mais une bonne découverte.

Ensuite, je regarde de loin Dinosaur Jr, groupe bruitiste américain, qui joue sur la grande scène. Même si la musique est très porté vers le post punk, de loin on a la sensation d’avoir à faire avec du bruit en continu.

Dix minutes avant le show, Morgan me rejoint pour voir le phénomène français, Sébastien Tellier.

Voilà. Comment vous dire ? Ce fut un mélange de comique et d’intéressant. Mr Tellier nous a concocté une mise en scène de choix, car visuellement on est vraiment dans l’esprit de l’Alliance Bleue. Pour ce qui es de la musique, ça se laisse écouter, mais je m’attendais vraiment à un live plus travaillé, plus suave musicalement, un truc hot quoi ! Mis à part que, soudainement, Sébastien met des faux bois de cerf sur sa tête, et les enlève sans rien trop comprendre à ce qu’il fait. Séb est visiblement bien défoncé. Mais il nous fait marrer, c’est l’essentiel. Il jouera son dernier album et quelques gros classiques comme La Ritournelle, L’Amour Et La Violence et Divine, le tout avec une certaine grâce, mais une grâce de mec bien fait quand même (« Je vous aime mon public, rejoignez l’Alliance Bleue »). A noter que nous avons fait le choix de ce concert au dépend de trois autres choses potentiellement intéressantes. Mount Kimbie, Puppetmastaz et St Vincent. Les deux premiers ça me faisait chier de les louper, mais St Vincent, c’est pas loin de chez moi donc je peux y aller quand je veux quoi (les plus belles private joke).

Après ces « émotions », on attend ce qui s’avérera l’un des meilleurs lives des quatre jours, j’ai nommé Battles !

Bon, la blague de Laurent ne marche plus, elle tourne depuis tellement de temps…

En tout cas, je les avais vus de loin et pas longtemps l’année dernière aux Eurockéennes, j’avais été plutôt convaincu. Cette fois-ci, je serais bien placé pour apprécier le live des américains. Pour faire simple, ils jouent et ne chantent pas, et leur musique, c’est du math rock, un rock expérimental et progressif (avec des riffs qui viennent s’ajouter au fur et à mesure…). Ils nous ont donc fait plaisir sur la scène du CCM, avec Africastle pour entamer le set, qui sera suivi de Sweetie & Shag. Il y aura bien sûr plus tard Ice Cream mais le vrai point d’orgue de leur performance reste, comme à leur habitude, Atlas, titre puissant, progressif (avec cette putain de batterie) et fédérateur (le gimmick). Sinon, Battles sait parfaitement gérer les transitions, bidouillant leurs instruments pour nous inviter à découvrir la vraie saveur du live. Autant dire que ce sera le live n° 2 pour ma part. Donc le choix entre Pantha du Prince et le Dj set de James Blake s’est avéré payant. Pantha du Prince, je ne sais pas ce que ça a donné, et James Blake, paraît-il que c’était vraiment fade.

Dix minutes avant la fin de Battles, on a du se barrer t’as vu, car Morgan a deux idoles qui passent sur la grande scène : Mos Def & Talib Kweli (Mos Def aka Yassin Bey, car c’est la mode maintenant de se renommer.). Ces deux rappeurs ont sorti un album sour le nom de Blackstar il y a maintenant quatorze ans. Entre autres chansons, j’ai retenu Definition, dans laquelle le refrain est simple (One Two Three Mos Def & Talib Kweli). Bien sûr, (calme toi), j’ai renommé à ma façon ce que ç’aurait pu être autrement en français (Un deux trois, Mos Def et Mireille Dumas, ou One Two Three, Mos Def et Jean-Claude Narcy selon Morgan). A part ces conneries-là, et bien les deux messieurs se sont fait attendre (vingt minutes de retard) laissant leur Dj nous passer des gros classiques rap, en commençant par Can I Kick It des ATCQ, juste après le passage du présentateur de Dour qui ressemble à Lou Reed, on ne pouvait faire mieux. Pas dérangeant en fait. Et puis le live s’est déroulé, j’ai pas trouvé ça ouf’, déjà que le rap n’est pas ma came. Mais Mos Def avait la classe, c’est sûr. Pour les fans de hip-hop, je pense que c’est quand même ce qu’il doit se faire de mieux. Morgan m’a regardé à un moment et m’a dit : «C’est l’heure ». Je me demandai et finalement il s’est mis torse nu. Une vedette. Le bon truc, c’est que Blackstar a joué une heure et quart au lieu d’une heure, c’est plutôt bien vu de leur part.

Après ça, je comptais aller voir la dernière demi-heure de Lone, mais c’était trop tard.

On file donc voir araabMUZIK, master of the MPC. Le bonhomme a deux MPC et mixe vraiment plus vite que son ombre. Sa musique bouge bien, on va devant avec quelques difficultés car le chapiteau est vraiment blindé. Et devant, ça pogote sévère. On reste environ trois quart d’heure et on rentre, épuisés par cette putain de boue qui vous colle aux baskets et au froc. Et puis, au final, il n’y avait plus grand chose à voir ensuite.

La stratégie de l’échec

Quand tu te lève le samedi matin et que tu vois encore plus de boue, t’es joyeux en fait. Une joie imperceptible bien sûr.

Donc le samedi c’est jour de courses. Et sur la route du retour on s’arrête à un bar, typiquement belge je pense. On rentre, ça braille en flamand, et tout le monde regarde le Tour de France. On a peut-être un temps pourri mais on a trouvé le troquet idéal. Forcément, taquins, on se dirige au bar et là surprise, les bières belges ne coûtent que 2 euros 70. Bon c’est parti pour 2 tournées de Westmalle et Chimay, après tout autant boire pour accepter cette putain de boue. On a également conscience de louper BRNS et Poliça (qui ont livré apparemment deux concerts à retenir), mais la demi-heure de marche dans la boue à chaque moment est excessivement énervante, donc ja lpache l’affaire.

En revenant à la tente, SURPRISE ! Il a bien plu pendant que nous étions partis et l’eau s’est infiltrée par dessous, ce qui fait que nous avions une mare sous nos matelas. C’est assez agréable de dormir là-dessus. Heureusement, nous avions prévu l’achat de sacs poubelles, dont la tente a été tapissée. Nos voisins anglais étaient dans le même cas, l’occasion de leur demander si c’est pareil dans leur pays. Selon un gars, non. Même à Glastonbury apparemment, ça n’est pas ça…

Le temps de tout éponger, vous imaginez bien que nous avons eu l’occasion de louper quelques concerts, ceux de Stuck In The Sound et Nada Surf (apparemment nazes tous les deux), et Dâmfunk pour Morgan.

Bon, on se magne pour allez au plus vite vers les concerts suivants. The Pharcyde pour Momo et Destroyer pour moi. Pour ce dernier, l’horaire est adapté, c’est vraiment un musicien à la cool, qui nous livre un set à la cool. On peut être devant, c’est calme, un peu de répit ne fait pas de mal. Il jouera donc son dernier album essentiellement, et je passerai un agréable moment. Même si, de toute manière on ne pouvait en attendre plus de sa part.

Ensuite, je passe devant Bon Iver, je suis loin, mais j’essaie de m’intéresser. C’est peine perdue tellement ça me gonfle.. Je file donc au concert de Doom renommé en MF Doom (pour Marie-Françoise Doom, vu qu’apparemment c’est sa mère qui fait le concert). Mais bon là non plus, je n’accroche pas.

Je vais donc faire un truc que je connais très bien et que je maîtrise : manger. Et pendant que je mange, je rencontre Jean-Louis, un belge. On parle Belgique pendant un bout de temps et là, je lui demande pourquoi on entend Douréééééé partout, je lui demande si c’est la prononciation belge. En fait, ce sont les flamands qui ne sont pas capables de dire Dour, qui le disent de cette manière. Voilà pour l’histoire, et depuis c’est resté.

L’heure pour Little Dragon arrive, là où Morgan et moi devons nous rejoindre. D’un commun accord, on se dit qu’une bonne Leffe 9 ne nous fera pas de mal et on file vers le bar de spécialités belges (faut le trouver celui-là), là où l’on peut se poser tranquillement en buvant une bonne gueuze. En achetant des tickets boissons, mon t-shirt Lider Massimo aura au moins le mérite de faire exploser de rire une meuf, c’est toujours ça de pris.

Après s’être « restauré », il est temps d’aller voir les Dilated Peoples, soit deux rappeurs, Evidence un dj et un autre mec mais on sen fout. Je connais juste « This Way », donc autant dire que j’attends ça. On partira un peu avant la fin donc je ne sais pas s’ils l’ont faite. Mais le concert était moyen à mon goût. Tant pis.

On file donc vers The Shoes, et la chasse commencera là. J’ai repéré une fort jolie fille sur la piste de danse. J’entame donc les négociations avant les hostilités. Bien entendu, saoûl comme j’étais, c’était difficile, j’avais plus l’air de la faire chier qu’autre chose. M’enfin bon, je me suis consolé avec The Shoes. Après un début laborieux (ouais votre album n’est pas entièrement dansant), les chaussés finiront un set moyen avec People Movin’, Time To Dance et America. Décidément trois titres taillés pour la scène, et qui rendent tout le monde fou.

Club Cheval enchaîne en Dj set, et Momo me quittera là. Je continue donc mes recherches, et tombe sur une gonzesse. Pareil, l’entreprise sera un échec. Même si Club Cheval, ça fait dansant, le label Bromance ne me porte pas bonheur.

Rendez-vous donc dans le Dance Hall, où je vais voir le pote de Guillermo Higué.Il m’en a tant parlé, que j’étais obligé. C’est donc un blond, aux cheveux long qui répond au doux nom de… Marcel Dettmann ! Le Dj allemand, qui a longtemps joué au Berghain, envoie une minimale sophistiquée et dévastatrice. Avec lui, pas de chichis et encore moins de beignets, tu acceptes ou tu te barres. Pour ma part, c’est un grand oui, et je suis toujours en chasse. Une fille est par là, on danse corps à corps et là surprise, au moment où je veux l’embrasser, elle me repousse. Stratégie de l’échec part three. Bon adoptant le principe du « T’es là ? Non, j’suis là ! », je me marre devant elle et devant la situation plus que drôle. Sur ces bons moments, je louperais LeFto et son dixième anniversaire pour aller vers ma tente. Ouais, c’est ça la vie.

Je finirais par aller voir Gesaffelstein & Brodinski. Et je peux vous assurer que ce duel entre les deux est surkiffant. Ils enchaînent leurs titres parfaitement tout en restant dans la « confrontation »

Les Flaming Lips, définitivement

Pas matinaux les cocos, on se bouge tard, et on loupera Chairlift (qui a fait 26 minutes de live sur les 50 proposées, bien joué) et Disiz pour ma part que je voulais vraiment voir en live.

C’est fort dommage tout ça, mais on peut se consoler car il y a le dandy anglais Baxter Dury qui joue. Forcément, le dernier album y passe, même The Sun, et oh surprise un titre du premier (Lucifer’s Grain). Bravo Baxter. On ne lui demande pas Sex & Drugs & Rock’n’roll, on n’a pas encore l’audace pour ça.

Ensuite, on va voir le frère de Vincent Cassel (Rockin’ Squat) qui joue dans Assassin bien entendu. Dans le coup, vous devez vous dire que j’ai vu que des trucs de rap en fait. Ouais mais là c’était chiant on n’est pas resté longtemps.

Du coup, on a vite quitté la scène pour aller se balader. On a bien fait car on est tombés sur un génie (encore une fois).

Forcément, comme dans tout festival, il y a des dealers (aussi bien de zouk que de drogues), et l’un d’eux viendra nous accoster.

  • Vous recherchez quelques chose les gars ? Speed, coke, crack, md, j’ai ce qu’il faut…
  • (Moi, taquin) : Ouais je recherche le Graal, t’as pas ça ?
  • Le Graal ? C’est quoi ça, connais pas.
  • (faisant semblant de renifler)
  • Ah non, j’ai pas ça, mais j’ai du speed, et c’est du très bon.

Autant dire qu’on s’amuse bien avec ces gens-là. D’autres tenteront de nous vendre ce genre de trucs (les mêmes chouquins que dans le public de Seth Gueko, tu vois le genre…).

A part ça, l’heure arrive pour la tête d’affiche de ce dimanche : Les Flaming Lips !

On s’y presse bien avant l’heure, on rencontra des lyonnaises. Bon, je dois avouer qu’à ce moment là, le rouge commençait à faire son effet, ouais. Forcément, j’en drague une, la plus jolie. Mais fort sympathique, et voyant que je suis bourré (enfin j’imagine, hein) elle me répond : « Non, mais j’ai un copain. ». Ce à quoi je répliquerais : « Moi aussi j’ai un copain, regarde il s’appelle Morgan ».
Roaroaroaroaroa ! (rire gras de Dieudonné).

 Un gars plein de boue tentera de faire chier le monde. J’étais loin mais paraît-il que je l’ai insulté copieusement en anglais. En même temps, ça gâche la fête ces mannequins-là.

A part ça, ces Flaming Lips rentreront sur The Race Prize, enchaîneront sur The Yeah Yeah Yeah Song (absolument magique) et feront entre autres Yoshimi Battles The Pink Robot, Pt1 pour finir sur Do You Realize en rappel. Bien entendu, les grands canons à confettis seront lancés, Wayne Cone gonflera sa boule pour marcher sur le public durant See The Leaves. C’est une fête foraine, mais dans le bon sens du terme. Les chansons des Flaming Lips sont extrêmement touchantes, et je trouve qu’elles sont magnifiées lors de leurs lives par toutes ces géniales extravagances. J’étais très ému d’ailleurs. Et c’est avec le coeur lourd qu’il faut les quitter.

Après tout ça, on file vers Max Romeo, préférant ce vieux briscard (destin) du reggae à The Rapture, dont le live est aussi fade qu’une Jupiler. Bon, autant être honnête, je ne me rappelle pas de Max Romeo. Apparemment, je faisais chier un couple selon Morgan. C’est possible.

Après ça, Morgan me laisse, et je file vers C2C, j’aime bien et ils sont de Nantes en plus. Là, je me mettrais encore et toujours malgré moi, en chasse. Les filles des Flaming Lips étaient à C2C apparemment mais vu le monde je ne pouvais pas savoir… Donc je passerais le concert de C2C en charmante compagnie certes mais pas sur la bouche parce que c’est comme ça. Bon tant pis. Dominique Farrugia, putain, engage moi pour La Stratégie de l’Echec 2 !

Sinon C2C, c’est bien cool comme son, exactement comme sur l’EP qu’ils ont pondu. Il feront même un hommage à Adam Yauch, comme aux Eurockéennes deux semaines plus tôt.

Ensuite, c’est Alec Empire et sa bande qui prennent place sur le CCM sous les traits d’Atari Teenage Riot. Comment dire ? C’est du digital hardcore berlinois. Donc très gras. Crystal Castles à côté, c’est la maternelle. Ça n’est donc pas forcément un moment de détente, même si je ne suis pas dans le pogo. Il n’y a d’ailleurs pas tant de monde que ça, malgré la notoriété du groupe.

Après, je m’endors un peu sur le côté, je suis fatigué (et bourré), je ne sais même pas pourquoi je resterais pendant Grems, du rap mais branché cul et électro. Ça n’est pas aussi nul que ce que j’en avais écouté pourtant. Sur scène, ça se défend. Donc si vous avez l’occasion….

Et je rentre enfin au camping après cette nuit folle. Pour dormir un quart d’heure peut-être.

Avec Morgan, on décide d’abandonner ma tente, vu toute la boue autour et donc l’impossibilité de la démonter. C’est avec un très grande tristesse que je l’ai fait, puisque cette tente a pas mal vadrouillé dans de nombreux festivals. RIP.

On rentre vers les bus Ontours ( à 6h du mat, génial !). Le temps de se changer et qui j’aperçois… les filles des Flaming Lips. Elles me voient et je leur demande ce qu’elles foutent là. Elle sont de Lyon et ont pris Ontours aussi. Comme le monde est petit. Malheureusement, je ne connais pas leur noms. Dommage..

En conclusion de ce live report (pour le lire, vous aurez sûrement demandé une journée de congé à votre boss), je peux dire que ce festival malgré la boue, fut l’un de mes meilleurs. Le nombre de concerts est exorbitant mais on arrive toujours à se concocter une programmation de ouf’ malade. Les chapiteaux prévus pour les concerts, c’est vraiment bien vu, surtout quand il y a de la boue partout. L’ambiance sur le camping est vraiment cool, et les gens gardent toujours le sourire malgré le temps de merde.

Seul bémol, l’organisation, plutôt catastrophique. Bah oui, la pluie en Belgique, ça relève d’une évidence. Les organisateurs font globalement bien le taf, mais ils auraient dû prévoir plus de choses pour les festivaliers et campeurs, car c’est juste impensable de voir autant de problèmes liés à la flotte après 25 éditions…

Mais bon, rassurez-vous, si j’ai l’occasion, je reviendrais à Douréééééé l’an prochain. Avec une vraie tente, et une bonne paire de bottes c’est tout.

Sylvain

Merci à Morgan pour ses photos

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À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

16 réponses à “Live report Dour Festival 2012

  1. johnny got his warm gun

    Mais quelle tapette ce momo. La photo où il sort de la tête est parfaite par contre

    • Faut dire que Morgan, ça ne l’intéressait pas forcément l’électro, encore moins la techno… Et puis, je pense qu’il se rappelle des ses soirées lui.
      20syl

  2. johnny got his warm gun

    de la tente

  3. Tibor Kovacs

    Putain Morgan il tient pas le choc !! Bien ouej en tous cas pour ces 4 jours dans la boue 😀

  4. De bons souvenirs qui reviennent en tête en lisant ce live report. Vous avez raté du grand avec St Vincent par contre, c’était vraiment génial, avec Baxter Dury c’était mes grosses claques du week end… et les Flaming Lips même si je m’y attendais. Et je compatis pour la boue et pour la tente, j’avais prévu mes bottes suite à un festiv que j’avais fait dans la boue avec des converses trempées, depuis même si du beau temps est prévu en festiv je les oublie pas, sait-on jamais!

    • Ouais pour les bottes, gros oubli, surtout que je ne suis pas novice en la matière…
      St Vincent, paraît que c’était bien en effet, mais bon je ne nourris pas trop de regrets non plus, il y a tellement de choses qu’il faut faire des choix. Et ces dilemmes donnent le charme au festival au final.
      20syl

      • Ah c’est sur, un festival ne serait plus un festival sans ses clashes… mais des fois, c’est lourd quand même. Ah et j’avais pas non plus compris d’où venait le Dourrrééééé, mais je pense que les 3/4 des gens savent pas d’où ça vient mais répètent quand même le truc, ça aussi ça fait partie du charme des festivs. Ca me donne hâte d’être au week end du 16 août, je croise les doigts pour que Pukkelpop se déroule sans encombres cette année. Cheers!

      • Douréé viendrait aussi du mot flamand « ouré », qui voudrait dire « pute » apparemment. Donc un jeu de mots très classe… Pukkelpop, je ne trouve pas la prog’ ouf’ quand même. Viens en France, il y a Astropolis à Brest, le bout du monde 😉
        20syl

      • En effet, très classe. Non la prog de Pukkelpop est pas ouf mais y a pas mal de groupes que je veux voir depuis longtemps là bas donc vu que j’ai pas de fric pour un festiv plus loin ça me va. J’avais pas entendu parler d’Astropolis mais à part 3 ou 4 noms l’affiche m’est obscure… par contre y a Les Nuits Secrètes le week end prochain qui me tente bien, entre autres vu que j’ai loupé Battles à Dour et qu’apparemment c’était bien.

  5. johnny got his warm gun

    Elle est ouf la prog de Pukkelpop. Limite mieux que celle de Dour. Mais en fait tous les meilleurs noms sont cachés derrière le : and many more

    • J’avouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuue. Je viens de regarder le « and many more » et il y a tout un tas de bons trucs. Bon les concerts commencent à 11h30 quoi, faut être motivé…

  6. johnny got his warm gun

    Et ça finit pas tard. C’est ambiance bisounours quoi

  7. johnny got his warm gun

    Se lever à 9H pour être complètement bourré à 12H. Ca c’est du sport

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Bath-Art

Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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