The Dark Knight Rises – 4,5/5

De : Christopher Nolan

Avec : Christian Bale, Anne Hathaway, Tom Hardy…

Durée : 2h44

A la mort de l’ex-procureur Harvey Dent, devenu le redoutable Double-Face, Batman décide d’endosser les crimes commis par celui qui un jour fut son ami. Il le fait pour que le public garde une bonne image d’Harvey Dent, l’image de celui qui avait si bien combattu le crime avant de devenir lui-même un dangereux criminel. Selon Batman, décrédibiliser Harvey Dent, reviendrait à décrédibiliser toute la lutte contre le crime. Il accepte donc de porter le chapeau, et est chassé de Gotham City par les autorités. Seulement, huit ans plus tard, le commissaire James Gordon est aux prises avec un criminel de guerre, Bane. James Gordon ne va avoir d’autres choix que de faire appel aux services du Chevalier Noir. C’est le moment que Selina Kyle, alias Catwoman, choisit pour s’infiltrer chez Bruce Wayne afin de voler le collier de perles de sa défunte mère. Seulement, Selina ignore tout de la double identité du milliardaire devenu justicier.

EN TOUTE SUBJECTIVITE

Aujourd’hui je vous parle d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur, un sujet qui a bercé mon enfance, qui m’a suivi toute ma vie (aussi brève soit-elle pour le moment) et qui risque de me hanter encore un petit moment j’imagine : je vais vous parler de Batman, plus précisément de ses dernières aventures au cinéma. Vous vous demandez sans doute si les lignes qui vont suivre seront des plus objectives et vous avez parfaitement raison ! Le  mieux que vous ayez à faire c’est d’éteindre votre ordinateur et de vous faire votre propre opinion dans une salle obscure !

GRANDEUR ET DECADENCE D’UN HERO

Un peu d’histoire avant de rentrer dans le vif du sujet. Batman est un personnage de comics américain créé en 1939 par Bob Kane et Bill Finger, plus tout jeune donc. C’est aussi un des super-héros le plus populaire au monde et sans aucun doute le plus intéressant de par son histoire sa psychologie et la richesse de son univers (pour en savoir plus rendez-vous chez votre libraire, ce site n’est pas une encyclopédie). C’est donc en toute logique que la machine Hollywoodienne va chercher à s’emparer  du chevalier noir pour en faire sa nouvelle poule aux œufs d’or. Mais pour ça il va falloir la jouer fine car derrière l’homme aux oreilles pointus se cache une armée des plus terribles et des plus redoutables : les fans, impitoyables et intransigeants. Alors la Warner va faire appel à un jeune homme plein de talent avec un univers visuel qui lui est propre et qui pourrait bien correspondre à celui de Batman : un certain Tim Burton. Nous sommes alors en 1989 et ce réalisateur à la chevelure des plus étranges va donner à Batman ses lettres de noblesses au cinéma. Le film marche tellement bien que Burton remet le couvert et devinez quoi ? Ca marche encore, et quand une boite comme la Warner tient un filon juteux elle le pompe jusqu’à la moelle… « On en fait un troisième ? » ok mais Burton ne veut plus réaliser, produire lui suffit, il n’a plus grand-chose à dire sur Batman, place à quelqu’un d’autre… Ce quelqu’un en question, tous les fans de Batman ont apprit à maudire son nom, il s’agit de Joël Schumacher et son film Batman Forever est le début de la fin. Le résultat est bancale mais tient la route pour le jeune publique, mais maintenant stop ! Faudrait pas abuser ! « Après tout, Batman c’est pour les enfants non ? On peut bien en faire un quatrième ! ». Même réalisateur, même casting bankable, même ambiance, même échec. Non pardon, c’est pire !!! Ce film est tout juste bon pour la poubelle ! Les acteurs sont mauvais, le scénario n’a ni queue, ni tête, les décors sont faux, Batman a des tétons sur son armure, DES TETONS SUR SON ARMURE !!! Nous sommes en 1997 et Batman est un ange déchu, c’était le round de trop pour le croisé masqué…

LA RESURRECTION DU MESSIE

Dans le monde des comics deux grandes écuries se livrent bataille, Marvel et DC (l’éditeur de Batman) et au début des années 2000 Marvel va frapper fort au cinéma avec Spider-Man  et X-Men. DC est à la rue, il faut réagir. Mais comment ? Superman ? Le ringard en slip rouge ? Quelqu’un d’autre alors, mais qui ? Personne n’est assez connu pour rivaliser avec les poids lourds d’en face. Il-y-en aurait bien un mais il est au fond du trou. Comment voulez vous faire une suite au massacre de Schumacher ? On ne peut pas. La Warner va donc faire ce qu’on appelle un reboot, en latin on dirait « Tabula Rasa ». On efface tout et on recommence ! Exit les tétons sur l’armure, exit Burton et son univers gothique, place au sang neuf ! Un certain Christopher Nolan est choisi pour redorer le blason de la chauve-souris. Pour ça il choisit de raconter les origines du héros, il le place dans un univers réaliste et explore la psychologie du personnage. Pari risqué. Et soudain le miracle s’accompli, tel un phœnix Batman renait de ses cendres ! Le film Batman Begins est un succès commercial et critique. Les fans peuvent enfin dormir sur leurs deux oreilles, l’avenir s’annonce radieux ! « On doit faire une suite, ça ne peut que marcher ! » Nolan est d’accord, mais il veut rester maître à bord, raconter les choses comme il l’entend, ce Batman là c’est le sien alors qu’on le laisse travailler ! Le résultat : The Dark Knight. Mais c’est quoi ça ? C’est pas un film de super-héros, c’est… Mais c’est… C’est un véritable chef-d’œuvre ! Si Batman Begins était bon celui-là est cent fois mieux et il atteint même un publique qui se désintéresse des super-héros. The Dark Knight vient de faire rentrer Batman au panthéon du cinéma. La suite parait inévitable, tout a été pensé comme une trilogie, il ne nous manque plus que le chapitre finale, celui qui bouclera la boucle.

EVERY JOURNEY HAS AN END

Tous les héros ont un voyage et tous les voyages ont une fin. Ce qui nous amène maintenant au sujet qui nous intéresse vraiment : The Dark Knight Rises. L’attente autour du film est énorme, de son côté Marvel a frappé un grand coup avec The Avengers, réunissant tous ses plus grands héros dans un même film. DC ne doit son salut qu’à un seul homme, le Batman. Beaucoup de pression pour monsieur Nolan qui doit faire encore mieux que sur le précédent opus. Mission accompli ? Ca c’est à vous d’en juger, mais une chose est sur, vous ne pourrez rester dans l’indifférence après le visionnage, explication.

Si vous êtes un fan hardcore, vous allez rester sur votre fin. En effet, il-y-a comme un gout d’inachevé, comme si Nolan n’avait pas exploité toutes les possibilités de son héros. Cette conclusion va vous sembler en deçà du précédent opus. Un scénario manquant de richesse avec un arrière gout de déjà vu.  En plus Nolan se permet trop de liberté vis-à-vis du comics, c’est intolérable ! Voici ce que le fan à la limite du fanatisme pourrait dire de ce film, en même temps, c’est le genre de personne qui ne sera jamais satisfaite et si vous allez au cinéma pour lire une BD autant rester chez soi, ça coutera moins cher !

J’ai réussi à dire du mal de Batman, maintenant passons aux aspects positifs du film (Accrochez vos ceintures, la Batmobile est prête à partir !). L’histoire s’appuie sur des bases solides, c’est-à-dire les deux volets précédents de la saga. Le contexte est très vite mis en place et le ton est donné dès les premières minutes, ce film ce veut spectaculaire. Nolan et son frère (au scénario) n’ont rien laissé au hasard, tous les éléments de l’histoire sont faits pour s’emboiter les uns dans les autres. Parfois naïve et parfois très complexe l’intrigue du film reste riche et cohérente du début à la fin, comme toujours chez les frangins Nolan. Le rythme peut sembler très haché avec parfois quelques longueurs (ce qui est normale sur un film de presque 3h). Mais le film arrive toujours à retrouver son souffle à travers de nombreuses surprises, même  si quelques-unes restent prévisibles. On notera un manque de légèreté qu’on retrouvait dans les précédents opus, cela pour mieux servir le propos sans doute, qui reste avant tout la fin d’un voyage, le dernier combat du chevalier noir, donc quelque chose de très dramatique et émotionnel. De plus, le film aborde pas mal de sujet qui sont dans l’air du temps ! Exit les mafieux des deux premiers films, les nouveaux méchants travaillent à Wall Street. Le terrorisme, l’exclusion sociale, les dictatures, tout le monde en prend pour son grade et ce bien entendu toujours au service de l’histoire.

Du côté du casting, comme toujours on s’est posé plein de questions sur le choix des acteurs et comme toujours on a eu tord. On sent que chaque personnage a été travaillé en profondeur, il ne s’agit pas d’une bande de coquille vide gravitant autour d’un seul héro. Chacun surpasse l’autre dans son interprétation du rôle. Pour les visages connus, Christian Bale est toujours aussi charismatique et puissant dans sa version de Batman, Gary Oldman, Morgan Freeman et Michael Caine sont toujours aussi bons, voir émouvants (Alfred étant le meilleur dans l’exercice) même si ils sont moins présents qu’auparavant. Parlons des nouveaux maintenant. Anne Hathaway pour jouer Catwoman ? Sérieusement ? Et bien carrément oui ! C’est sans doute l’interprétation la plus juste des personnages, elle épouse parfaitement le caractère de la femme chat (mais surtout la combinaison moulante), chapeau bas Miss Hathaway. Tom Hardy lui joue le rôle de Bane, méconnu du grand publique, ce super-vilain n’en est pas moins l’un des plus redoutable et des plus intéressant de l’univers Batman. Dans son comportement et son physique Tom Hardy arrive à rendre crédible le grand méchant du film qui, et je n’ai pas peur de le dire, trouvera sa place au côté d’Hannibal Lecter et Dark Vador à la table des méchants du cinéma. On pourra tout de même regretter son masque assez éloigné des comics et qui ne laisse entrevoir que ses yeux. Mais pour un mec dont la moitié du visage est caché il n’en demeure pas moins très expressif et flippant. Concernant Marion Cotillard et Joseph Gordon-Levitt leurs performances sont très bonnes, ce sont leurs personnages qui manquent de profondeurs par rapport aux autres, même si ils n’en demeurent pas moins des plus importants (Quequoiquilditlà ?). On ne pourra cependant que regretter l’absence de Heath Ledger (RIP) dans le rôle du Joker, absence choisit par le réalisateur comme une marque de respect.

The Dark Knight Rises est un film qui traite avant tout d’un super-héros, donc il faut de l’action. On pouvait reprocher aux précédents opus quelques erreurs dans la réalisation des scènes de combat, ici le tir est rattrapé. Nolan soigne ses prises de vues et  innove sa mise en scène. Partisan du réalisme il ne tombe pas dans la débauche d’image de synthèse et préfère les effets spéciaux de la vieille école (Message à Michael Bay : pour faire exploser une voiture, pas besoin d’ordinateur, le plus simple est de la faire exploser pour de vrai !) ce qui accentue le côté réaliste du film. Le choix du nouveau joujou de Batman est un peu discutable, on peut regretter la bonne vieille Batmobile, mais là encore rien n’a été choisi au hasard et chaque élément visuel sert le propos. Pas que visuel d’ailleurs, le son aussi ! Hans Zimmer, le nouveau compositeur chouchou d’Hollywood, en mode copier-coller depuis son score de The Dark Knight, réussi à remanier son thème musical pour qu’il colle au film et transporte celui-ci dans une dimension épique.

« JE NE TRAVAILLE PAS POUR DES MERCI »

Épique, je pense que c’est le mot. Christopher Nolan a réussi son pari, Bob Kane le papa de Batman peut reposer en paix, son bébé est devenu un grand classique. Certes ce film n’est pas parfait, certes les fans pourront être un peu déçus, mais on ne peut pas nier que le scénario est travaillé, la mise en scène soignée et que les acteurs jouent bien ! Il vous faut quoi de plus ? Des clins d’œil ? Des petites surprises ? Vous allez être servit ! Peut-être que je ne parle pas en toute objectivité, que je suis aveuglé par mon enthousiasme, mais je n’ai pas honte de dire que ce film est un grand film parmi les grands films. N’allez pas croire qu’il s’agit du nouveau Ben Hur ou Citizen Kane, mais des grandes sagas comme Star Wars, Le Parrain ou Le Seigneur des Anneaux ont un nouveau voisin et il s’appelle Batman. Même si vous n’êtes pas fan de super-héros allez le voir, ça vaut le coup d’œil ! Pour conclure je voudrai remercier Christopher Nolan, avant la sortie du film les fans disaient souvent « In Nolan we trust » et bien moi je dirai ceci : In Nolan I believe.

Pierre Le Noc

 

 

 

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À propos de bathart

Tony et Sylvain fous de musique, de ciné, et un peu de tout, vous présentent leurs chroniques.

6 réponses à “The Dark Knight Rises – 4,5/5

  1. cyrillus56

    J’irais le revoir cette semaine mais pour le moment je ne suis pas autant convaincu que Pierre même en étant fan.

  2. johnny got his warm gun

    Un cran en dessous du Dark Knight mais le très haut du panier Hollywoodien pour ma part. C’est compliqué de passer après Ledger quoi. Sinon il est cool le topo qui lance l’article

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Un soir de novembre 2010, Tony et Sylvain ont l'idée de créer un blog. Ainsi, ils vont combiner leurs passions : la musique et le cinéma. Très vite, Thibaut va les rejoindre et ainsi s'occuper des live-reports. Puis un peu plus tard Brice étayera la rubrique ciné, alors que Lisa sera chef de la rubrique Art. Et ouais rien que ça ! A noter qu'il y a également d'autres collaborateurs parfois. Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous suivre sur la page Fb ou sur Twitter pour ne jamais perdre le fil, bande de bath-art !

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